31 janvier 2009

UNE BONNE NUIT

***

Ah, le bonheur d’une profonde nuit !
Je dors. Ca n’est pas tout le temps comme ça... Je me ballade, je vois plein de choses, je vois des gens, je leur parle. Le rêve...

Il est apparu alors que j’étais occupé à mettre un peu d’ordre dans mes affaires. Elle était avec lui. Elle l’avait ramené ici !
C’est son droit bien sûr, mais ça me gênait, ce regard étranger sur mes activités. D’accord, je ne suis pas chez moi mais chez elle. D’accord il existe un consensus pour que nous puissions cohabiter sans nous gêner mutuellement et nous permettre, réciproquement, de faire ce qui nous fait envie.
N’empêche ! Ce type entre ici, dans l’espace que je croyais mien et que j’occupais comme tel. Il ne parle pas. Il m’ignore. Il la suit du regard.
Evidemment il n’est pas là pour moi.
Encore heureux !
Moi, je trouve qu’il n’est pas gêné. Elle va dire quelque chose quand même... Mais non : elle ne dit rien. Ni à lui, ni à moi.
Il s’assoit. Dans le fauteuil que je préfère, près du lampadaire.
Pas gêné, vraiment : il prend sur la tablette une pile de feuilles et fiches sur lesquelles j’étais tombé en rangeant un carton, et commence à les compulser. Il s’agit de documents anciens qui ne concernent que moi : certificats de vaccination, certificats médicaux quand j’étais gosse, diplômes professionnels...
Je me précipite :
- Désolé, mais ceci ne concerne que moi !
Et je lui arrache brutalement le paquet de feuilles.
Il ne dit rien. Elle non plus. J’attends...
Oui, j’attends, mais je sens monter en moi, se réveiller ces vieux démons qui sommeillaient. Ce type, je le déteste. Je le hais. Il prend mes fiches ! Il est là pour prendre ce que j’ai de plus précieux. Il va la prendre, elle, et elle ne dit rien !
- Bon, moi je vais dormir. Faites ce que vous voulez. Faites ce que vous avez envie de faire, moi je m’en vais !
Elle se tourne enfin vers moi. J’existe :
- Mais enfin... Qu’est - ce que tu crois ? Il n’y a rien entre nous !
Et lui qui se dirige vers moi. Ah, j’existe aussi à ses yeux, tout à coup ! Je sais ce qu’il va dire :
- Ce n’est pas ce que vous croyez. Vous pouvez me faire confiance.
Non, il ne le dit pas... Mais il allait le dire. C’est moi qui ne lui en laisse pas le temps :
- S’il lui arrive quelque chose, je vous retrouverais, toujours. Et vous paierez !
Je suis seul à présent, dans la chambre où je tourne et vire.
J’aurais voulu plus de scandale, plus de violence...
J’attends... J’attends encore. J’attends qu’elle vienne me donner un témoignage de tendresse, un petit bisou, une caresse, un regard...
Enfin elle entre mais tout de suite je l’agresse verbalement :
- D’où il vient ce type ?
- De l’Ile de Ré
- Ah, c’est lui ! A présent je comprends...
Elle repart.
Et moi je me réveille, plein de cette brume désagréable, mécontent de tout, de moi : la jalousie est venue, une fois de plus, me surprendre pendant mon sommeil !

Holopherne
Atelier d'Ecriture - Henvic

L’ENFANT SECRET

*

Bonjour Monsieur,
Suite à votre proposition d'écriture, je vous propose un court texte…
Comment écrire, pour Noël, un conte ou raconter un rêve ? D'après le Lexis, un rêve est..., et un conte est... !
C'est pourquoi, je parlerai de mon rêve qui pourra se transformer en conte et je l'adresserai à mon petit fils Alexis.
Je vais essayer d'ouvrir, de créer des liens à travers l'écrit pour l'accompagner au mieux,car Alexis est autiste.


