29 avril 2009

Susan BOYLE !

 *

http://www.youtube.com/watch?v=XN960XsvySw

 

Une étonnante découverte…

Peut-être avez-vous vu cette émission ? Un concours de chansons (en Angleterre je crois !) : C’est Corsaire qui m’en a parlé…

Une personne, une femme se présente devant le Jury interloqué, incrédule.

Que vient-elle donc chercher ici ?

Elle est attifée, « faut voir comme », habillée « comme l’As de pique » et parait sûre d’elle, par-dessus le marché, souriante, presque envahissante…

Elle va se faire « jeter », ça c’est sûr !

Et puis, elle ouvre la bouche,

Elle chante…

Et l’incroyable miracle s’accomplit ; la Beauté sort de ses lèvres !

Elle n’est pas visuelle, la Beauté, mais auditive : on la voit en l’écoutant !

 

Et c’est ainsi que le thème de « La Beauté » fut retenu tout naturellement dans notre réflexion, à l’Atelier d’Ecriture…

Auquel vous êtes convié à participer en nous rejoignant sur Internet !

 

SergeD.

Atelier d’Ecriture de Henvic

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

IL ETAIT UNE FOIS…LA BEAUTE !

*

            Il était une fois un splendide vaisseau, grand, tout beau, tout blanc, « fin comme l’oiseau ». Il voguait, majestueux, sur les eaux azur de la Baltique. C’était un bel été et le froid des profondeurs n’altérait en rien la belle humeur des passagers.

            Ceux-ci, gens de qualité, représentaient ce qui se fait de mieux dans le monde des arts, du spectacle et des sports. Personne n’était là en peine de se distraire car chacun avait l’agréable talent de savoir vivre le plaisir de l’instant, vacances paisibles, bonheur tranquille !

            Les soirées à bord n’étaient que musique, chants et rires, d’autant que les jolies filles qui représentaient le monde de la Mode étaient, elles aussi, en un temps de détente qui les rendait encore plus remarquables !

            Plus que la Mode de Paris, elles représentaient la « Beauté », multiple, variée, indéfinissable. Habituellement insaisissable également !

Les circonstances exceptionnelles de cette rencontre donnaient l’impression que tout était possible, sinon sur cette terre, du moins sur ce navire et paraissait devoir donner une image parfaite de ce que peut être le Bonheur.

 

Corentin en était là de ses réflexions enchantées. Il regardait, écoutait, admirait : pour rien au monde il n’aurait donné sa place au roi qui, de toute façon, «n’était pas son cousin » !

Comment approcher ces belles quand on est un tout jeune homme ne représentant ici, tout au plus, que la Jeunesse ?

La photographie ? L’une de ces reines de Beauté souhaita se l’attacher comme photographe : c'est-à-dire, en somme, à son service, comme serviteur ! Tel n’était pas son intention et, bien poliment, il déclina l’offre charmante…

Ah, si ç’avait été cette autre Princesse, si suave, si charmante, tout en blondeur, encore juvénile : Princesse de la Beauté et de la Jeunesse, c’est pas rien ! Il se trouva que ce jour de juillet fut aussi la fête de la Blonde Princesse. Corentin le lui souhaita, tout simplement, avec sa jeunesse et son sourire. La Belle en fut touchée, émue et… l’émotion, ça se partage, n’est-il pas vrai ?

Seulement la Romance « ne dura que ce que durent les roses, l’espace d’un instant ! » La Belle n’avait rien de plus à dire que ce que son minois disait déjà à chacun :

 « Je suis belle, dîtes-le moi, aimez-moi, admirez-moi ! »

C’est ainsi que l’on aime les étoiles…

 

*

 

Peu de temps après, Corentin rencontra Lucie…

Jeune fille parmi les jeunes filles, elle n’était pas le moins du monde remarquable et passait totalement inaperçue. Jolie ou moche ? La question ne se posait pas en ces termes ! Existait-elle dans une foule ? Pas le moins du monde…Dans un groupe, dans une rencontre plus familière ? Pas davantage : elle passait i-n-a-p-e-r-c-u-e, pour tout dire transparente, sans saveur, sans couleur, presque grise, jusqu’à…

Jusqu’à ce qu’elle vous parle !

