30 mars 2009

MA GRAND’MERE AIMAIT BIEN LES OISEAUX... (thème:"Résistances")

1

Ca, pour un chouette réveillon, c’était un chouette réveillon: manquait que des filles! Les faire venir, c’était pas le problème, mais les faire sortir incognito le lendemain, c’était une autre paire de manche !
Parce que...On avait tous picolé comme des trous et au matin on était encore ronds comme des queues de pelle, beurrés comme des p’tits « LU »!

Et voila-t-il pas que deux jours après ces agapes, une grève éclate sur la Base Aérienne: les trouffions refusent d’aller au boulot. On aura tout vu!
Et vlan ! Le soir même, je suis arrêté par la Sécurité Militaire, enfermé avec quatre autres garçons dans les cages à « fell » de la B.R.C.S de Maison Carrée.
La trouille: oui !

2

L’interrogatoire par la DST, la nuit, transis de froid, avec, à côté, le « travailleur manuel » comme disait Martz (Avec un blaze pareil, comment ne pas avoir d’ennuis avec la DST?):
« Tu vois, si tu causes pas, le mec baraqué, là, c’est lui qui te travaille! »
La trouille, je vous dis!
On connaissait tous des histoires de « corvée de bois ».
Et l’ « affaire » Maurice Audin!
Et bien non: deux jours après, on nous donnait des couvertures (deux, s’il vous plait!) et on bouffait à volonté. Bon Dieu: des frites à s’en faire péter la sous-ventrière. Tout ce que les gars du Commando de la B.R.C.S laissaient!
La B.R.C.S ? C’est : «Brigade de Recherche et de Contre Sabotage», enfin un truc comme ça: d’habitude, ils travaillaient des « fellaghas ».
Tout le monde vous le dira: le ventre plein, la trouille se contrôle mieux !
L’angoisse quand même: personne ne savait ce qu’on était devenu, ni les copains, ni les familles.
Mouret écrivait chaque jour à sa fiancée et deux ou trois fois par semaine à ses parents: tout à coup, et pendant trois semaines, plus rien!
La maltraitance n’est pas seulement physique!
Et puis, chez le coiffeur de service, quand on a rencontré l’adjudant Bir, le tortionnaire du Camp disciplinaire d’à côté, on devait virer au vert:
« Ah, voilà les meneurs...J’ai déjà soixante de vos petits copains. Venez chez moi: je vous ai préparé un traitement spécial! »
Tu parles!
Mais il en a été pour ses frais, le Bir : on est resté peinards dans les cellules de la B.R.C.S, gardés par des harkis.
La Résistance?
Pas à l’interrogatoire, bien sûr, d’autant qu’aucun de nous n’avait quoi que ce soit à cacher!
On n’avait mené rien du tout. On ne se connaissait même pas !
« C’est l’occasion qui fait le larron »: c’est la prison qui nous a fait potes!

3

Oui, la Résistance...
Elle est venue toute seule.
Parce que, quand même, le moral en prenait un coup. Ressasser, c’est pas bon.
Un peu de gym, pour moi qui n’en fais jamais, le matin dans ma cellule qui puait l’urine, ça peut pas faire de mal!
Nous pouvions communiquer, alors nous nous sommes raconté des histoires drôles: un sacré paquet! L’un de nous s’est aperçu que le sous-off venait écouter tout ce qu’on disait. Alors là, c’était le déchaînement: les histoires les plus salées, les rires les plus « hénaurmes », parfois un peu gras!
Ah, c’est sûr, le sous-off en a appris pour son grade!
Malgré tout le moral des troupes baissait...
Et tout à coup, Marandat, le petit maçon, dans sa cellule au fond, a fait les présentations:
« Et maintenant, en exclusivité et pour la première fois en Algérie, nous vous présentons Dalida, avec, à son répertoire, une chanson inédite. Voici: Dalida! »
« Bonjour messieurs,
Bonjour messieurs,
Et bonjour messieurs... »

Elle était splendide, Dalida!
J’ai toujours pensé que la tenir dans les bras, la respirer, mettre les lèvres là, dans son cou, ce devait être un pur bonheur... Et elle était là! Les tôles des cellules fondaient, s’effondraient. Le soleil glacé de janvier pénétrait toute la scène.
Marandat poursuivait:
« Je vais vous chanter une toute nouvelle chanson, créée tout spécialement pour nos pioupious d’Algérie... La musique et les paroles sont de Marandat que je vous demande d’applaudir très fort. »
Et nous applaudîmes très fort, d’autant plus fort que l’autre petit con de sous-off écoutait peut-être derrière la porte!
Une autre chanson, nettement plus paillarde celle-ci, me traverse l’esprit:
C’est Thérèse qui rit quand on la b…
Souvaroff suce la p... au sous-off .
Pas le pot, Souvaroff…La vie n’est pas drôle tous les jours!
Et Dalida/Marandat continue:
« Cette chanson que je chante pour la première fois m’est très chère. Elle est dédiée à une personne qui a illuminé mon enfance... Voici pour vous: « Ma Grand’Mère »…

"Ma Grand’mère aimait bien les oiseaux,
"Les oiseaux aimaient bien ma Grand’mère,
"Les p’tits z’oiseaux,
"Les grands z’oiseaux
"Et les moyens z’oiseaux !