***

Alexis a 5 ans et demi presque 6 ans. Il est un enfant lumineux, toujours en colère. Il s'apaise comme tous les enfants, avec son doudou avant de s'endormir.
Et cet été, j'ai découvert son intérêt pour le duvet léger laissé par les oiseaux, après leurs passages dans la campagne. Alexis est sérieux quand il ramasse le plumage. Il attrape de ses doigts agiles, la fine plume blanche, puis il suit le vol au gré des frises légères des vents.
Il devient alors un enfant poète. Il sautille, se désespère quand la plume avance trop vite ou quand son vol ne le surprend pas.
Je crois voir remuer ses lèvres quand il accompagne le souffle de l'air. Il est heureux et magnifique. Soudain, je l'entends murmurer tout doucement et pour lui seul : « Pour noël je veux un avion à réaction, un avion à réaction ».
Alexis l'enfant secret poursuit les plumes blanches dansant dans le pré...

Marie-André (Rennes, le 5 décembre 2008.)
Atelier d’Ecriture - Henvic

DE LA METAMORPHOSE

*

Rêver, désirer...
Créer, recréer...Repenser la réalité...

Choisir les tissus, les galons, les boutons avec soin.
Puis couper le patron en papier et le poser pour tirer partie du reflet des tissus, des motifs, des effets de la trame et du tissage. .
Que de plaisir ! Et de travail aussi !

Donc, forte de mon envie de création, je me glisse dans le désir de l'Autre, à travers la matière, la couleur, la lumière.
C'est toujours l'histoire d'une naissance recommencée, à travers une robe, dans laquelle mon imaginaire glisse.
Je sais comment le désir naît. Il vient d'un balancement, d'un flottement léger d'étoffe quand le vent souffle doucement. Ce léger mouvement donne à voir autrement. Il est une promesse pour une autre histoire, une autre façon de voir, d'envisager le moment présent.
La robe en création me parle. Elle me donne le ton, à travers la couleur, l'épaisseur de sa toile ou du lainage.
Elle est déjà univers, à peine commencée, et je me régale.

Dès la coupe, elle affirme sa présence. Elle naît sous mes yeux, sous mes doigts. La phase la plus exaltante est sa mise en forme, quand les pans de tissus sont reliés avec des épingles. Je vois déjà sa forme, ses dimensions, ses profondeurs. Elle crée son histoire, son univers.

Puis la réalité, avec les bruits de machine, entre en jeu.Le tissu trituré, aplati passe sous le pied de la machine. La robe n'a plus de forme. Elle est plate. Elle ne me plaît pas. Elle n'est que morceaux informes. Toutes ces pièces séparées ne font pas rêver. Elles sont déstructurées et sans lien avec l'ensemble.
A ce moment là, le rêve n'existe plus.

C'est l'assemblage de tous les morceaux épars qui crée la robe, qui la modifient, lui redonnent un sens, une énergie. Elle est sublimée quand je l'enfile sur le « mannequin » comme pour une première lecture. Elle bouge alors !

Commence le travail d'embellissement grâce aux accessoires; ceux qui lui donneront une personnalité. Arrivée à ce stade, il me faut prendre du recul, faire des essais, quelquefois douter, souvent dormir, laisser passer du temps...beaucoup de temps.
Le travail continue, doucement. C'est à la fois une période de rêves et de détachement. La robe est moins investie et déjà elle est mise à distance. Elle prend doucement sa place.

C'est là que je la termine, pour pouvoir l'offrir et créer du plaisir.
Le passage est léger. Il est bruyant de rires.
A ce moment-là, un Autre l'accepte, l'essaie et le plaisir naît à nouveau.

