19 novembre 2009

Annick C.:"J'ai gagné un million..."

LE THEME: "J'AI GAGNE UN MILLION AU LOTO!" 

Comment voyez-vous celà?

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Annick C.: "Jeu d'Ecriture"

LES DEFINITIONS (Jeu d'Ecriture)

Chaque participant donne une lettre (consonne, voyelle) et un nom inconnu est ainsi créé !

Reste à le définir !

Et tant qu’à faire, que ce soit « foldingue », complètement « barjot », baroque, loufoque…

« Trop sérieux s’abstenir » !

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La Quatrième de Couverture (Dominique J.)

LE QUATRIEME DE COUVERTURE

Dominique J.

*

C’est moche non ? On dirait un terme euro-technocratique  tout droit sorti d’un rapport  réclamé par le conseiller du ministre à sa secrétaire affolée avant le départ du grand homme pour le Paris-Bruxelles : « Mlle Clément ,vous me préparez immédiatement le quatrième de couverture du dossier concernant l’analyse du calcul de l’assiette  des cotisations relatives à…. »

 

Mais non ,le quatrième de couverture, c’est ce que nous découvrons ,furtivement ou attentivement ,d’une légère torsion du poignet ,généralement  de gauche à droite pour les droitiers et inversement pour les gauchers .Difficile d’y échapper ,c’est trop tentant et puis après tout ,c’est sa destination ,donner envie ,faire goûter un petit morceau ,appâter ..

Nous parlons bien sûr ici du véritable quatrième de couverture ,non de ce sournois rabat droit ou gauche qui vous présente, outre sa photo, les précédentes  publications de l’auteur ,accompagnées d’élogieux commentaires d’hebdomadaires ou quotidiens hexagonalement  connus .Ce pauvre rabat risque de plus d’être abondamment couvert de ruban adhésif  destiné à maintenir les origamis  des bibliothèques  soucieuses du bien –être  des dits livres .

Délaissons également  le quatrième de couverture totalement vierge (plus assez d’encre ? panne d’inspiration ? restriction budgétaire ?) et l’illustration censée évoquer la période à laquelle  se déroulent les événements.

 

Non ,dans un véritable quatrième de couverture se côtoient  tous les temps et les modes de la grammaire française ,le présent le passé – composé , imparfait ,subjonctif ,les adverbes les plus sages comme les plus passionnés ,les adjectifs élogieux et les qualificatifs parfois les plus éculés .La ponctuation y déploie également son éventail ,avec force points de suspension et d’interrogation ,destinés à nous faire craquer ,plonger , capituler ,parfois pour notre plus grand bien .

Le quatrième de couverture vit ,aime ,pleure ,dort ,a un passé ,oublie ,déteste ,a peur du noir ,aime le bon vin , est pris dans « un engrenage infernal «  pour les plus tapageurs ou rassemble « deux êtres soudés dans la pudeur «  pour les plus sobres . Il peut se retrouver  « subitement entraîné « … ou avoir une vie qui « s’écoule paisiblement » ;il est grand , belle ,  lâche ,brune ,pianiste ,attachante ,prisonnier ,jeune, cycliste , travailleuse , fugueur ,marin ,odieuse ,enfant , ministre ,soldat ,cuisinier , introverti ,amoureux ,rancunière .

Mais le quatrième de couverture est aussi de plus en plus criblé de codes barre, de codes sibyllins, de dates (de péremption ?), de prix, d’adresses email, il est la vie finalement ….

Allez, nous sommes tous des quatrièmes de couverture, pas si mal …

 

***

17 novembre 2009

"Emotions de Voyage" (Marie-Andrée)

Voyager…

Par Marie - Andrée (Septembre 2009)

 

*

 

C'est décidé, nous irons à Montréal en septembre… Quelle belle perspective !

 

Nous y penserons tout l'été et ferons partager à tout notre entourage ce projet.