Nous reprîmes en choeur, morts de rire dans nos cellules!
Et c’est ainsi que nous entrâmes en Résistance, contre la dépression, la peur, l’angoisse.
Contre la connerie aussi!
Par la dérision.

SergeD.
Atelier d'Ecriture de Henvic

Publicite... (Acrostiches)

PUBLICITE: He oui, une fois n'est pas coutume!
Et puis il faut encourager ceux qui font des efforts pour le bien-être de leurs concitoyens!
Bravo et merci au SALON DU BIEN-ETRE qui nous a inspiré!


***

Luminothérapie
Energie vitale

Samuel
Arnaud
L’
Organisateur
Nous aidera t’il ? Il nous
Dénouera . Il
Utilisera

Bientôt il
Initiera une
Energie
Nouvelle
Et
Etablira un
Transfert vers un
Renouveau
Eclatant-Effarant- de l’élan- de l’émotion- de l’être entier
Lénaïc

*

Le 28 et 29 mars
En Saint Martin des Champs
Se tient
A l’espace du Roudour
Le salon du bien-être
Où en lien avec la
Nature, chacun
D’entre nous
Unis par la recherche du
Bonheur peut trouver
Immanquablement un certain art de vivre
Être heureux
Ne nécessite pas une recherche de l’absolu
En sachant goûter l’instant présent
Tout homme peut accéder à la
Réalisation de son
Etre.
Françoise LH

*

Les portes du temple de la relaxation s’ouvrent devant moi
Et aussitôt une douce musique m’invite à y pénétrer
Sur tous les murs, jusqu’au plafond, j’admire des tentures aux couleurs apaisantes
A ma grande surprise, il n’y a personne dans l’immense salle colorée
Le sol est couvert de tapis moelleux et de coussins de soie
On a même déposé sur une table basse japonaise des tasses et une théière encore fumante
Nullement apeurée de me retrouver seule, je me dirige vers une immense statue de Boudha
Du fond de la salle, elle domine majestueusement
Un coup d’œil derrière elle et j’aperçois une petite porte en bois
Buvant le thé que j’ai à la main, je m’en approche curieuse
Il me vient à l’esprit une petite phrase de ma grand-mère
Et je l’entends me dire d’un ton protecteur :
« N’y va pas, ne sais-tu pas que la curiosité est un vilain défaut ? »
En chassant d’un sourire ce souvenir, je tourne la poignée
Tout-à-coup la musique relaxante s’est arrêtée
Riant aux éclats, je découvre ce que cachait la petite porte
Entourée de ces animaux à la queue en tire-bouchon, je me souviens que c’est l’année du cochon en astrologie chinoise
Karine L.

Après vérification, non, c’est l’année du buffle, nous dirons que c’est une licence littéraire…

*

Le souci de son bien-être
Est nécessaire pour vivre
Sans stress
A l’âge nulle importance
Laissons le de côté
Osons être
Nous-même
Dans une vie simple avec
Une bonne santé
Bien conservée
Il faut la préserver
Et vivre
Naturellement
En pensant à demain
Tout en harmonie
Rions des choses de la vie
Et profitons en pleinement.
Ginette

*

Laissez vous aller
Et surtout détendez-vous
Sophrologie à tous les étages, détentes pour tous les
Ages
Liberté, libertinage
Onirique.
Nager,
Dormir
Ultra-violet
Bronzer en toute tranquillité
Interdit d’interdire
Ëtre soi, bien dans son corps.
Nu comme un bébé
Et vivre pleinement dans son
Temps. Et surtout ne
Rien regretter. Avec l’espoir de vivre
Eternellement..

Serge C.

*

Lundi, mardi, mercredi, jeudi
Et aussi vendredi !

Samedi, repos. Semaine
Anglaise, belge ou patagonaise
L’essentiel c’est d’être libre :
On fait les courses, les devoirs…
Ne pas trop insister !

Dimanche… Ce sera le salon,
Un salon original, remarquable

Bien venu en cette époque morose
Il se tient tout le week-end,
En l’espace du Roudour
Ne le manquez pas, vous en souffririez

Et le regretteriez ensuite.
Tiens ! Votre attention s’éveille ?
Retenez le salon du bien-être…
Et vlan ! C’est parti mon kiki !

SergeD.

Atelier d'Ecriture de Henvic (28mars 2009)










"JE ME SOUVIENS..." (sons)


Je me souviens de la musique de Chapi Chapo qui nous faisait débouler mon frère et moi devant la télévision.

Je me souviens du glouglou de la cafetière quand ma mère préparait le café dans la caravane.