Marie-Andrée (Rennes)
Atelier d’Ecriture - Henvic

30 janvier 2009

LE NOEL DE MON ENFANCE

*

Le week-end précédant Noël, je préparais avec mon père la décoration de la maison. C’était très simple mais c’était pour moi un moment privilégié avec mon père qui je ne voyais pas souvent du fait de sa profession. Il s’agissait seulement du sapin et de la crèche.
Nous allions parcourir la campagne pour couper une grosse branche de sapin, ramasser le lierre, le houx et de la mousse. Maman ne voulait pas de gui car elle disait que suspendre du gui dans une maison portait malheur. Elle était très superstitieuse.
Nous dressions le sapin dans un pot que nous habillions de papier rocher sur lequel nous déposions, ça et là, lierre et mousse. Nous décorions le sapin de guirlandes, de boules multicolores et nous le chapeautions de la traditionnelle étoile. Nous le parsemions de morceaux de morceaux d’ouate pour imiter la neige. Des bougies placées ça et là illuminaient l’arbre le soir de Noël sous les yeux attentifs de ma mère qui craignait toujours l’incendie. Au pied du sapin, sur un tapis de mousse, reposait une crèche en bois qui mon père avait lui-même remarquablement reconstituée. L’Ane, le Bœuf, Joseph et Marie attendaient l’enfant Jésus que je déposais au retour de la messe de minuit. Quant aux rois mages, ils attendaient le 6 janvier.
Cette messe de minuit, le temps fort de Noël à l’époque ! Nous y allions à pied, pourtant cinq kilomètres nous séparaient de la cathédrale où avait lieu la grande messe solennelle célébrée par Monseigneur l’Evêque. C’est très souvent sous la neige que nous nous y rendions et j’entends encore retentir les cloches de toutes les églises tout au long du parcours. Je revois aussi toute la mise en scène de cette messe et c’était, pour mes yeux d’enfant, un émerveillement : les prêtres tout d’or vêtus, les célèbres chants de Noël comme le « Minuit Chrétien » entonné tous les ans par la même personne à la voix de ténor, les grandes orgues qui me transportaient ; la proession très solennelle vers la crèche. J’étais fascinée p)ar les crèches et les vitrines aux décorations très créatives à l’époque, notamment les automates. Aujourd’hui encore je ne rate jamais l’occasion de visiter les crèches et faire du lèche vitrines et de me promener dans les rues.
Pour en revenir au programme de cette soirée, il était déjà près de deux heures du matin quand la messe se terminait et nous nous payions le luxe de rentrer en taxi. Et pour moi, c’était la seule fois de l’année où je montais dans une belle voiture bien installée. Car il m’arrivait de partir avec mon père dans son camion, un vieux « Saviem » dont vois imaginez le confort ! C’était déjà un beau cadeau de Noël. Et à notre arrivée, la surprise nous attendait : le Père Noël était passé en notre absence. Il avait déposé dans nos souliers, que nous avions placés autour de la cheminée, le cadeau dont nous avions tant rêvé. Je me souviens de ce jouet extraordinaire que je garde aujourd’hui bien précieusement : une grande poupée articulée que je pouvais faire marcher comme un enfant, qui pleurait, qui ouv rait et fermait ses yeux avec une magnifique tête en porcelaine recouverte de cheveux que je pouvais coiffer. J’étais fière de cette poupée qui était, à mes yeux, plus belle que celle des autres.
Après les cadeaux, arrivait alors ce qu’on appelait le réveillon : un petit repas mais qui sortait de l’ordinaire et qui marquait Noël à la maison. Des huîtres, les seules de l’année, un plat de charcuterie fine, essentiellement un assortiment de galantines truffées et une bûche de Noël, la bûche pâtissière avec ses petites décorations que je collectionnais. Et pour terminer le repas, la fameuse orange de Noël avec une saveur que je ne retrouve plus aujourd’hui.
Nous sommes dans les années 1950. Je reconnais que pour l’époque j’étais privilégiée. Pourtant mes parents n’étaient pas riches mais ils avaient le souci de me transmettre des valeurs qui m’aident à faire en sorte que, malgré les vicissitudes de la vie, chaque jour soit un peu Noël.