Et en quelques mots, quelques phrases tout au plus, vous ne remarquiez plus qu’elle : sa bouche n’égrenait pas des paroles mais des perles, ça n’étaient pas des mots qui s’échappaient de ses lèvres mais des pierres précieuses : grenats, turquoises, rubis, saphir et autres émeraudes Un flot continu de Merveilles !

Ne croyez pas qu’elle vous envahît de son verbiage : pas le moins du monde. C’était une fille réservée qui n’ouvrait la bouche que pour rire ou dire ce qu’elle avait à dire et s’exprimant toujours avec le respect de chacun, avec humour et amour, avec tendresse.

C'est-à-dire comme un être humain doit s’adresser à un autre être humain !

En accord avec vous ou tout au contraire, c’était la même chose : vous vous sentiez enveloppé dans une aura magique qui vous faisait découvrir que, tout à coup, vous étiez une Personne !

Et c’est bien de cela qu’il s’agit car, pour elle, chacun était « unique et inespéré » : elle vous le disait, vous l’écoutiez, l’entendiez, le compreniez et rien ne pouvait plus être ensuite comme par le passé !

En prime, bien sûr, son sourire : la plus belle découverte qui se puisse imaginer pour définir à la perfection l’existence de l’être humain que vous êtes!

 

*

 

Corentin ne fut jamais amoureux de Lucile…

La séduction n’était pas ce que cherchait la jeune fille et le grand A de l’Amitié, n’est pas nécessairement le même que celui de l’Amour…

 

            Regardez autour de vous… Regardez, cherchez dans votre mémoire…

            Vous aussi croisez ou avez croisé la Princesse de la Beauté et de la Jeunesse mais également Lucile : chaque rencontre est une découverte inattendue, inestimable !

            La Beauté, à moins d’être sourd et aveugle, se présente à nous au moment le plus inattendu.

Et elle nous dit:

"Il dépend de celui qui passe

"que je parle ou me taise (*),

            "Ami, ferme les yeux afin de me mieux regarder"

 

SergeD.

Atelier d’Ecriture de Henvic

 

(*) Paul Valéry

 

 

24 avril 2009

LE RAYON VERT ( La Beauté)

*
Le soir maintenant s’annonce, extraordinaire, avec toutes les teintes du ciel et de la mer confondues. L’atmosphère marine dépourvue de toute brume est pure et lumineuse! L’horizon s’embrase sous la poussée du soleil qui s’en empare.
On dirait que celui-ci se prépare à une vie nocturne, charnelle et passionnée, repoussant l’azur pour envahir de feu et de pourpre la ligne improbable qui, là-bas, sépare le ciel et la mer.
Les couleurs changeantes, sublimes, semblent envahir l’univers ! Le disque solaire, immense, le domine. Déjà, les dunes reçoivent les prémisses de la nuit et un sentiment de paix envahit la fin du jour.
C’est aussi l’attente, car ce qui est fantastique, c’est justement la démesure terrestre que prend le disque solaire qui, maintenant énorme, palpite, vivant… Il descend dans la mer, il entre dans le ventre de la mer, avec la douceur d’un amant heureux. Et elle s’offre, la mer, comme une femme amoureuse ! Ses reins se creusent pour recevoir la chaleur de son astre amoureux, comme pour mieux se donner et pour mieux recevoir, accueillir sa chaleur vivante, recueillir sa semence ! La nuit envahissante, paisible, semble n’être que l’écho de leur plaisir, de leurs soupirs d’extase et la senteur des algues, peu à peu, fait place aux parfums de l’amour ! Sur la plage, les vagues, alanguies, semblent venir s’y étendre afin d’humecter le sable d’une rosée d’amour.
C’est irréel et la beauté de l’instant est insoutenable !
Les derniers feux de l’horizon flamboyant semblent devoir s’éteindre dans l’intimité de la nuit quand, tout à coup, un dernier rayon s’échappe de l’étreinte cosmique, un rayon vert, instantané, fulgurant, qui transperçe les limbes débutantes de la nuit et, aussitôt, disparaît.
Alors, peu à peu, les millions d’étoiles du plaisir s’échappent et s’envolent vers le ciel.