Je me souviens des souvenirs de ma mamie, mille fois racontés et mille fois écoutés dans l’espoir d’un détail nouveau.

Je me souviens de la remarque de ma maîtresse de grande section : « Oh la vilaine… » J’avais tapé mon amie.

Je me souviens du « allô… » de ma mamie et du « Hallo » de mon père.

Je me souviens de la sonnerie du téléphone d’une amie quand il a sonné pour nous annoncer le décès d’un proche, encore aujourd’hui il me glacerait le sang.

Je me souviens de la chanson « Puisque tu pars » que je ne peux plus écouter sans pleurer.

Je me souviens de la voix de ma mère quand elle chante « Kous », des frissons dans tout mon corps.

Je me souviens des bruits étouffés dans les couloirs d’une école, la voix du maître, le silence des enfants studieux.

Je me souviens de l’appel du djembé avant de nous lancer dans la danse « Ké kélé ké ké lé ké ké »

Je me souviens des « bonne nuit ma câline » d’un duende mystérieux.

Je me souviens du silence feutré des salles d’examen, une toux, des stylos qui cliquent, des effaceurs frénétiques, des soupirs d’effort uniques.

Je me souviens du prof d’histoire, paix à son âme, qui disait « Dieu seul sait et encore Dieu, je ne sais pas… »

Je me souviens du bruit cristallin d’un ruisseau clair, apaisant…

Je me souviens du merle moqueur qui se manifeste dès que je sors de la voiture.

Je me souviens de la perruche anglaise qui se prenait pour le téléphone

Je me souviens des paroles espagnoles : « En casa siempre tengo la ultima palabra, como quieras carino ». « A la maison, j’ai toujours le dernier mot, comme tu veux ma chérie »

Je me souviens de la sonnerie du jeu des 1000F annonçant la fin de la réflexion.

Je me souviens de la voix du professeur de français : « C’est intéressant, on attend la suite… »

Lénaïc B.
Atelier d'Ecriture de Henvic


28 mars 2009

LA VIE, L'ESPOIR - 24 HEURES DE LA VIE D'UNE CHAISE

(Ré-édité pour les "nouveaux" lecteurs)

*

Non, c'est pas drôle... Pas de quoi rire.
J'en connais des qui ont toujours l'humour au coin des yeux! Enfin, façon de parler, car, dans notre métier, vaut mieux pas trop les ouvrir les yeux: ça peut-être considéré comme une malfaçon, une fragilité constitutionnelle.
"On n'est pas de bois"me dira-t-on! Mais si, justement, les yeux, c'est dans le bois...
Il faut dire que pour moi ça ne risque pas car on a utilisé, pour me bâtir, le meilleur acier tubulaire, "nickel-chrome" et c'est pas une expression figurée. Je le dis au sens propre, car c'est bien de cela qu'il s'agit: la propreté. Et rien de tel que l'acier au nickel-chrome pour être désinfecté sans inconvénient! Avec ça, je suis solide comme il n'y a pas deux, recouvert d'un skaï noir d'excellente qualité et posé sur deux grandes roues secondées par deux petites: je représente ce qui se fait de mieux dans le fauteuil roulant!

Mais tout ce baratin... C'est une manière de reculer, d'éviter de parler des choses sérieuses, justement: parce que, on peut n'être qu'une quelconque machine, ça n'empêche pas de ressentir quelque chose quand on fait son travail consciencieusement. Sachez-le, je rencontre des misères insoutenables, des souffrances abominables... Dans les salles d'attente des Hôpitaux, avec les collègues, on plaisante sur nos clients, on rit, mais c'est pour ne pas pleurer (d'autant plus que, sans yeux, on ne peut le faire correctement!)

J'ai connu des situations bien plus dramatiques que celle à laquelle je suis confronté en ce moment, des situations sans issue, si ce n'est la fin des souffrances dans le repos que procure la mort: des situations telles qu'on culpabilise de ne pas pouvoir partager la souffrance! Et il m'est arrivé d'espérer voir mes roues se gripper, mes tubes rouiller et se désagréger, mais, n'est-ce pas: nickel-chrome...Ca rouille même pas!