 

« Partir, c'est mourir un peu » dit le poète.

 

Ici, je parlerai d'avant le départ, c'est à dire des préparations. Et à partir de là, l'aventure commence, selon moi. Car que vais-je chercher si loin : des hommes et des femmes sûrement, pour discuter, comparer, aimer le même temps, partager, combler une curiosité, être éblouie, enchantée, faire bouger mes repères, évoluer ... Être bousculée !

 

Donc nous partons, c'est acquis. Les dates de séjour sont arrêtées, les billets sont achetés, les passeports sont à jour.


Commencent les préparatifs du départ...

 

C'est à dire à J-3.

Il faut fermer la maison des vacances avec les derniers amis d'août avec leurs attentions finales…

Après avoir rangé, nettoyé. Puis revenir à la réalité, c'est à dire à la maison du quotidien pour le quotidien : lavage, repassage, rangement, entretien courant, faire les valises et surtout les boucler.

 

Le J-2 est encore vivant. Je peux vivre à mon rythme et réaliser les activités selon mon choix.

 

Le J-1 est un jour différent. Il y a déjà de l'électricité dans l'air, dans le couple. Les activités qui pouvaient être différées, ne le seront pas, alors qu'elles attendent depuis l'été : remonter un vieux lit pour des motifs très cartésiens. Couper des cheveux, et là, en effet, il est grand temps car l'été est passé trop vite pour trouver le temps, à moins que ce soit une question de calendrier lunaire.

 

Là encore, il n'est pas possible que je réponde au téléphone car je ralentirai le rythme des activités impératives et non à différer. Or, ce jour là, le téléphone sonne souvent car nos amis savent notre départ imminent.

 

La valise est donc remplie au fur et à mesure du temps de J-2 à J-1. Après avoir vérifié les prévisions de la météo son contenu évolue. Elle est complétée, je dirai même bourrée par ce que ne contient pas le petit bagage de l'accompagnant. Elle est donc ouverte jusqu'au départ, capable de modifications jusqu'au dernier moment.

 

Il y a des enjeux derrière le remplissage. Quel bonheur, que ces moments de partage !

 

La place est la question centrale : trouver de la place dans la valise, trouver sa place, dans cet espace limité de la relation.

 

Enfin, elle est fermée cette valise et je suis à quelques heures du départ.

Tout va bien, pour moi.

 

Je suis dans la salle d'embarquement. Le voyage se poursuit ...

 

***

 

 

 

SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE.2

EXCEPTIONNEL !

Plus de deux cents pages (en 2 parties)…

A vrai dire, j’aimerais beaucoup présenter ce « Carnet de Route » de façon plus fidèle, avec toutes ses photos et faire ainsi partager les « Emotions de voyage » ressenties par Michel ! (Mais cela s’améliorera, vous verrez !)

Michel, qui nous a fait l’honneur de sa visite, de sa correspondance : il n’est ni d’Henvic, ni du Finistère : il demeure près de Rennes

Bonne lecture et si cela vous intéresse, ne manquez pas de le lui faire savoir : ça l’incitera peut-être à éditer son « carnet »… (DEUXIEME PARTIE)

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SAINT JACQUES DE COMPOSTELLE 1

EXCEPTIONNEL !

Plus de deux cents pages (en 2 parties)…

A vrai dire, j’aimerais beaucoup présenter ce « Carnet de Voyage » de façon plus fidèle, avec toutes ses photos et faire ainsi partager les « Emotions de voyage » ressenties par Michel ! (Mais cela s’améliorera, vous verrez !)

Michel, qui nous a fait l’honneur de sa visite, de sa correspondance : il n’est ni d’Henvic, ni du Finistère : il demeure près de Rennes

Bonne lecture et si cela vous intéresse, ne manquez pas de le lui faire savoir : ça l’incitera peut-être à éditer son « carnet »… (PREMIERE PARTIE)

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SAMEDI PROCHAIN, 21 NOVEMBRE...