Anonyme
Atelier d’Ecriture de Henvic




21 avril 2009

SEPT PERSONNAGES EN QUETE D’UN REVE

*
Il était une fois dans le calme d’une grande salle aux murs garnis d’une multitude de livres, sept personnages, autant dire sept mercenaires, sept pénitents, en quête d’une idée, d’un rêve.
Silencieux, consciencieux, ils s’activaient, immobiles, à noircir leur feuille blanche…
Penché sur elle, s’accrochant au stylo, l’inquiet souffre en silence.
Le mutin qui paraît prendre quelque distance, marque, semble-t-il, sa maîtrise du jeu !
Et celui, distrait qui suit des yeux les arabesques d’une abeille, écoute le chant joli du pinson, gratte une tâche sur la table…
Ou encore le déçu, mécontent, persuadé de ne pas maîtriser le sujet !
Ceux-là aussi souffrent en leur âme. Simplement la souffrance s’exprime avec quelques différences chez chacun !
C’est un texte qui va naître, pour le plaisir, pour le partage, pour être dit et entendu.
Alors le sourire, la conscience retrouvée de créer quelque chose, de faire germer et naître une idée, un rêve, dans la souffrance parfois, souvent.
-La douleur de l’enfantement en somme !
-La douleur de l’enfantement dîtes-vous ? C’est un peu fort, cependant, oui, c’est un peu ça ! Et avec elle l’émergence d’un grand bonheur !

SergeD. (18 avril 2009)
Atelier d’Ecriture de Henvic

19 avril 2009

Une naissance si peu attendue (L’écriture automatique)

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S’endormir…
Voir la palissade de ciment qui borde les rails, l’escalader, se retrouver juste au centre d’entrecroisements complexes où passent des trains. Peur ? Oui : s’envoler, s’élever dans les airs pour fuir le danger. Se retrouver dans un lit tout blanc, de lin et de dentelles…

"Astram, gram, pique et pique et colégram, bourre et bourre et ratatam… Une poule sur un mur, qui picorait du pain dur… "
Parce que c’est Pâques ?
Non, rien à voir !
"Pique, nique, douille… Pique, nique, nouille : c’est-toi-l’an-douille !
C’est toi qui t’y colles!"


Une comptine… Des mots qui se suivent, s’entremêlent, se télescopent, chantent aussi, parfois.
Et puis, un son, une vapeur d’idée, comme ça, qui vous vient à l’esprit, alimenté par d’autres sons, d’autres pensées qui émergent d’une mémoire endormie, d’un kaléidoscope de souvenirs.
Un mot passe par là, dans l’esprit ensommeillé. Aucun sens, aucune valeur, aucune signification. C’est bien simple : il n’existe pas !
« Pichenouille » !
Pourquoi ?
Pourquoi pas !
Qu’est-ce que c’est ?
Qu’est-ce que ça veut dire ?
« Pique-nique », on connaît, c’est vivant, c’est du bon temps. C’est piquant et ensoleillé… Mais «Pichenouille» ? C’est mou, c’est terne, c’est nouille, c’est « plouc » !
Et voilà !
Sur un mot venu de nulle part, commentaires et interrogations vont bon train et, en dépit des haussements d’épaule que je vais générer, des baillements que je vais provoquer, ce mot, ce nom, prendra quelqu’épaisseur, quelque valeur. Il sera ce que je « sens » qu’il sera, c’est un être à naître, une vie, un entrelacement de molécules, d’idées raisonnables, de pensées déréelles qui seront le support de préoccupations ou d’amusements, d’interrogations, d’interpellations…
Enfin, quoi !
« Dorénavant et à partir de maintenant », ce mot qui m’est indifférent, parce qu’il n’existe pas, commence à vivre.
Pour moi, bien sûr.
Pour toi aussi Lecteur car, dans cette « aventure », nous sommes tous les deux complices!
L’écriture automatique, c’est aussi de l’Ecriture.

SergeD. (Starcross – Avril 2009)
Atelier d’Ecriture de Henvic

OH CARIE ! (Le dire en chanson...)

*

Il était une fois un dentiste mélomane qui devait faire un exercice d'écriture pour des amis :
-Que dire ? Comment le dire ? Et pourquoi pas en chanson ?

*

Oh Carie ! Si tu savais
Tout le mal que tu leur fais
Plus jamais tu ne voudrais
Gâter leurs dents de lait.
A cause de toi, les enfants ont une peur bleue
De l'homme que je suis, mais qui ne veut
Que les soigner les petits malheureux.