FrançoiseL.
Atelier d’Ecriture - Henvic

LE BEAU NOEL DE NICOLAS

*

Noël est un mot magique, féerique, pour les enfants mais aussi les grands.
Pour les petits, c’est un jour très attendu, ils rêvent pendant des jours que le Père Noël apporte tout ce qu’ils ont demandé.
C’est aussi une fête de famille, un grand moment de tendresse, la joie d’ouvrir les cadeaux.
Noël est un beau jour pour certaines familles mais tristesse aussi, car voici mon histoire :

Nicolas est un gentil petit garçon de six ans. Son papa et sa maman n’ont plus de travail et, faute de pouvoir payer le loyer, ils ont été expulsés de leur appartement.
Depuis, ils vivent comme des « S.D.F », dormant dans les asiles de nuit, les gares, là où se trouve un peu de chaleur. Cette vie pénible est très dure pour les parents mais aussi pour Nicolas, il est toujours triste et pleure souvent.
Nous sommes début décembre, toutes les vitrines sont illuminées, les jouets paradent derrière les devantures et Nicolas regarde, avec envie, tous ces beaux joujoux qu’il n’aura pas, surtout un joli nounours car, Papa et Maman sont pauvres et sans maison.
Nicolas connaît les Resto du Cœur, les Associations qui, avec leurs moyens, apportent un peu d’aide et de soutien.
Une nuit, Nicolas rêve du Père Noël, il a un beau sapin et au pied de ce dernier, plein de cadeaux et de joujoux.
Le lendemain matin, il en parle à ses parents, il a un grand sourire et il sait que le Père Noël tiendra sa promesse.
Le grand jour arrive, Nicolas et ses parents ont trouvé place dans un asile de nuit, un grand sapin illuminé est au centre de la salle.
Nicolas est émerveillé et toujours dans son rêve, il demande, en s’adressant au Père Noël, de lui apporter des jouets, car il est bien sage.
Aline, une bénévole, présente, entend la prière du petit garçon et décide de lui venir en aide. Elle en parle à ses amis et, ensemble, interviennent auprès du Père Noël.
Après un bon repas, qu’il mange avec appétit, l’ambiance est à la fête, la musique, les rires, tout le monde lui sourit. Il attend avec impatience l’heure du Père Noël.
Minuit sonne, c’est Noël, grâce aux prouesses des bénévoles, chacun reçoit des chocolats et un petit présent.
Le petit garçon est anxieux, mais Aline, avec un grand sourire, vient prendre par la main Nicolas et l’amène près du sapin. Deux paquets sont posés au pied, ils sont pour Nicolas.
Timide, il n’ose s’approcher mais Aline l’encourage et, avec des lueurs de joie dans les yeux, il découvre ses cadeaux.
Un superbe nounours, brun, tout souriant, lui tend les bras, dans l’autre paquet des voitures, il en rêvait.
Nicolas est aux anges et ne cesse de remercier le Père Noël qui a tenu sa promesse.
Un bonheur ne vient jamais seul, pour ses parents et grâce aux Associations, leur situation devrait s’améliorer assez vite, ils reprennent espoir et entourent Nicolas de leur tendresse.
Quel beau jour, merci Père Noël.

Cette histoire, un peu romancée, pourrait se réaliser et cela, je le souhaite pour tous les S.D.F et les malheureux du monde entier.

GinetteG.
Ateler d’Ecriture- Henvic

KATELL

Noël 2008...

Depuis de longues minutes, elle était là, le nez collé à la vitre, un halo de buée s’était formé et avait pris la dimension de son visage. En y regardant de plus près on pouvait voir une petite mèche blonde collée à sa joue gauche par quelques larmes impromptues.

Dehors, il faisait froid. Le vent balayait lentement les gros nuages qui traînaient encore dans le ciel. On devinait, malgré l’heure tardive, son acharnement à vouloir éclairer un peu cette soirée d’hiver.