 

"Emotions de Voyage".

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LES DEFINITIONS (Jeu d'Ecriture)

Chaque participant donne une lettre (consonne, voyelle) et un nom inconnu est ainsi créé !

Reste à le définir !

Et tant qu’à faire, que ce soit « foldingue », complètement « barjot », baroque, loufoque…

« Trop sérieux s’abstenir » !

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12 novembre 2009

AVENTURES DANS LES ROCHEUSES (AnnickC.)

 

SUR LE THEME "MULTIFORME" DES "EMOTIONS DE VOYAGES", UNE NOUVELLE EXPERIENCE D'ANNICK, UN NOUVEAU TEXTE..

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11 novembre 2009

LE PERE NOEL ETAIT VERT

Jeu d’Ecriture :

Chaque participant écrit une phrase baroque, loufoque…

Ces phrases sont ensuite tirées au sort :

Et voilà ! « La libellule photographie le Père Noël vert »

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10 novembre 2009

"Faire SAMICH" "jeu d'Ecriture"

Les « définitions » (Jeu d’Ecriture)

Chaque participant donne une lettre (consonne, voyelle) et un nom inconnu est ainsi créé !

Reste à le définir !

Et tant qu’à faire, que ce soit « foldingue », complètement « barjot », baroque, loufoque…

« Trop sérieux s’abstenir » !

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09 novembre 2009

"LES DEFINITIONS" (Jeu d'écriture)

Jeu d’Ecriture : « les définitions »

Chaque participant donne une lettre (consonne, voyelle) et un nom inconnu est ainsi créé !

Reste à le définir : voilà qui est fait !

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LE TOURNESOL...

Le tournesol avait décidément trop chaud et décida de jouer au strip-poker avec ses voisins.

 

Lénaïc B. (7 novembre 2009)

 

*

Est- tête en l’air- ouest- tête en bas - est - tête en l’air - ouest - tête en bas -  est - tête en l’air - ouest - tête en bas…

« J’en ai marre ! Je vais choper un torticolis à ce rythme !

Je me présente, je suis un tournesol, j’ai décidément trop chaud sous ce soleil de plomb ! 

Hé, Lucie, tu joues ?

-         A quoi tu veux jouer ? Tu ne vois donc pas que je m’échauffe la nuque pour avoir un beau port de tête lors de la récolte ?

-         T’es pas drôle ! Soline ? Hé, Soline ? Tu joues ?

Dans un mouvement extrêmement sensuel, Soline tourna la tête vers Lucien.

-         A quoi veux-tu jouer, joli cœur ?

-         Je sais pas, j’ai chaud, j’ai mal à la nuque, pas toi ?

-         Si, mais tourner au soleil c’est notre rôlet[i], notre travail, notre job quoi !

-         Oh ! Hé ! On est exploité ! ça fait plus de dix fois trente-cinq heures qu’on fait est - haut - ouest - bas - est - haut - ouest - bas. Moi, je veux faire une pause.

-         OK ? faisons une pause. Jouons ! Mais choisis un jeu, moi j’ai un torticolis et la migraine depuis tout ce temps que l’on tourne.

-         Tu me fais un strip ?

-         Et puis quoi encore ? Si je perds mes pétales c’est fini pour moi, demain on me coupe la jambe. Fais-le le strip, toi, c’est toi qui as chaud, après tout !

-         Oui, mais seul c’est moins drôle. Que dis-tu d’un strip-poker ?

-         Tiens, ça c’est une idée, jouons ! »

 

Quelques heures plus tard, quand Gaspard, le fermier, arriva pour inspecter ses troupes et exterminer les dissidents ; il eut la surprise de constater que Lucien et Soline, ses plus beaux tournesols, étaient couchés à même la terre et avaient perdu leurs pétales.

Soline avait encore une graine sur le cœur, mais elle était étendue auprès de Lucien qui ne bougeait pas plus.