Oh Carie! Si tu savais
Tout l'argent que je me fais
En soignant à coups de fraise
Les dégâts que le sucre laisse.
Les molaires et les canines
Sont sur la défensive quand je creuse dans l'ivoire
Ainsi que les incisives. C'est cela qui me chagrine
Toutes ont une dent contre moi.

Oh Carie! Si tu pouvais
Faire en sorte que ma chanson
Ait plus de succès que les bonbons
Peut-être alors pourrait-on
Si elle a bien vécu
Colmater le trou de la... Sécu

*

En fin de compte, je l'ai refilée à Gerard de Palmas qui l'a modifiée pour Johnny Hallyday et il a bien fait.


CORSAIRE - 18/04/09
Atelier d'Ecriture de Henvic

16 avril 2009

La malédiction d’Aygaz (Conte)

*
Il y a des siècles et des siècles à Constantinople, un vendeur de bouteilles de gaz (oui, problème ? ) se rendit coupable d’une grande offense envers les Djinns, sorte de Korrigans locaux. Revenant d’un Fest Noz à Galata, il croisa l’un d’eux dans une ruelle sombre. Celui-ci lui demanda du feu. Notre héros qui ne se séparait jamais de son briquet à gaz l’alluma et voulut reprendre son chemin.
Le Djinn l’interrompit : « Offre –moi ton briquet, dit-il, et j’exaucerai ton vœu le plus cher ! »
Sans se faire prier, il lui tendit le briquet qu’il savait presque vide …
« Quel est ton vœu ? »
« Offre –moi l’immortalité ô Djinn ! »
« So be it ! » (les Djinns adorent parler comme l’empereur dans Star Wars)
Seulement voilà, évidemment, le lendemain le Djinn se retrouva comme un idiot au moment d’allumer les chandelles pour son dîner en amoureux ! Briquet vide en main, bavant de rage, il invoqua les esprits du mal et frappa le malhonnête de sa terrible malédiction : le vendeur de gaz fut condamné à errer dans les rues d’Istanbul au volant de sa carriole, transformée au fil des siècles en vieux Diesel Mercedes; il ne sera délivré de ce sort que lorsque quelqu’un lui achètera une bouteille de gaz, ce qui n’arrive jamais. Le camion fantôme tourne donc inlassablement dans les rues d’Istanbul dès huit heures du matin, son chauffeur désespéré actionnant toutes les dix secondes le jingle « tutuu, tutuu, tutuu » Aaygaz, qui vrille les oreilles du stambouliote désireux de se remettre de l’appel à la prière de cinq heures… Le chauffeur, vissé à son volant, qui n’a visiblement pas été mis au courant d’une évolution récente, la connection d’un grand nombre de maisons au gaz de ville, tourne et retourne son camion dans les mêmes rues espérant toujours qu’un riverain excédé vienne lui acheter une bonbonne de gaz, juste pour se débarrasser de lui…
Voilà, comme tous les contes… Vrai ? Peut –être pas vrai ?
Mais rationnel pour expliquer pourquoi, alors qu’on commande sa bonbonne d’eau par téléphone chez l’épicier, on devrait éprouver trois fois par jour le besoin d’acheter une bonbonne de gaz de 50kg dans un camion …

Dominique J.
Atelier d’Ecriture de Henvic

ECRIRE (Pourquoi, comment?)

*
Ecrire, écrire, hou-là le prétentieux, et pourquoi pas chanter aussi pendant que tu y es ?
De fait, je me pose la question. Pas de chanter non! Mais écrire, quelle drôle d'idée alors que tant de personne on déjà écrit sur tout et n'importe quoi et sûrement mieux que moi.
Oui bien sûr! Mais j'aimerais écrire. Je veux écrire. J'écris. J'essaie du moins, avec mes mots, mes idées un peu folles qui se bousculent pêle-mêle dans ma tête. Combien de fois, j'aurais aimé prendre ma plus belle plume pour répondre à ces hommes politiques qui nous racontent des bêtises. Ma plus belle plume c'est une façon de parler - pardon! - d'écrire.

