23 juin 2009

ANNE GUILLOU A HENVIC

20 juin 2009

 

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Samedi 20 juin, pour son dernier séminaire de l’Année, l’Atelier d’Ecriture de Henvic, conjointement avec la Bibliothèque Municipale, en la personne de Marcelle Nicolas, sa Vice-Présidente, recevait Anne Guillou, Directrice du Centre Culturel de Luzec, venue présenter son dernier livre : « La Manufacture des Tabacs – Morlaix, quatre siècles d’Histoire ».

         Remarquable exposé d’Anne Guillou qui a séduit et conquis un auditoire particulièrement attentif qui, durant toute l’intervention, est resté suspendu à ses paroles !

         Ensuite viendront de nombreuses questions sur ce que fut cette mémorable institution qui, après des périodes difficiles, fermera définitivement ses portes en 2005.

         Ce livre, très beau, avait été commencé par Robert Le Goff et interrompu par son décès prématuré.

         Anne Guillou a repris tout cela - documentation, ébauches – et y a adjoint de façon judicieuse les riches témoignages d’anciennes employées, d’anciens employés, de la Manu, telle Andrée Postic, qui « témoigne de la vie quotidienne des femmes dans un environnement à la fois contraignant, paternaliste et complice. Ses pages, documentées et poétiques, soulignent les usages internes de la Manufacture où l’on pratique la promotion par l’ancienneté »

 

         L’Atelier d’Ecriture ?

Anne en a une solide expérience pour l’avoir pratiqué durant dix années au Centre de Luzec et…nous essayons d’être ses continuateurs, nous revendiquons son parrainage ! En effet, certains d’entre nous se sont connus au travers de son enseignement et ont souhaité poursuivre cette activité.

« Oser écrire est la clé d’un bonheur accessible à tous » dit-elle

Et c’est ce que nous répétons sans relâche en rappelant que, de surcroît, « l’écriture, ça fabrique de la liberté » (Daniel Picouli) !

 

Beaucoup d’attention, de plaisir, de sourires, d’éclats de rire : c’est, sinon notre quotidien, du moins les habitudes acquises au cours de cette première année de fonctionnement !

Comme celle du petit goûter qui, à regret, clôture cette dernière rencontre de l’année!

 

Serge Delacourt

Atelier d’Ecriture de Henvic

 

14 juin 2009

4.LES AVENTURES DE BOUBOULE

Il s'agit ici du quatrième épisode des "Aventures de Bouboule, le petit arbre".

Rappel des épisodes précédents: 1-LA VIE DE BOUBOULE, LE PETIT ARBRE; 2-UNE LONGUE ET TERRIBLE EPREUVE ; 3-POURQUOI CETTE HATE?; 4-DANS LA NATURE;

BONNE LECTURE AUX ENFANTS SAGES ET A LEURS PARENTS !

 

 

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L’ARBRE

 *

« Il était, une fois, une graine qui était venue on ne sait d’où ni quand ni comment ! Mais, en tout cas, c’était il y a très, très longtemps, au-delà de ce qu’il est possible d’imaginer, bien avant qu’aucun homme n’exista ni même aucun animal.

« La graine s’enfouit sous terre et germa, prit racine dans le sol et, peu à peu, devint un arbre. Pour vivre, pour grandir, cet arbre avait besoin de la terre, de l’eau, de l’air, du soleil… Il grandissait, s’épanouissait et l’on aurait dit, tellement il était fort et fier, invincible, qu’un jour il atteindrait le ciel vers lequel tous ses efforts tendaient.

« Chaque année, il donnait ses fruits, ses graines qui s’en allaient, se dispersaient sous l’effet du vent et de la pluie. Au loin, de plus en plus loin, poussaient d’autres arbres qui occupaient de plus en plus d’espace. Bien sûr, lui était le père et tous ces arbres ses enfants : il restait le plus grand et le plus fort de tous les arbres !

« Et puis, après plus de mille ans d’existence, quelques unes de ses branches se flétrissaient, se cassaient et vint le temps où, après un dernier effort, il ne put donner ni feuille, ni fruit, ni graine : il mourut !

«Il disparut peu à peu de la terre, redevint poussière, se dissout dans le sol en l’enrichissant encore plus, lui rendant ainsi tout ce que la terre lui avait si généreusement donné pendant si longtemps, lui permettant de nourrir de plus en plus de ces nouveaux arbres qui formaient, à présent, une immense forêt.

« Partout où s’était installée une graine et pourvu que le sol le lui permit, c'est-à-dire où elle pouvait bénéficier de bonnes conditions pour éclore et recevoir eau et soleil, un nouvel arbre avait poussé qui lui aussi donnait des fruits, des graines, de nouveaux arbres.