Mon client, depuis dix-huit mois, c'est Bernard ( Bernard-Antoine est son vrai prénom). Il a vingt six ans... Il était militaire quand ça lui est arrivé: une chute de cinq mètres. Il est resté par terre mais le Sergent-Chef l'a fait se relever, du moins l'a fait relever par ses camarades ( comme on relève quelqu'un de sa garde!).
Résultat de sa fracture vertébrale: paraplégie à vie!
J'ai su son désespoir, la fin de ses espérances, son désir de mourir: il était sportif et ça, c'était fini!
Vous savez: quand on fréquente des handicapés, on en apprend des choses! J'ai parlé de Bernard, qui me faisait tant de peine, avec un collègue rencontré à l'Hôpital, au Centre de Rééducation: il a réussi à me repasser une revue sur les Sports d'Handicapés et moi, exprès, je l'ai simplement laissée sur le coussin en skaï.
Bernard s'est plongé dedans, toute la soirée. Le lendemain il téléphonait et le jour même quelqu'un est venu et nous sommes allés à la piscine!
Cet été, Bernard a fait de la Plongée: pas dans un Centre pour Handicapés, non... Avec des gens qui ont l'usage de leurs quatre membres!
C'est vrai, je ne le quittais que lorsqu'il était dans l'eau. Moi, évidemment, je restais sur le bateau, mais je pouvais le voir: ses deux pieds liés entre eux, plombés, il nageait en profondeur avec ses bras. On aurait dit un vrai poisson, ou plutôt...une sirène: oui, c'est celà, une sirène!
Il s'est fait de nouveaux copains.
Et pas seulement des copains!
Bientôt, en mai, avant de retourner au Centre de Plongée, il se marie avec Maryse.
C'est fini, la misère pour lui: il a retrouvé depuis longtemps les joies -et les peines- d'une vie "normale".
Ah, oui...
Il voulait être un Professionnel du Sport ?
Il sera Architecte!

SergeD.
Atelier d'Ecriture de Henvic

26 mars 2009

LES PRES MOUILLES

(Ré-édité à l'attention des nouveaux lecteurs)

VOL SPECIAL SOLARIS-MARS – 2014/03/19
(Journal de bord –extraits )

19 mars 2014 - 18 heures ( heure solaire) :

(Ordinateur « Mayor », Chef de bord par intérim. Programmé par le Centre Spatial : Départ de la station orbital de Solaris à 16 heures – heure solaire. Vaisseau dématérialisé dans l’Espace-Temps. Equipage sous sommeil hypnotique profond en application des recommandations du Centre Spatial. Tout va bien – R.A.S – Terminé)

20 mars 2014 - 07 heures :

- Commandant de bord Y. Guivard. « Mayor » nous a réveillé alors que le vaisseau se rematérialisait. Nous ne sommes plus bien loin de la Planète Rouge. Je reprends le contrôle en vol normal. Tout va bien : R.A.S – Terminé.

« C’est marrant : quand j’étais gosse, je savais repérer MARS parmi les planètes qui tournent autour du soleil. Une phrase mnémotechnique saugrenue : « Messire vous travaillez mal. Possible, je suis un novice ». « Messire », pour Mercure ; « vous », Vénus ; « travaillez », la Terre ; etc.
Mais le con qui a pondu cette idée géniale et l’a imprimée dans un livre et dans ma mémoire, s’est complètement gouré en situant Pluton en cinquième position ! Comme quoi les aberrations humaines, c’est ce qui reste quand on a tout oublié ! »


20 mars 2014 - 11 heures 35.

- Nous amorçons la descente sur Mars. Météo favorable. Quelques turbulences électro-magnétiques sans incidence sur le vaisseau. Celui-ci sera immobilisé pendant quarante-huit heures pour contrôle systématique et régénération du système de thermo-régulation à plasma. Je confie le vaisseau à « Mayor » qui est relié à l’Ordinateur Central de la Base. R.A.S – Terminé.

« Les turbulences électro-magnétiques…En fait, elles créent de superbes « aurores boréales ». Ces phénomènes naturels attirent chaque année toujours davantage de touristes.
« Nous allons retrouver les autres à la Base et enfin avoir un repas convenable…
« Mars, c’est chouette ! Le mois de mars, je veux dire... Chez moi, en Bretagne, les prés mouillés sont couverts de jonquilles, toutes écloses, toutes fraîches... Justement, c’est aujourd’hui le printemps !
« Un soir, il y a longtemps, avec Malou, nous sommes allés dans les prés, vers la rivière. Et des jonquilles, nous en avons cueilli plein ! Malou riait, heureuse… Elle était heureuse de cueillir toutes ces fleurs ! Et moi, j’étais heureux de l’entendre rire, de la voir comme une gosse avec ce gros bouquet qui croulait de partout comme un torrent de soleil…
Ce souvenir…
De ma vie je n’ai jamais rien connu de si beau et de si émouvant !"


20 mars 2014 - 13 heures 28.

- Mission accomplie. Vol sans histoire : Tout s’est déroulé selon le programme du Centre Spatial. R.A.S. Terminé.