Ce soir Katell est triste. Elle n’a que 7 ans et elle sait maintenant que la vie, tel ce 24 décembre, pouvait lui réserver de méchantes surprises. Malgré toute l’affection de ses parents
Elle sent que ce soir les habituels battements de joie de son cœur font place à d’insupportables pincements qu’elle ignorait jusqu’à présent.

Ce matin, le facteur avait apporté une mauvaise nouvelle. Elle entend encore sa maman lui dire : « Katell, ma petite fille, Corentin ne viendra pas ce soir, il a raté son train »

Jamais , elle n’aurait pu imaginer un Noël sans son cousin. Pour elle c’était une petite catastrophe. Elle souffrait déjà à la pensée d’ouvrir ses cadeaux sans lui. Qui partagerait avec elle excitation , magie, émerveillement, surprise ? Elle ne verrait pas cette année les étincelles que lançaient les yeux bruns de Corentin à la vue de tous les trésors offerts.

Dehors, après une journée pluvieuse, le ciel était d’un bel orange intense juste ombré d’une traîne grise presque transparente. Plus près de la maison, sur cette surprenante toile de fond, se découpaient les sapins majestueux, impressionnants et d’un noir presque inquiétant.

Pas de Corentin, et pas de neige !

Le cœur lourd, les yeux rougis, la chevelure humide de larmes, Katell se contraignit à quitter la fenêtre. Sa maman, désespérée devant tant de chagrin, ne sachant plus que faire, lui suggéra de reprendre sa lecture préférée : le tome 2 du « Club des Cinq ». Le cœur n’y était pas, hélas !

Toute à sa peine, elle ne comprit pas tout de suite d’où venait ce bruit de moteur. Levant la tête, s’essuyant furtivement les yeux, elle voit arriver vers la maison deux gros yeux jaunes s ‘avançant dans l’allée de sapins. Une voiture ? à une heure si tardive ? Qui peut venir ?

Portes qui claquent !
Vent froid s’engouffrant dans l’entrée !………..

"Katell !"
"Corentin !"…. Chevelure brune auréolée de flocons de neige. Mais oui !
Corentin était là, la neige aussi était là !

Joyeux Noël à tous !

AnnickC.
Atelier d'Ecriture - Henvic

ESPOIR

Et pour commencer, un acrostiche !

Entendons-nous bien
Sans pour cela se prendre la tête
Pire encore, stresser peut-être…
Oh ! Ce n’est qu’un jeu
Ignoré de certains
Réjouissant pour d’autres !


Quelques idées me passent furtivement par la tête, je pourrais dire « en vrac » , glanées ici et là, mais est-ce que Serge aimera, cette façon de procéder peu académique ?
C’est pourtant ce qu’il me plait maintenant de faire. Lancer au vol des bribes d’espoir, des pétales d’idées jetés sans retenue, oui, en vrac, au hasard du vent et de mes pensées. On pourrait dire du tout venant, ou du tout allant !
Le terme d’espoir me paraît si sérieux et porteur de mal-être, peut-être …