« Hé bé, se dit Gaspard, encore deux qui se sont payé du bon temps plutôt que de travailler ! Tant mieux, une récolte plus mince, ça me fera moins de taxes à payer ! »



[i] : rôlet : la farce du cuvier pièce de théâtre du moyen-âge, auteur inconnu. Le rôlet est un petit rôle, une liste, une pièce de parchemin plus ou moins longue, roulée ou non, sur laquelle on inscrivait des actes, des titres mais aussi des besognes à accomplir

LE PETIT CHAT RACONTE...

Le petit chat raconte sa vie de rêve

 au pays des Dames souris !

Annick C. (7 novembre 2009)

 

*

 

Yeux-Fendus, le chat commença sa vie de château auprès de Reine Gruyère, son hôtesse. Bien installé sur un soyeux édredon rose à fleurs, il sonna pour qu’on lui apporte une écuelle de lait au caramel. Véto, son médecin favori le lui avait interdit, mais une fois n’est pas coutume, il faut ce qu’il faut ! La situation est exceptionnelle et puis, il n’en saura rien. Quoique, en arrivant, dans le couloir, il a croisé le regard inquisiteur de Souris Spionne, sa pire ennemie. Il la déteste. A chaque fois qu’il la voit, il se sent obligé de hérisser ses poils et ne sais pas pourquoi. C’est très inconfortable !


Tiens ! un peu de musique peut-être ? Dame Mandoline, s’il vous plait, j’aimerais écouter le Carnaval des animaux pour la compagnie de ces manants qui vivent au village. Ils crèveraient de jalousie s’ils me voyaient ici et cette idée me réjouit tellement.

 

Soudain, il se rappela que Frenchmanue, la rousse anglaise allait venir lui limer les ongles et il n’avait pas encore commencé sa toilette. Bof, elle le ferait pour lui et l’oublia un instant.


Toc, toc, quelqu’un est à la porte. Entrez ! C’est Souriceau Jovial qui se propose de lui fournir de la compagnie. Souricette Toutegaie est disponible et viendra à ses côtés sur son bel édredon rose. Il paraît qu’elle est mignonne à croquer. Au fait, il a une petite faim mais où est donc Dame Gruyère ? et le gruau qu’elle lui avait promis. Ah ! Quel manque de respect.

Cependant, très positif, le chat se prit à rêver, Toutegaie n’allait pas tarder. Il bailla de plaisir en étendant ses quatre pattes, les moustaches toutes frémissantes à l’idée de ce que la souricette allait concocter pour son bonheur. Je vais être comblé se dit-il.

Décidément la compagnie des souris me plait vraiment, je vais m’intéresser sérieusement au végétarisme, et me documenter à la bibliothèque du village.

 

***

AVOIR ET ETRE

Texte d’un auteur inconnu (si vous le connaissez, faites signe !) proposé par Annick C. Il trouve naturellement sa place ici…

 

C'est si bien écrit... dommage de ne pas connaître l'auteur!
La beauté de la langue française, malgré son orthographe compliquée.

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07 novembre 2009

MOTS JETES / POESIE (Muriel)

Bonsoir à vous,

 

Je sais que vous êtes en atelier d'écriture en ce moment. J'ai lu votre blog hier et mis un mot sur votre texte très bien écrit.

Je voulais savoir si l'on peut travailler des thèmes que vous avez donnés comme "la place des martyrs était vide", écrire sur cette phrase.

En attendant je vous envoie un texte écrit lorsque j'étais en atelier d'écriture il y a longtemps où l'on devait utiliser des mots en vrac (prouesse, avenir, espérance, amour, voyage, famille) pour en faire un texte.

Bonne soirée à vous et à bientôt.

Muriel

La réponse est : OUI, Muriel…On peut écrire sur tout …mais pas n’importe quoi (polémiques, attaques personnelles, diffamations sont bien évidemment exclues).