SergeD.
"RIVES ET RIVAGES"- Contes et Nouvelles

L’HOMME GRIS

*

« Acquérir un savoir, c’est apprendre ce que l’on ne veut pas »

Guillaumé est cet horrible petit homme gris qui n’en finit pas de s’estomper dans ma mémoire. Il n’est pas vieux. Il n’a pas d’âge : la méchanceté n’a pas d’âge.
Ainsi, il aura traversé, sans une ride, un demi - siècle !
Il était gris de partout : sa blouse, bien sûr, uniformément froissée, habit qui, s’il ne fait pas le moine, fait le moniteur d’atelier. Son regard devait être gris aussi, distillé par des petits yeux méchants, cruels. Ses cheveux grisonnants, poivre et sel, dégarnis sur le sommet, abondants et frisés sur les tempes. Ses espadrilles elles aussi étaient grises !
Enfin, quoi, gris de partout : une ombre grise.
Sa bouche, petite, lippue, n’apportait jamais aucun réconfort. Elle était, de plus, desservie par un menton de petite taille (on dit rétrognathe !) et deux boules de joues haut perchées : les pommettes envahissant presque ses orbites, ce qui donnait à son regard un aspect constamment inquisiteur, méfiant : il voyait tout !
Il était assisté d’un grand canard d’assistant dont j’ai perdu le nom et que nous appellerons Duduche.
Duduche , long, maigre, au cou décharné, portait, lui, une blouse blanche constamment maculée. Il travaillait essentiellement avec les deux mains dans les poches, le regard absent : il ne nous emmerdait pas vraiment.
Un jour, un élève facétieux lève la main, montrant de son index quelque chose par la fenêtre : « Oh, m’sieur, regardez: une péniche ! »
Et l’autre échalas, portant son regard vers le point désigné : « Où ça ? ».
Mais revenons plutôt au sieur Guillaumé, notre moniteur d’atelier. La plaisanterie ne s’adressait pas à lui : les plaisanteries ne s’adressaient jamais à lui !
J’avais quatorze ans et je commençais un apprentissage d’ajusteur : des heures de limage à la con... jusqu'à ce que la face limée soit parfaitement plane et perpendiculaire. Tellement de limaille que je la récupérais dans un petit sac de toile pour mes avancées pyrotechniques : mélangées au soufre et l’acide chlorhydrique, elle devait provoquer, dans le sable, de mini - volcans.
Lagoutte avait quatorze ans lui aussi. C’était un garçon tranquille, gentil, timide et craintif. Il était relativement de petite taille. Joufflu, ses pommettes étaient criblées de tâches de rousseur et le sommet de sa tête ornée d’une magnifique chevelure flamboyante. Il n’aurait jamais été capable de faire la moindre méchanceté à un quelconque camarade et, quand on l’embêtait, il s’esquivait ou pleurait doucement, sans faire de bruit.
Je l’aimais bien, moi, Lagoutte, et nous étions assez potes, surtout que son établi jouxtait le mien.
Pour être honnête, il faut reconnaître que Duduche ne l’emmerdait pas ou alors sur ordre de l’autre enflure. Parce que l’autre, l’enfoiré, le Guillaumé tout gris, tout méchant, avait pris Lagoutte comme tête de turc : il se plaisait à lui faire des remontrances, le dénigrait, se moquait franchement de lui tout en l’assourdissant de reproches... et pendant ce temps Lagoutte pleurait silencieusement, tête baissée, sa grosse lime bâtarde tombant au bout de son bras.
Je ne suis jamais intervenu : je regardais et je haïssais cet homme gris, ce Guillaumé.
Nous n’avions que quatorze ans. Lagoutte est sorti de ma vie. Je ne sais pas ce qu’il est devenu, mais ma mémoire garde, intacte, son attitude de petit gars victime qui pleure en silence devant cette merde vainqueur !
Eh, me direz-vous, il y en a mille et mille de vos Lagoutte : ce sont les inévitables perdants !
Oui, évidemment.
Mais peut - être pas.
Peut - être que tous les Lagoutte doivent se donner la main et pêter la gueule de tous les Guillaumé et que nous devons les y aider, enfin... moi, oui ! : le monde serait plus joli !
Cependant, à la réflexion, non il ne faut pas cela. Il faut... je ne sais pas bien encore, mais bon !
Et moi dans tout ça ?
Moi, j’ai compris, grâce à ce gros con de Guillaumé - le diable ait son âme grise - j’ai compris que si je ne voulais pas être emmerdé par ce genre de type, bafoué, avalé, méprisé, alors il fallait que je prenne en main mon avenir, que je sache d’abord ce que j’avais envie de faire et qu’ensuite je me donne les moyens de le réaliser.
J’ai obtenu de mon père de repasser le concours loupé l’année d’avant et de changer d’école. Alors Guillaumé, la merde vindicative, est sorti de mon horizon, définitivement, et j’ai poursuivi mon chemin.
En quelque sorte, lui, le Professeur Gris m’a permis, en découvrant ce que je ne voulais pas, de commencer ma quête pour apprendre ce que je voulais.
Merci, Salut et Bon vent !