Si j’espère, c’est que j’attends autre chose, c’est aussi que je ne me sens pas heureuse, là, maintenant. J’espère ! Je suis dépendante de ce qui me manque.
Tout le monde espère, de la naissance à la vieillesse.
Le bébé espère la présence de sa maman, il espère être nourri, soigné.
L’enfant espère de beaux jouets, de l’attention, de la compréhension de la part de ses parents, il espère rencontrer de bons amis et tant, et tant…
L’adulte, lui, cherche à se libérer de ses attaches , de sa dépendance d’adolescent, tout en supportant mal la solitude qu’il a lui-même recherchée et créée.
Mais où sont les limites à ne pas dépasser ? Toujours l’espoir du lendemain, la nuit règle-t-elle ces problèmes d’insatisfaction permanente ?
Finalement, l’adulte heureux espère que cela durera et l’adulte malheureux espère que cela finira. Toujours l’espoir est là ! J’avais minimisé ou feint d’ignorer son importance.
Il me semble qu’à la réflexion, vivre d’espoir c’est vivre insatisfait et c’est l’adulte qui en souffre le plus. Il est à l’âge où il espère non seulement pour lui-même, il peut aussi souffrir des exigences de ses enfants, peut-être de ses petits-enfants mais encore de ses parents vieillissants.
Que peut espérer une personne en fin de vie, je ne préciserais pas le nombre d’années ?
Que peut-elle espérer sinon une qualité de vie qui lui permette de décliner doucement, sans heurts, sans douleur, sans malheurs….
L’espoir est finalement synonyme d’une grande insatisfaction. Etre en permanence insatisfait est un grand malheur. Par chance, il nous arrive d’entendre dire : « c’est ainsi, on n’y peut rien, il y a pire », etc.
Vouloir espérer toujours autre chose m’ennuie. Je voudrais pouvoir dire, à tout instant : « On verra bien ! »
Soyons raisonnables : où sont les jours meilleurs ? Sinon là, maintenant dans cet atelier d’écriture où je peux dire enfin : « Chers amis, j’espère ne pas vous vous avoir ennuyés au point que vous en espériez la fin, enfin ! »

En conclusion, il me semble qu’il faut être désespéré pour devoir espérer.

Annick C., le 30.01.2009
Atelier d'Ecriture - Henvic

28 janvier 2009

ACROSTICHE: MON ALPHABET DE L'AMOUR

C'est à titre d'exemple que j'emprunte le beau texte qui suit pour montrer ce qu'il est possible de faire avec ce "jeu d'écriture" (voir le site: http://www.acrostiche.org/ ).

Aimer de tout son être,
Balbutier de tendres mots d'amour,
Crier sa satisfaction, jusqu'à l'extinction de sa voix,
Donner l'envie de recommencer,
Envahie par tes doux parfums,
Fermer les yeux pour mieux ressentir le bonheur,
Garder jusqu'à la dernière minute le cri d'extase,
Hurler encore, encore, ne pas s'arrêter,
Inventer des jeux secrets et tendres,
Jouer à deux des heures entières,
Khat de ses feuilles nous enivre
Le long de ton corps faire courir mes baisers,
Murmurer à ton oreille, tu es un amant aimé,
N'entendant que ton chant mélodieux,
Oserais-je te demander,
Prends-moi dans tes bras,
Que j'épouse ton corps brûlant de désirs,
Redis-moi ces mots d'amour si sublimes,
Souris-moi quand tu atteins l'orgasme,
Tout ton visage rayonne,
Un rictus en disant long sur ton plaisir,
Viens au plus profond de mon corps,
Waouuuuu ! c'est tellement succulent,
Xérès étanche notre soif,
Y a-t-il quelque chose de plus beau,
Zinzin, folle, dérangée, amoureuse de toi, oui je le suis

Zaza


Il en est d'autres: les plus intéressants, ce sont ceux que l'on construit soi-même!
SergeD.

LE REVE DE NOEL

*

23HOO, ce 24 décembre…
J'arrive dans les toilettes du restaurant où une foule de fêtards s'est rassemblée pour un réveillon de Noël. Je suis fatigué, peut être ai-je trop bu? Oh, après tout, on fait la fête ou pas...

Au fait, je m'appelle Léon et je suis handicapé, je marche avec deux béquilles. Je m'avance près des lavabos et je me regarde dans le miroir. Waouh, la tête que j'ai !
Je me penche vers le robinet pour me rafraîchir et pendant un centième de seconde, il me semble que mon reflet a du retard. Je relève la tête rapidement : non tout semble normal, je souris même à mon reflet car je m'aperçois que sur le badge que nous a fourni la direction du restaurant pour y inscrire notre prénom, celui-ci est noëL !
Je reste un instant décontenancé, car mon reflet vient de me faire un clin d'œil. Si, si : je vous assure, c'est vrai !
Ou bien je suis réellement plus fatigué que je ne le croyais...