Les thèmes proposés ne sont pas imposés : c’est une nuance !

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06 novembre 2009

Mon jardin d'automne

MON JARDIN D’AUTOMNE

Par Dominique J.

 

*

Mon jardin et moi sommes de vieux amis ;il ne peut rien me cacher bien qu’il garde en toute circonstance son flegme britannique et sa pudeur bretonne;  c’est un jardin d’ici .. Nous nous saluons chaque matin ,en silence ,pas de grandes embrassades ni de méridionales claques dans le dos ,ça n’est pas notre genre .Nous n’avons nul besoin  de ces manifestations bruyantes et théâtrales ;nous sommes de même race .

 

Je le respecte  et m’efforce donc de ne pas le prendre par surprise ,nous sommes amis certes mais j’ai tout de même sur lui l’avantage de la mobilité ;ce serait discourtois et je ne me le permettrais pas .Il pourrait en résulter pour lui un réveil brutal qui affecterait toute sa journée de jardin ,je m’en voudrais car je le verrais immédiatement ;je vous l’ai dit ,on se connait bien lui et moi .

Je frappe donc avant de sortir ,je fais jouer la serrure du cellier que je sais rétive et qui ne manquera pas de grincer ,l’alertant ainsi de loin de ma visite .Les gravillons sont mes complices et crissent sous mes pas ,puis le chuintement des feuilles mortes  me rend également bien service ;après tout ,il fait à peine jour ,peut-être dort –il encore ? j’ai des scrupules …

Mais non ,encore quelques pas et je sens l’herbe sous mes pieds ;à travers la mince semelle de mes  chaussons je devine qu’il est réveillé ,il frémit ,il respire ;j’ôte mes chaussons ,aie c’est mouillé mais il ronronne ;il aime ce contact .Je flatte le grand chêne qui s’amuse à perdre ses feuilles par vicieuses  étapes ,après tout je ne lui en veux pas ,il fait son boulot de chêne . Mon ami le jardin sait très bien que je ferai  sa toilette quotidienne  car l’automne n’autorise pas non plus toutes les négligences ;mon  jardin aime se sentir propre et je le comprends ;d’ailleurs il me fait le muet reproche d’avoir laissé  une brouette qui s’est remplie d’eau durant la nuit et dont le spectacle  le navre .Je l’enlève et la vide prestement ,je suis pieds nus ….mais tant pis ,je suis certain qu’il m’en sait gré .Je me cogne ensuite dans une bûche qui a roulé du tas de bois ,je la remets sur la pile ,il préfère …et me manifeste sa satisfaction  par un « ouf » de soulagement qui fait tomber sur mon pyjama  toutes les gouttes accumulées de l’averse nocturne ;mon jardin a des manières rustiques ,c’est un jardin d’automne ;mon pyjama est un pyjama d’été et mes pieds ma foi ,sont deux pieds nus …

Je pense que nous nous sommes assez salués pour ce matin, il sait que mon café m’attend mais qu’il a tout de même eu la  préséance ;et puis dans un mois ou deux il fera un temps à ne pas mettre un jardin dehors …Mais j’enfilerai des bottes et j’irai lui présenter mes amitiés comme chaque matin .

 

***

On retourne à l'école !

 

Bonjour à toutes et à tous !

 

Tiens, pour changer un peu : un petit jeu de…grammaire avec les accords du participe passé.

Ca vous rappelle quelque chose, non ?

 

http://www.olf.gouv.qc.ca/ressources/auto_eval/dictee_tro...

05 novembre 2009

AMNESIE (Humour?)

L’AMNESIE

par SergeD.

 

1

           

Ah, Pépère !

Un fieffé coquin, oui !