SergeD.
Atelier d’Ecriture Télérama-2001



LES FAISEURS DE JOIE

(ré-édition...)
Drôle de rêve!
Je me retrouvai de l'autre côté, enfin… dans un autre monde, un monde parallèle, si vous préférez !
Celui d’après la vie ? Ca, je n’en sais rien !
Ce que je sais, c’est qu’il n’y avait pas le paradis d'un côté et l'enfer de l'autre, mais plutôt, en fait, ce que j’attendais : oui, c’est cela, ce que j’attendais !
Angoissant ? Ben non, pas vraiment…
J'ai croisé des ombres: impression d'y reconnaître des silhouettes connues qui hantent mon passé et puis, tout à coup, devant moi, le vil grand vizir, IZNOGOUD. Vous savez, celui qui veut devenir calife à la place du calife! Il évoque pour moi quelqu'un que j'aurais vu ailleurs, il n'y a pas si longtemps, mais non, j'ai du me tromper: CA NE PEUT PAS être LUI!
Tiens, ça se passait déjà à BAGDAD!
M'a-t-il fait rire l'abominable IZNOGOUD: il est là, vivant, un peu inquiétant, mais j'aperçois derrière les faces hilares de TABARY et de GOSCINNY.
Incroyable: quand je raconterai cela, personne ne me croira! IZNOGOUD vivant et les deux rigolards !
Une silhouette massive, que je prends d'abord pour mon copain Nounours, mais non: c'est OBELIX, enrobé, accompagné de son petit copain rabougri, ASTERIX.
Et derrière, les deux marionnettistes, UDERZO et GOSCINNY, encore lui!
A savoir qui se tord le plus de rire de ces deux-là ou d'ASTERIX!
Moi, de rencontrer tous ces personnages, ça commence à me dérider sérieux!
Ah, là, les petits monstres habillés d'un tissu rayé... Mais oui: les DALTONS! Et derrière eux, LUCKY LUKE, le cow-boy qui "tire plus vite que son ombre"! Il porte JOLLY JUMPER, son cheval qui rigole, qui rigole. Je vais vous dire: un cheval qui rigole comme ça, c'est contagieux! C'est peut-être pour ça que les deux, là derrière, sont pliés en deux. Moi aussi: je me bidonne franchement maintenant.
Et oui, vous l'aviez deviné: Les deux pliés de rire, contents d'eux, ce sont MORRIS et toujours GOSCINNY!
C'est encore GASTON... Oui: GASTON LAGAFFE, avec
LONGTARIN et DEMESMAEKER! FRANQUIN derrière est sérieux. Ses personnages sont trop marrants: pas la peine que lui en rajoute. Mais dans ses yeux qui se posent sur moi, je reconnais de la joie et du bonheur qu'il distribue sans compter.
C'est vrai, j'en atteste: plus on donne de la joie et du bonheur, plus on en est riche!
J'ai reçu ma dose, ma surdose. Je hocquète de rire, tellement, tellement... que je me réveille dans un éclat de rire.
Ce qui n'est pas sans inquiéter ma compagne, réveillée elle aussi, qui s'interroge sur l'intégrité de ma santé mentale!
J'explique mon rêve: les personnages devenus vivants...
« GOSCINNY ? Dis-donc, il est mort depuis longtemps déjà! » me dit-elle.
« Ma pauvre amie: il n'est pas mort puisque je l'ai rencontré à plusieurs reprises, là-bas, de l'autre côté! Même qu'il m'a fait de petits signes d'amitié ! »
« Je comprends, me dit-elle, c'est bien. Parce que, tu sais, tu n'es pas drôle tous les jours! Et là, c'est bon de te voir tout souriant dès le matin..."
Elle me sidère, la femme de ma vie, elle m'étonne dès le matin: c'est pas beau ça?
Je caresse ses cheveux, son épaule. Je respire son cou: j'aime son odeur, toujours.
Je sens la vie qui monte en moi...
Les brumes de la nuit se dissipent mais les personnages rencontrés restent présents à ma mémoire.
Je le lui dis alors que mes lèvres caressent son oreille :
« C'est que, me dit-elle encore, les vivants et les morts... Leur réalité dépend de ce que nous les portons en nous. C’est l’oubli qui les fait vraiment disparaître ! »

SergeD.
Atelier d'Ecriture de Henvic

LE CUL DE LA DAME


"24 heures de la vie d'une chaise"
(pour les nouveaux lecteur qui n'ont pu le lire!)

*

Ah! Drôle la réflexions du gamin... Il regarde le poster de la jolie dame extraite de Play-Boy, avec de jolies rondeurs de partout, et, la montrant du doigt, il s'écrit:
"Le cul de tata Jeannette!"
Sa mère affolée le reprend:
"Tu ne dois pas dire ça!"
Et lui, bien haut, que tout le monde entende:
"Le cul de la Dame!"

Oui, et bien moi, je suis pour!
Pour le recevoir le Cul de la Dame. Mais manque de pot - c'est le cas de le dire- elle est en réalité mince comme une feuille de magazine qu'elle est et punaisée au mur, par dessus le marché! Tant pis...
C'est vrai ça! Etre chaise, c'est pas une sinécure: faut pas croire... Evidemment, si c'était chaque fois des jolies rondeurs, de douces étoffes qui nous caressaient, qui nous réchauffaient, des parfums délicats... Je ne dis pas: ça serait vivable et même plutôt agréable! Mais c'est pas souvent le cas.