« Et chacun ressemblait au premier arbre, bien sûr, avec cependant quelques différences qui devinrent au cours du temps, très considérables : ainsi des racines plus fortes, plus longues avaient poussé là où il fallait aller chercher l’eau en profondeur, des feuilles plus larges s’étaient développées dans quelques vallées ombragées. Au creux de celles-ci, les troncs avaient grandi sans cesse pour atteindre la lumière. Là où le froid trop intense régnait une partie du temps, les arbres apprirent à ne développer que de petites feuilles, parfois minuscules, dont ils se séparaient totalement aux périodes où le froid était le plus vif, ou bien, au contraire, ne s’en séparaient plus : les arbres s’endormaient alors pour ne se réveiller qu’au retour de la chaleur…

« Là où était apparu le premier arbre, les graines avaient poussé dans des conditions identiques et on aurait dit que les jeunes arbres étaient la réplique de leur père : même grandeur, même puissance, même splendeur : on aurait dit qu’il avait vécu puis était mort pour mieux renaître, identique à lui-même et ceci pour l’infini des temps !

« Et cela était bien vrai : pas seulement pour ceux qui lui ressemblaient le plus, mais également pour ceux qui s’en différenciaient le plus mais qui, en quelque sorte, étaient également ses enfants !

« Et c’est ainsi que le cycle de la vie, avec la mort et l’éternelle renaissance s’installa sur notre terre.

 

            « Longtemps après, bien longtemps en vérité, ce furent des animaux de toutes sortes qui apparurent du fond des océans et colonisèrent les immenses forêts. Comme les arbres s’étaient diversifiés à l’infini, les animaux se différencièrent à n’en plus finir ! Ils se nourrissaient de plantes, de fruits, de graines qui étaient fort abondantes mais, parfois, s’entredévoraient aussi entre eux : du moins certaines espèces se nourrissaient d’autres espèces moins robustes qui semblaient avoir été mises là à cette intention.

            « Du temps a passé, beaucoup de temps ! L’homme est apparu à son tour… Comme les plantes, comme les animaux, il a commencé à croître, se multiplier et se répandre de par le monde, acquérant partout de nouvelles caractéristiques. Il chassait les animaux pour s’en nourrir, cueillait les fruits qui l’entouraient à profusion, se déplaçant d’un endroit à l’autre, simplement, lorsque fruits et animaux se faisaient plus rares. A ces époques lointaines, les morts étaient abandonnés dans la nature, au vent, aux charognards, à la vermine, à la terre !

 

            « Il en était ainsi dans les terres d’Egypte, couvertes d’immenses forêts et peuplées d’animaux de toute sorte où l’homme se déplaçait au gré de ses chasses et de ses cueillettes… Le Nil, fleuve immense, traversait ces terres, les envahissait périodiquement de ses crues irrésistibles et chaque fois le paysage en était transformé. L’Homme y prospérait avec bonheur.

            « Vinrent cependant des temps difficiles : les pluies qui alimentaient tant de fleuves se tarirent et dans certaines régions animaux et végétations disparurent. Le désert faisait place à la luxuriante végétation.

« L’Egypte aurait disparu comme certains pays qui, autrefois, existaient au milieu des Terres Rouges, dans les espaces aujourd’hui désertiques. Elle aurait été anéantie si le Grand Fleuve, le Nil, n’avait pourvu à sa survie et à sa prospérité en l’abreuvant et la nourrissant lors de ses crues périodiques. Il était le seul à pouvoir vaincre le désert et l’empêcher de s’approprier tout l’espace ! Il semblait être né du ciel, tant il était grand et fort et il est vrai qu’il a toujours été un don du ciel !

 

« Alors les hommes, les peuples d’Egypte, apprirent peu à peu à modifier leurs habitudes, les transformer : de nomades, vivant de la chasse et de cueillettes, ils devinrent sédentaires, élevant le bétail dont ils avaient besoin et cultivant la terre chaque année enrichie par les crues du Nil.

« Ils sont devenus des agriculteurs !

« Devenus sédentaires, il n’était plus question d’abandonner les morts dans la nature : on en vint donc à les inhumer…

« Au cours de nombreux millénaires, les habitudes des hommes avaient changées : leurs pensée aussi ! Peu à peu, la proximité des morts, , l’inhumation, leur présence permanente bien qu’ils ne soient plus là, firent évoluer les consciences sur la vie, sur la mort, sur ce monde et sur l’ « autre », celui que l’on ne connaissait pas et qui existait sans doute bien quelque part puisque les disparus étaient toujours présents au travers des souvenirs qu’on avait d’eux et qui, parfois, venaient tant troubler les nuits des vivants et aussi leurs pensées !