Il allait gaillardement sur ses 94 ans et, si la mémoire lui jouait parfois quelques mauvais tours, il était physiquement plutôt bien conservé…

Ne l’avait-on pas vu, il y a quelques semaines encore, grimper sur son toit pour remplacer quelques ardoises dont le temps et la tempête avaient eu raison. Et ça n’était pas la première fois, ah, ça non ! Et si ce n’était que sur son toit encore ! Mais non : au printemps, il s’était mis dans la tête d’élaguer ses arbres dont les plus hautes branches flirtaient honteusement avec la ligne électrique. Alors, vous comprenez bien que l’affolement de Mémère était légitime, non ? C’est qu’elle savait bien que l’électricité qui passe dans les branches peut vous « rétamer » n’importe quel bonhomme en moins de temps qu’il en faut pour le dire ! Et elle y tenait, Mémère, à son vieux bonhomme un peu fou, parce que, bien sûr, c’était le seul qu’elle avait…

Il aurait pu demander à la « Commune » de les lui couper, ses branches : monsieur le Maire lui-même le lui avait proposé. Mais non : têtu comme une mule, il a voulu le faire tout seul, avec la tronçonneuse par-dessus le marché tout en haut de sa grande échelle !

Pépère, peut-être qu’il avait des trous de mémoire, mais quand il avait une idée dans la tête, il ne l’avait pas ailleurs, ça c’est sûr !

De plus, il était sourd comme un pot et ce qui pour d’autres est une infirmité, devenait pour lui, une commodité ! Quand Mémère lui demandait quelque chose qu’il n’avait pas envie de faire, c’est bien simple : il ne l’entendait pas ! Ou bien, portant sa main à son oreille, il criait :

- Hein ? Quoi ?

Et Mémère levait les yeux au ciel et renonçait…

Oui, oui, c’était bien commode car, quand vous lui disiez :

- Eh, Pépère, vous venez boire un petit coup ?

Miraculeusement il entendait fort bien vos paroles… Mais c’est bien possible aussi qu’il pouvait les entendre à force de les attendre !

 

Mémère avait presque l’âge du grand-père, à un an près.

Elle était aux petits soins pour lui et lui pour elle ! Et à les voir comme ça, vous étiez sûr que l’Ankou ne pouvait que les oublier !

Elle s’activait tout le temps : si ce n’était pas le ménage, c’était la cuisine, la lessive… A l’époque des fruits, elle faisait les confitures, bien sûr, pour les enfants et petits enfants. Dame, à la ville, ils n’ont pas tous ces produits naturels !

Mais vous qui n’êtes pas d’ici, vous n’avez jamais eu la chance de goûter ce qu’elle cuisinait la grand’mère ? Ah, là… Bien meilleure qu’à la « Cloche d’Or », je vous assure ! « Y’a pas photo »…

Elle ne vivait que le présent, Mémère : chaque jour, chaque heure qui passe avec Pépère qui, lui, avait toujours été un peu fol : elle était sage pour deux !

 

2

 

Le « Voyage » !

Ca, c’était quelque chose…

Ils n’étaient pas bien riches : tout ce qu’ils avaient gagné durant leur vie, leur fils l’avait dépensé en un rien de temps ! Les femmes, le jeu… Enfin, ce sont leurs affaires, hein, pas les miennes !

Alors, le grand-père faisait le jardin. Il proposait ses légumes aux voisins… Tout le monde lui en achetait et ils avaient bien raison parce que c’était moins cher et bien meilleur !

En gagnant une petite pièce par-ci, par-là, en économisant sur leurs petites retraites, ils se payaient « Le Voyage » ! Pas un voyage : non… « Le Voyage », monsieur !

Parce que Pépère, il le préparait six mois à l’avance son voyage ! Il rassemblait la documentation, toute la documentation, et il étudiait chaque catalogue, chaque prix. Ah, non : rien n’était laissé au hasard ! Et ça tombe bien, parce que, dans nos campagnes, les soirées d’hiver sont longues et ses rêves, à Pépère, ils allaient beaucoup plus loin que la télé…

Ils sont allés loin comme cela, au Maroc, en Espagne…

Au retour, nous avions droit aux photos, aux histoires sans fin !