La nuit est passée... Je m'éveille brutalement à cause du bruit: mes compagnes sont bousculées, l'une d'elle est renversée: croyez-vous qu'on l'aiderait à se remettre debout? Que dalle, oui! Y'a plus de respect!

Oh non... Non, c'est pas vrai: c'est pas moi qu'elle va encore choisir pour s'asseoir, l'Eliane. Je vais finir par craquer moi aussi, mais pas dans le sens où celà me serait agréable! Les cent vingt cinq kilos bien tassés d'Eliane, ça fait craquer...D'autres que moi ont connu ce mauvais sort, allez!
Quelle mouise! Pourtant, il y en a des jolis petits culs mais non, moi c'est celui d'Eliane que je vais encore me farcir.
C'est vrai, quoi! On n'est pas marié, quand même...

Bon, la matinée se tire. M'en suis pas trop mal tirée moi non plus. Ouf, repos!
Faut être prête pour le repas. Ca va, je tiendrai le coup... Tiens, c'est le Totoche qui se ramène: oh là là! Qu'est-ce qu'il pue des pieds... Avec ses savattes, là, ses espadrilles où il range ses pieds nus! Parole: y doit pas se les laver souvent, les panards!
Mais c'est pas vrai! Le voilà qui pose un pied sur moi, nu son pied qui pue! Et il commence à se nettoyer entre les orteils! Je suis pas mijorée, hein, mais là, c'est franchement dégueulasse!
Enfin: il se taille, j'aime mieux ça!
C'est Claudine maintenant, la copine d'Eliane... Nettement plus canon la nana: moi j'aime bien. Elle doit être pressée: elle tient un sandwich en main... Aïe, aïe, aïe... Elle a posé son sandwich sur moi! Là où l'autre dégoûtant a posé ses pieds... Et moi, je ne peux rien lui dire à la mignonne!
C'est pas juste, c'est à vous dégoûter de faire honnêtement ce métier!

Non, vraiment, je ne suis pas satisfaite de ma vie! D'abord, c'est pas une chaise que je voulais être, mais un petit banc réservé aux enfants, pour jouer avec eux, les soutenir, être leur compagnon...Hélas, mes parents en ont décidé autrement!
Et alors, en plus, si l'autre "mahousse" me les brise, les barreaux, je sais comment ça va finir pour moi: là-bas dans la Cour, quand on fait le nettoyage de printemps, comme mon copain le Petit Sapin...

Il était plutôt sympa celui-là, avec des rêves plein la tête - euh... je voulais dire la cime!
Tellement de rêves que pour un peu il aurait réussi à nous les faire partager: il en était touchant. Les guirlandes, les bougies, les boules multicolores, qui l'avaient allumé de mille feux, lui avaient un peu tourné la tête. Il se voyait déjà devenu une star, un peu comme les jeunes de la télé!
Ah bien oui! Après la fête, ça été la défaite: ils l'ont rangé au grenier, tout simplement.
Abandonné, ils l'ont tout bonnement abandonné: ils ont profité de lui quand il était paré pour la Fête et après, fini: au rencard!
Au printemps ils l'ont ressorti...
Lui, il croyait ferme à sa délivrance, à une nouvelle chance, une nouvelle fête où il pourrait à nouveau briller!
Ben tiens: Le nettoyage de printemps, oui!

Ils l'ont mis au milieu de la cour, ont ajouté un peu de papier. Ils ont craqué une allumette...
Et puis ils l'ont brûlé!

On a beau dire: la vie, c'est pas toujours ce qu'on a souhaité!

La journée est finie.
Je pense au gamin: "Le cul de la Dame"!
Ah, ah, ce qu'il était drôle!
Je vais faire comme lui: "Le cul de la dame...Le cul de la dame"
Je sens le sommeil venir, je dors ...Oui, oui:" Le cul de la Dame... Ah, ah, ah!"
Au moins, on peut toujours rêver!

SergeD.
Atelier d'Ecriture de Henvic

23 mars 2009

LES ROSES BLANCHES.

