06 mars 2009

KA-WA-TA LE PETIT LAPIN (Conte)

KA-WA-TA, LE PETIT LAPIN
(D’après un conte amérindien)

***

Autrefois, il y très, très, très longtemps, Ka-Wa-Ta, le petit lapin était le plus grand de tous les animaux. Et c’était aussi le plus fort !
C’était un chasseur, mais alors, croyez-moi, le plus grand chasseur que l’on eut jamais connu ! Il posait ses pièges le soir et le matin il venait les relever : malheur aux animaux imprudents qui en étaient prisonniers car personne ne les revoyaient plus jamais !
On raconte même que c’est à cause de Ka-Wa-Ta que les dinosaures ont disparu mais, franchement, ça je n’y crois pas : tout simplement parce que Ka-Wa-Ta a toujours eu peur des reptiles et que, c’est bien connu, toutes ces grosses bêtes, tous ces dinosaures, étaient des reptiles ! Et puis, en plus, ils vivaient à une époque tellement ancienne que même Ka-Wa-Ta n’était pas encore né : alors, hein !
Toujours est-il que Ka-Wa-Ta pouvait manger toutes sortes de bonnes choses que, même chez « Mac Do », vous ne trouveriez pas, et que l’on peut se demander si, justement, ça n’était pas grâce à cela qu’il était si grand et si fort !

Un matin, quelle ne fut pas la surprise de Ka-Wa-Ta ! Dans un de ses pièges, il avait attrapé… Devinez quoi ?
Il avait attrapé le Soleil !
Ah, certainement qu’il avait mal dormi, le Soleil ! Et que son réveil était difficile et encore plein de brumes…
Parce que, n’allez pas croire : le Soleil, il est très, très intelligent et si tout avait été comme d’habitude, jamais il ne se serait fait prendre, même par Ka-Wa-Ta, le plus grand de tous les chasseurs !
Et bien, ce matin-là, c’est comme ça, il se retrouva pris au piège !
Ka-Wa-Ta, si grand, si fort qu’il était, n’en restait pas moins figé de surprise : jamais de la vie il n’avait eu l’intention de prendre le soleil ! Alors, il restait là, immobile, les bras ballants, sans rien faire.
Le Soleil l’aperçut et le reconnu :
- « Ka-Wa-Ta, c’est toi qui m’as piégé ainsi ! Mais tu dois me libérer au plus vite : il faut que je monte tout en haut du Ciel, sinon toute la Terre va brûler ! »
Ka-Wa-Ta s’approcha du Soleil pour le libérer. C’était encore le matin et, heureusement, le Soleil ne dégageait pas encore toute sa chaleur mais, malgré cela, tout autour du Soleil, les herbes sèches devenaient cendres, les buissons se racornissaient, devenaient tout noir, les fleurs se fanaient, se desséchaient et disparaissaient.
Ka-Wa-Ta voulu couper la corde qui retenait le Soleil prisonnier mais la chaleur était si forte qu’il ne put s’en approcher à moins de dix mètres : il dût faire demi-tour…
Mais, à cause de la chaleur, il avait fondu de moitié !
- « Ka-Wa-Ta ! Dépêches-toi de me libérer. L’heure avance et je sens ma chaleur qui augmente ! » s’écria le Soleil.
Ka-Wa-Ta fit un nouvel essai : il s’approcha jusqu’à deux mètres du Soleil mais la chaleur était si intense qu’il dût, à nouveau reculer !
Il fondit encore de moitié, de sorte que sa taille n’était plus qu’au quart de ce qu’elle était à l’origine !
- « Ka-Wa-Ta, Ka-Wa-Ta… La terre brûle : délivre-moi, vite ! »
Dix fois, vingt fois… Que dis-je ? Mille fois peut-être, Ka-Wa-Ta essaya de délivrer le Soleil.
Chaque fois sa taille fondait de moitié.
Et le Soleil restait prisonnier !

Rappelez-vous que Ka-Wa-Ta était un grand chasseur, très fort et aussi très courageux. Il n’eût jamais l’intention d’abandonner ! Alors, il s’aspergea d’eau et se couvrit d’un linge humide puis replongea dans la fournaise.
C’était épouvantable : il fondait à vue d’œil !
Et le Soleil restait prisonnier…
Ka-Wa-Ta se désespérait : il ne savait plus que faire… Fort et courageux, c’est entendu, mais maintenant de petite taille ! Et c’est alors qu’il eût l’idée de se protéger d’une pierre, d’un caillou…
La Montagne d’Arrée, toute proche, produisait déjà de magnifiques ardoises, larges, lourdes et épaisses, insensibles aux températures. Ka-Wa-Ta se choisit une ardoise très solide, très grande : si grande, si lourde qu’il fallait qu’il fût encore vraiment très fort pour la porter !
Ainsi protégé, il bondit une dernière fois vers le Soleil et, avec son couteau, parvint enfin à trancher la corde qui le retenait prisonnier…
Ka-Wa-Ta avait encore fondu de moitié mais le Soleil, enfin libre, s’élança dans le Ciel :
- « Merci Ka-Wa-Ta, s’écria le Soleil, tu es vraiment un très grand chasseur, le plus courageux que je connaisse !
Ka-Wa-Ta, épuisé, essoufflé, pût enfin se reposer : il dormi huit jours et huit nuits…

C’est de ce jour qu’il acquit la taille que nous lui connaissons aujourd’hui : lui qui était le plus grand, le plus fort de tous les animaux de la Terre, est devenu un animal ordinaire, chassé par le loup, par les chiens, par l’homme. Il est devenu craintif et il a bien raison car, sans cela, il y a longtemps qu’il aurait été mangé !

SergeD.
Atelier d’Ecriture de Henvic

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Commentaires

Pauvre Ka-Wa-Ta ! Mais il nous offre une très jolie histoire.
Ai je votre permission de la mettre sur l'un de mes blogs (ecriredeplaisir ou jubil-granny) en signalant votre atelier d'écriture ?

Ecrit par : helaine | 25 août 2009

Bonjour Helaine.
Bien sûr, vous pouvez reproduire autant que vous le voulez ce petit conte et...merci de signaler l'Atelier d'Ecriture de Henvic à vos amis.
Si vous souhaitez publier un ou des textes ici, vous serez la bienvenue (environ un millier de passage par mois!).
Peut-être à bientôt!
SergeD.

Ecrit par : SergeD. | 27 août 2009

Merci infiniment. J'ai été absente de chez moi un bon moment c'est pourquoi je ne vois votre réponse qu'aujourd'hui, mais c'est avec plaisir que je mettrai ce conte sur mon blog (ce sera d'abord ecriredeplaisir.canalblog.com, c'est celui sur lequel je publie contes, histoires et poèmes, même si j'indique aussi votre adresse sur jubil-granny) et que je signalerai votre atelier, c'est toujours très agréable de trouver des personnes qui partagent si joliment ce qui nous plaît. Bonne continuation et bonne journée

Ecrit par : helaine | 09 septembre 2009

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