Imaginez-vous, monsieur, ce Pépère-là, à près de 94 ans, danser le fandango avec les jeunes danseuses ! Et Mémère, sur sa chaise, qui rigole, qui rigole… Ah, leurs compagnons de voyage ont dû bien s’amuser avec ces deux là, parce que, pour être vivants, ça oui, ils l’étaient !

Plus que vous et moi : c’est ça le bonheur, peut-être !

 

3

           

Un soir de mai…

Allez savoir pourquoi ?

Parce que la senteur des roses apporte un air de bonheur sans doute ?

Un soir, donc, Pépère qui avait toujours eu un sommeil de petit enfant, avait du mal à s’endormir. Pour la première fois de sa longue vie, et pour ne pas importuner Mémère, il se releva et s’installa devant la télévision… Ses petits-enfants, pour son anniversaire, lui avaient offert un boîtier T.N.T :

- Comme ça, Grand-père, tu pourras voir à peu près autant de chaînes que tu voudras !

Il avait souri, sincèrement touché de leur attention, les avait bien remerciés, mais, « gast », pour regarder toutes ces chaînes… Et puis, ce qui lui plaisait, ça n’était pas le cadeau qu’ils lui apportaient, mais leur visite, leur présence ! Ils étaient tous venus, avec les petits enfants : je vous dis pas le charivari dans la maisonnette ! Les enfants s’entendaient bien et les cousins et cousines étaient complices comme larrons en foire, alors…

Et puis, après tout, si Mémère laissait faire, n’est-ce pas ?

C’était encore un grand moment de bonheur passé ensemble.

La télé ? Pensez donc ! Il la regardait, bien sûr… Un peu : pour les informations et quelquefois un vieux film. Quand Mémère regardait son feuilleton, il haussait les épaules et sortait dans son jardin ou dans sa grange.

Alors, le boîtier TNT… Depuis près d’un an, il était là, branché, et n’avait jamais servi !

Ce soir d’insomnie, ce fut l’occasion d’expérimenter l’appareil, la « machine ». Youen, l’aîné de ses petits-fils lui avait montré comment s’en servir et noté soigneusement les quelques manœuvres qu’il devait faire. C’était, comme disait Youen, « Simple comme bonjour » !

Pépère s’amusa, curieux, à manipuler toutes ces touches. Les images défilaient devant lui, les chaînes se succédaient…

Des visions sur de hautes montagnes, d’autres au fond des mers. Là, un ministre,pompeux, et ici un policier réconfortant. Dans son for intérieur, il reconnut que c’était magique…

Et puis, n’en croyant pas ses yeux, il vit !

Il vit, sur l’écran, la jeune femme qui caressait son amant !

Il vit les scènes d’amour qui se succédaient à n’en pas croire la réalité…

Des émotions anciennes remontaient en lui.

Qui le bouleversèrent…    

Il préféra retourner s’étendre près de Mémère : il arrêta le poste et éteignit la lumière.

 

4

           

Le sommeil ne venait pas !

Les images du poste le poursuivaient.

Il se tourna et retourna si bien que Mémère se réveilla :

-Qu’est-ce qui se passe, Pépère, tu n’arrives pas a dormir ?

            - Ce n’est rien.

            Il se tourna de l’autre côté et resta immobile cinq minutes !

- Mais enfin, qu’est-ce qui se passe ?

- C’est rien, je te dis !

Un quart d’heure passa…

- Tu dors, Mémère ?

- Non.

- Tu te souviens ?

- Me souvenir de quoi ?

- Ben… La première fois : la première fois quand nous étions dans le pré !

- Oh, là, Pépère… C’est si vieux !

- C’était bien, hein ?

- Oui, c’était bien.

Ensemble, ils plongeaient dans les souvenirs d’antan.