Ecrire pour lâcher ma colère, écrire pour atténuer ma frustration, mon envie de continuer le rêve jusqu'au bout du rêve. Etre une autre personne, vivre plusieurs vies. Se voir en femme, en héros ou en tueur en série. Raconter ses fantasmes pour le meilleurs et pour le pire. Etre Dieu, créer la vie, donner la mort. Etre le Grand Montreur de marionnettes. Influencer des destins, celui des personnages et parfois celui d'un lecteur qui vous aura aimer ou détester.
Ecrire, c'est aussi le plaisir de poser des mots sur la feuille blanche. Mettre le bon mot au bon endroit. Jouer avec eux, pour faire un ''bon mot'', les triturer pour en faire des calembours. Les sculpter, les ciseler, les chanter.
Oh oui les chanter! Que de chansons dont j'aurais aimé être l'auteur. Ecrire ces mots qui vous charment, vous séduisent, vous font rire et pleurer. Ces mots d'amour murmurés à vos oreilles, Ma Dame. Traduire mes sentiments inavoués, mes désirs inavouables, enfin toutes ces choses que l'on n’ose pas vous dire Mesdames !

Voilà, j'ai écris et j'écrirais encore car je pense qu'écrire c'est vivre tout simplement.

Corsair
Atelier d’Ecriture de Henvic







Je me souviens (1) (DJ)

*
Je me souviens encore de cet infime son, non, de ce balbutiement, de l’idée même, de la possibilité d’un son : le crissement de la barbe de l’Imam…
On m’avait dit « tu t’y habitueras tu verras ! » Non…Je suis tellement traumatisée que je me réveille par anticipation à quatre heures cinquante huit, au simple son du raclement de barbe contre le micro, prélude à des vocalises insoutenables et, selon moi, anormalement longues... Je songe perfidement à acheter une longue pince coupante : après tout, ma chambre sur la Corne d’Or est tout au plus à dix mètres du minaret, un peu de gym et hop ! Plus de fil de haut –parleur …
Les Imams suivent un enseignement ancestral, apprenant l’art de moduler leur voix, à lui donner une gracieuse inflexion, et surtout à la faire porter au loin du haut de leur minaret. C’est là que la modernité fait irruption : plus personne n’est assez stupide pour se fatiguer à grimper en haut d’un minaret, pour mettre ensuite ses mains en porte –voix et s’abîmer la glotte ! Allah a donné au croyant l’électricité et le haut –parleur. L’Imam dispose donc d’un micro et d’un sound-system de festival rock, et peut moduler le nom de Dieu bien au chaud dans sa mosquée. Il serait hélas illusoire de croire qu’au bout de 50 ans, les Imams auraient appris à adapter leur timbre de voix en conséquence. Que nenni ! A l’image du Parisien qui se sent obligé de hurler dans son portable, l’Imam fait ressortir les instincts ancestraux et sature irrésistiblement le mégaphone ; on ne sait donc s’il appelle le croyant moyen à accomplir son devoir ou s’il intime à Bébert l’Etrangleur l’ordre de se rendre avant que les forces spéciales ne chargent.
Se rendormir est certes possible mais la symphonie n’en est qu’à ses débuts…
Et au fait, j’aime Istanbul…

Dominique J.
Atelier d’Ecriture de Henvic

UNE ILE

*
Elle s'étale, dans son écrin bleu-vert,
Ses mamelons couronnés d'une chapelle
Ou dénudés,
Des arbres, émeraude, sombres,
Tous de la même taille et semblant poursuivre
Le vent dominant,
Lui font une fourrure
Presque complète,
Encerclant les toits d'ardoises
Bleutées
Couvrant les quelques maisons
Au crépi blanc qui brille dans le soleil.

Autour d'elle,
Semblable à des sentinelles,
Des rochers montent la garde,
Dans une mer qui ondule
En berçant des oiseaux de mer
Disparates.
Les quelques nuages blancs
Et gris bleu qui la couronnent,
La survolent et s'étalent à l'horizon,
Se gardent bien de se confondre
Avec l'océan
Pour souligner celui-ci.

A quelques encablures
Les maisons de la ville se pressent,
Les unes sur les autres pour se jeter à l'eau...
Mais seul un vol de courlis
Peut à cette heure de pleine mer
Rejoindre l'Ile Callot...


Serge C. Trégondern - 24/02/2009
Atelier d'Ecriture de Henvic


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