Je ferme les yeux et j'écoute la musique assourdie qui provient de la salle.
Je fredonne l'air qui fait " Rêver, d'un impossible rêve, la la lalala..."
C'est de qui cette chanson ? Ah oui, Brel bien sûr ! Eh oui, rêver un impossible rêve... Quel programme ! Surtout en cette nuit de Noël. Il me revient à la mémoire une légende de Noël qui raconte que sur le coup de minuit les animaux de la crèche avaient le don de la parole jusqu'à l'aube.

La tête me tourne un peu plus fort, aussi je tends les mains vers mes béquilles pour ne pas chuter et... Rien, non il n'y a rien sous mes mains auquel me raccrocher. J'ouvre les yeux et effectivement il n'y a plus de béquilles appuyées au bord du lavabo !
Bon sang, qu'est-ce qui se passe ?
Comment vais-je faire pour sortir des toilettes et regagner le restaurant ?
Puis levant les yeux sur le miroir, je vois mon reflet, toujours les yeux fermés, concentré sur ses pensées et, sur sa veste, le badge porte le nom de... Leon.
Oh oh ! C’est pas bon tout ça, je rêve, je suis mort, oui ! C’est ça, je suis mort...
Et mon cerveau, juste avant de s'éteindre, invente une histoire à dormir debout... Je me pince la main et aïe, ça fait mal !

A ce moment, je m'aperçois que je suis camper sur mes deux pieds devant le miroir, planter même ! Et rien, aucune douleur dans cette jambe gauche qui me faisait tellement défaut depuis si longtemps. Je fais un pas en arrière pour la première fois sans mes béquilles : je me sens bien, en équilibre, stable, léger.
C'est pas possible: je marche, oui, je marche comme tout le monde !
Je regarde le badge sur ma poitrine et je lis : Noël.
En regardant le miroir, je m'aperçois que Léon, puisqu'il faut bien l'appeler comme ça, s'éloigne vers la porte des toilettes et paraît perplexe. Que va-t-il advenir de lui ou, devrais-je dire, de moi ?
Je ne sais plus quoi penser !

Bon, il faut que je me décide et je retourne dans la salle du restaurant. Là, je retrouve autour de la table, mes amis,
- Alors Noël ça va mieux ? Tu as meilleure mine que tout à l'heure !
Et le reste du groupe m'invite d'un :
- « Allez, venez Milord, vous asseoir à ma table » qui me tourbillonne dans la tête avec le souvenir d'Isabelle et de son éphémère chœur animalier…

Plus tard dans la soirée, je rejoins le patron du restaurant pour régler l'addition et celui-ci me lance :
- Et voilà le compte de Noël !

Corsaire - 10/12/2008
Atelier d’Ecriture - Henvic

LA GARE ABANDONNEE

*

Cette gare qui ne sert plus que d’habitation depuis trente ans peut-être. Le bruit plus ou moins fort de la rivière qui coule en contrebas.
L’intensité du débit s’accorde toujours au bruit de mes pas, c’est la pluie qui décide.(…)
Alors que faire d’un caillou plus plat, du deuxième pont ou du troisième banc, de l’odeur caractéristique de la terre humide, de l’épaisse couche de feuilles qui tardaient à se décomposer.
Que dire de ces gens que je croisais auxquels je lançais un bonjour, ceux qui répondaient gentiment mais avec qui je ne pouvais prolonger l’échange, les trois kilomètres à faire jusqu’à la troisième gare désaffectée et le plaisir de ne plus sentir sous mes pieds la terre et les cailloux mais le sable de la dernière montée avant les Ursulines.

Lénaïc B. Atelier d’Ecriture - Henvic

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