Maman chantait.
Dans la pauvreté, dans la misère, la détresse totale et le désarroi, maman chantait !
Pas seulement les « Roses Blanches » mais aussi « Ramona », « Frou-Frou »…
La bonne idée de Dédé, son mari, c’est de dégringoler du haut de l’échelle, l’hiver 1941, et d’être définitivement estropié, amputé de tous ses désirs, ses espoirs. Il aimait le foot : terminé !
Il avait trente sept ans.
Pas de télé pour se consoler, pas même de radio. Jamais une plainte : papa, je ne l’ai jamais entendu se plaindre. Il assumait, dans son lit quand il n’était pas à l’hôpital. Il portait sur chaque chose son regard bleu que d’aucuns et moi-même, croyaient d’acier, de froideur, de dureté. « Ton père, disait la cousine, il m’intimide… »
Ca n’était pas l’acier que reflétait son regard mais le ciel avec l’espoir, le courage quotidien, l’amour qui a la pudeur du silence !
C’est qu’il y croyait, lui, l’estropié, il croyait en un monde meilleur. Il savait que la guerre finirait ! En attendant, il apprenait l’allemand…
Il faut dire que ceux d’en face, les Allemands de la Kommandantur, ne nous effrayaient pas : nous allions jouer dans le parc. Beaucoup avaient laissé une femme et des enfants en Allemagne, pour faire cette guerre imposée, qui n’était pas davantage la leur qu’elle n’était la nôtre.
Moi, je connaissais « Si-Midi » comme on l’avait surnommé. Il était le cuisinier qui, parfois, m’appelait, me faisait manger puis, discrètement, me donnait une gamelle pleine pour mes parents…
Oui, il possédait l’espoir, papa. L’espoir et le courage.
Maçon, carreleur… Il apprit à écrire bien, d’une écriture ciselée, et à se familiariser avec les arcanes et méandres d’un futur travail administratif. Ne plus faire de fautes !
Il connaissait son métier, il était apprécié mais les années d’école n’avaient jamais été bien nombreuses. Il étudiait, il travaillait ses cours de l’Ecole Universelle dans son lit.
Et il espérait, pour ses enfants : leur donner la chance qu’il n’avait pas eu bien longtemps.
Et maman chantait. Elle me le confia plus tard : c’est ainsi qu’elle trompait sa faim !
Et aussi l’absence de sorties, le ménage toujours à reprendre, les repas : accommoder les topinambours et, pour changer, les rutabagas, pour ne pas décourager tous ces ventres.
Et puis la lessive : des journées entières à frotter, tordre et encore frotter… Une vie qui paraissait tracée pour jusque la fin des temps !
Alors elle chantait, elle faisait naître et renaître l’espoir trop tôt disparu.
Pour être juste : ma tante, ma petite tante, aidait : c’était sa petite sœur. Par le passé, c’est elle qui s’en occupait quand leur mère devait travailler aux champs : sarcler inlassablement des hectares de betteraves. Alors, elle continuait !
(A suivre...)

SergeD. « Famille, je vous aime ! » (Inédit)

L’ACCIDENT DU CIRQUE DIVARIUS (catégorie Enfant)

***
Un samedi matin, par une journée ensoleillée, le cirque DIVARIUS fait sa tournée. Il va à Marseille. Une centaine de personnes viennent voir le spectacle, dont la famille PIERRE-BEL, des gens très bien élevés qui, pour une fois se rassemblent.
Le patron présente le spectacle dont le premier numéro est Marc KLER, l’habile jongleur. Le deuxième numéro est « Léon et les lions » et encore de quelconques numéros. Marc KLER entre en scène, entouré d’applaudissements. Il fait son numéro : tout se passe bien. Ensuite, LEON, en compagnie de ses lions, entre sur scène. Mais cette fois-ci il n’y a que la famille PIERRE-BEL qui applaudit, car les autres spectateurs restent muets de peur puisque les lions grognent de tous côtés. Le numéro commence et LEON se fait mordre par le plus sage des lions. La foule se sauve, terrifiée. Il ne reste plus que la famille PIERRE-BEL et quelques personnes qui appellent le médecin. LEON est emmené à l’hôpital.
Le soir, la famille PIERRE-BEL mange, mais plusieurs personnes sont reparties chez elles. Une demi-heure après avoir mangé, ils parlent du terrible accident qui s’est passé.
Monsieur Jean PIERRE-BEL, celui qui a invité toutes les autres personnes, s’exclame :
- « J’ai remarqué que LEON avait battu le lion avant que ça ne se passe ! »
- « Mais non, tu as mal vu ! Le lion était trop excité » rectifie sa femme.
- « Il faut que vous portiez des lunettes, le lion n’a rien fait de cela. C’était le monsieur LEON, parait-il, qui l’avait drogué avant » chuchote madame BLAIMERE qui ne veut pas réveiller son fils et sa fille qui dorment .
- « Vous ne comprenez rien…Un autre lion lui a mordu l’oreille gauche, cré d’un nom , alors lui, il s’est vengé sur LEON ! » riposte Jules qui s’intéresse beaucoup plus à son champ.
- « Qu’est-ce que vous racontez encore ? » demande la grand’mère Julie.
- « Ils bavardent sur l’accident de ce matin » répond madame DINABELLA ;
- « Je ne suis pas d’accord avec vous, je crois plutôt que c’est le patron qui est responsable » continue monsieur BLAIMERE qui commence à s’intéresser au fait !
Quelques instants après la dispute – car ils se sont disputés à cause de l’incident ! – tout le monde pensant à sa façon, ils boivent à la santé de LEON et tout est bien qui finit bien : LEON sort de l’hôpital, va faire un autre numéro dans une autre ville et le lion redevient le plus sage des lions.

(Olivia – 11 ans, classe de 6ième)
Atelier d'Ecriture de Henvic

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