« Alors l’idée de la vie après la vie, d’un « autre » monde certainement meilleur que celui-là puisque personne n’en revenait jamais en dehors des pensées, fit son chemin, lentement, sûrement. Et l’on bâtit des tombeaux pour ceux qui étaient proches et dont la présence persistait au-delà de leur disparition, que l’on honorait ainsi.

 

***

 

Ainsi commençait le récit extraordinaire de mon grand-père qui imprégna toute mon enfance et détermina pour une bonne part, les choix qui furent les miens au cours de ma vie.

(A suivre)

 

*

SergeD. Extrait inédit, « Les Rives du Grand Fleuve »

RACONTE-MOI TON GRAND-PERE !

        

   

Ah, oui…

Il est mort à la fin de la guerre…

La guerre de 14-18, bien sûr !

(Marie Louise, 14.02.2005)

 

*

 

            Il aimait, au soir couchant, s’isoler dans le jardin, s’offrir une petite promenade vespérale, regarder le ciel où les couleurs changeantes annonçaient le temps qu’il fera demain.

            Et puis, au moins, Alzire, sa femme, lui fichait une paix royale pendant ce temps-là !

            Il longeait la haie jusqu’au gros poirier et là sortait dans le chemin qu’il descendait jusqu’à la pâture des Vannesche. La vue sur la campagne s’étendait presque jusqu’à Landifaÿ : la pente était douce sur les champs fertiles où, parfois, il était amené à travailler, puis, après un faux-plat, remontait doucement, laissant, ça et là, quelques bosquets négligés où nichaient pies et ramiers.

            Silencieux, il rêvait aux temps qu’il ne connaîtrait pas, aux enfants qui viendraient après lui et qui, peut-être, cultiveraient aussi la terre grasse qu’il entretenait depuis si longtemps et qui n’avait jamais failli à ses promesses : chaque année, elle donnait son pesant de pommes de terre, de choux, navets, carottes et bien d’autres légumes. Elle avait nourri bien des familles et en nourrirait encore bien d’autres!

            Aussi, Louis prenait grand soin de son jardin qu’il enrichissait régulièrement avec le fumier qui s’accumulait au centre de la cour.

            Et aussi avec les résidus humains d’après les bons repas !

En ce temps-là, au village, les gens n’étaient pas riches mais chacun possédait, derrière la maison que lui, son père ou son grand-père, avait bâti, un grand jardin et, souvent un verger.

 Louis ne ménageait pas sa peine pour entretenir le bien qu’il avait reçu en héritage et qu’il se plaisait à considérer comme lui ayant seulement été confié pour être ensuite transmis à ses enfants. Il y avait planté de nouveaux pommiers, quelques bons poiriers, cerisiers et noyers.

            Il faut dire que, lorsque lui et sa femme étaient entrés dans la maison, les fruitiers avaient, pour la plupart, fini leur temps ou peu s’en fallait !

            La maison était solide, de plain-pied, avec un grand grenier bâti de poutres de bon chêne.

            Peu de place mais on s’y tenait chaud l’hiver. Le confort était rudimentaire mais on n’était pas regardant et, de toute façon, les enfants vivaient essentiellement dehors, au grand air ou, quand le temps était par trop désagréable, dans les granges qui étaient vastes et où était entassés la paille et le foin, pour ce qui est de la plus grande, le grain, les haricots, les pois et le tabac dans la plus petite : cela laissait bien de la place pour les enfants…

Alzire était intraitable sur la propreté…

Et, du reste, sur bien d’autres choses également !

 Ca, c’était quelque chose qu’on ne pouvait pas lui reprocher : l’entretien de la maison et de la famille. Elle râlait, plus souvent qu’à son tour. Et quand le voisin, Oscar, plaisantait Louis sur le caractère de sa femme, celui-ci ne manquait pas de rétorquer :

- Il faut comprendre, elle a beaucoup de travail avec la maison, les enfants, les bêtes… C’est une femme courageuse ! 

- Ah, ça oui ! renchérissait Oscar en laissant éclater son gros rire. Pour  le travail, c’est un vrai cheval ton Alzire ah, ah, euh, ih, oh, uh !

Alors Louis se fâchait, oh, par pour longtemps : c’était un homme incapable de cultiver quelque rancœur !

Les enfants ne se lassaient pas d’entendre le rire d’Oscar, qui les amusait beaucoup. Sa façon d’épeler les voyelles en riant était des plus surprenantes : « ah, euh, hi, oh, hu… ».

Ils l’avaient surnommé « le Père la Voyelle » !

 

Oui, bon, ça n’est pas tout !