- On devrait essayer, Mémère…

- Essayer quoi ?

- Ben… Comme dans le pré !

- Oh, oh, mon Pépère : tu n’y penses pas ! A nos âges… La dernière fois, c’était il y a trente cinq ans !

- Tant que ça ? Je n’avais pas l’impression…

Elle rit, l’embrasse gentiment sur le front, pose sa tête sur son épaule et l’y maintient. Il la prend dans ses bras…

- On devrait essayer quand même !

Elle ne dit pas un mot mais elle sourit dans la nuit. Son Pépère est complètement « siphonné », mais quel romantique tout de même ! Elle le laisse faire…

 

5

           

C’avait été comme avant !

A cause du souvenir, peut-être!

            A cause qu’elle l’aime toujours autant, même si ça n’est plus pareil !

            A cause qu’il a su lui faire partager ces instants magiques, les faire vivre ou revivre : c’est pareil ! A cause du grand froid qu’il y a dans une vie sans amour. Et justement, le froid de l’absence d’amour, malgré l’âge, le grand âge, ils ne l’ont jamais connu. Elle a le sourire aux lèvres lorsqu’elle s’assoupit.

            A côté d’elle, grand-père ronfle…

 

6

 

            Il n’était pas soleil levé lorsqu’il se réveilla.

            Mémère, qui avait toujours la tête au creux de son épaule, ouvrit les yeux et lui sourit dans la nuit.

-         Tu sais Mémère, j’ai rêvé… C’était un beau rêve.

-          Ah ?

-         J’ai rêvé que nous étions comme dans le pré.

-          ???

-         Peut-être qu’on devrait essayer Mémère…

-         Comme dans le Pré ?

-         Ben oui !

-         Mais, Pépère : on a fait au début de la nuit. Tu ne te souviens pas ? Ca n’était pas un rêve !

-         Ah, oui, c’est vrai : je me souviens maintenant ! Vois-tu, Mémère, à nos âges, ce qui pose le plus problème, c’est la mémoire…

 

 (Inédit)

 

 

***

04 novembre 2009

DESERT

 

DESERT....

 

Je connais le Sahara,

la chaleur, le soleil, les cailloux.

Sur la piste d’envol, les tôles surchauffées,

les pierres qui éclatent de chaud,

sur la route, le vent, le vent de sable

qui te dessèche sans que tu t’en aperçoives !

La neige,

la neige sur les dunes : c’est beau !

les sauterelles aussi.

c’est beau.

Etonnantes, inquiétantes

 

«  Tu ne connais pas le désert ! »

 

J’ai vu les gens, les enfants de l’oasis.

J’ai ri, j’ai parlé avec eux,

j’ai partagé leur eau...

Les femmes qui lavent le linge

dans l’oued

La pluie, le déluge, le torrent

qui transporte, qui transforme tout.

On ne résiste pas

 

« Tu ne connais rien au désert. »

 

Les habitants, c’est aussi le fennec,

le serpent, le lézard.

J’ai ramené autrefois

un énorme lézard...

J’ai vu le soleil se lever,

je l’ai vu se coucher

derrière les dunes,

j’ai dormi sous la tente berbère...

 

« Tu ne connais toujours rien au désert ! »

 

Sur le dromadaire,

j’ai flotté au rythme de son pas.

J’ai rencontré Ali qui a huit ans.

Il menait le dromadaire.

Il m’a donné son sourire,

comme ça,

sans rien en échange,

parce que, peut-être, j’étais drôle là - haut :

vieux monsieur sur un chameau !

Il a entrepris de nous apprendre à chanter.

Il voulait nos noms, nos âges,

apprendre notre vie...

Il nous a donné son sourire,

un petit morceau de sa vie,

nous l’avons pris...

Et nous sommes partis,

En touristes !

 

*

« Oui… Un jour, peut-être,

tu apprendras  le désert »

 

SergeD. (2002)