Le village : pauvre ! La famille : pauvre également, mais avec de l’huile de coude à en revendre, on ne mourait pas de faim !

Les enfants avaient bien poussé : bon sang ne saurait mentir ! Louise était bien mariée, même si son Alphonse était déjà gâté par les rhumatismes. C’était un bon gars, pas causant, plutôt même un peu taciturne : c’était de famille, paraît-il, et on disait même qu’un oncle avait fini par se pendre dans sa grange. Mais, n’est-ce pas, il ne faut pas gober tout ce qu’on dit ! Et puis, de toute façon, ça tombait bien parce que Louis n’aimait pas trop les « forts en gueule » (sauf à la fête du village où ceux-ci, en général, faisaient rire tout le monde !)

Louise et Alphonse reprendront bientôt la maison : ce sera bien pour les enfants. D’autant que, à la cadence où ça allait, il n’y aurait bientôt plus de place dans celle « du bas » : elle n’était pas grande et, de toute façon, en location. Les enfants étaient déjà quatre !

Louis, lui, aurait bien fait l’échange maintenant ; l’âge était là et il lui importait peu d’habiter une maison qui n’était pas la sienne. Il avait essayé de faire passer cette idée à Alzire, mais celle-ci ne l’entendait pas de cette oreille : il n’avait pu placer deux mots car, comme si elle avait un sixième sens, elle comprit tout de suite où il voulait en venir :

- Ah, ça non : il n’en est pas question ! Je suis ici chez moi, je ne quitterai pas ma maison ! Les enfants ? Ils sont les bienvenus ici mais ils doivent faire leur vie : ce n’est pas aux parents de les assister ! Oh, bien sûr, toi tu donnerais ta chemise… Et la mienne par dessus le marché! 

Il n’avait plus rien dit car il craignait sa femme ou, du moins, ses emportements qu’il n’était jamais parvenu à comprendre.

Et puis, il savait bien qu’elle avait raison !

 

Le dimanche, jour de repos – à part les bêtes qu’il fallait bien nourrir, tout de même ! - personne ne travaillait : c’était le jour du Seigneur et aussi jour de liesse. Le seul jour en vérité où la famille pouvait se retrouver unie, le seul jour où l’on pouvait prendre un peu de temps au temps sans en bousculer les minutes. Presque tout le village se retrouvait à la messe. Enfin… Si ce n’était à l’église, ça n’en était pas loin : le café Vasseur ne désemplissait pas !

Pour dire vrai, ça n’était pas Vasseur le propriétaire du Café-Epicerie, du moins pas à cette époque, mais ça n’a pas beaucoup d’importance car si ce n’était lui, c’était l’un de ses prédécesseurs : c’est pareil !

Juste à côté du café, il y avait la ferme Daubenton et, à la limite de la ferme, le puits où les gens du « bas » venaient puiser l’eau dont ils avaient besoin lorsque les citernes étaient vides. Marie-Louise n’avait pas trois ans quand, munie de son petit seau de bois que son père, Alphonse, lui avait fait, elle accompagnait sa mère, Louise, au puits.

N’allez pas croire : ça n’était pas pour le travail mais pour le jeu, le plaisir. Et puis, le puits, c’est dur : chacun sait cela, mais c’est aussi l’occasion de rencontrer des amies, d’avoir des nouvelles !

Et oui, les nouvelles ne parvenaient au village qu’à la vitesse des chevaux : du train, pour les nouvelles de Paris et du monde, puis par les chevaux jusqu’au village. Quand elles arrivaient, elles étaient enrichies des commentaires de chaque colporteur et augmentées de celles de la ville voisine, collectées un peu partout dans les cantons avoisinants…

Alors, le puits, ce n’était pas rien !

Pas rien non plus de se réunir chez Vasseur, boire un coup, rigoler avec les copains, échanger des nouvelles…Le travail, la maison, la famille prenaient beaucoup de temps : heureusement qu’il y avait le dimanche pour ne pas retourner à l’état sauvage !

Chaque dimanche, au moment de partir à la messe, Alzire était en retard. Alors elle criait à Louis

- Mais vas-y, ne m’attends pas ! Ca m’agace de te voir tourner ainsi… 

En vérité, c’était sa façon à elle de lui dire:

« Tu peux aller seul si tu préfères… »

Mais, bon, la simplicité du langage, ça n’était pas son fort à Alzire !

Et Louis ne se le faisait pas répéter deux fois : il n’attendait que cela !

Parce que, le dimanche matin, en descendant dans le « bas » du village, il aimait prendre son temps, flâner, rêver, regarder la nature qui l’entourait, écouter les mille bruissements des fourrés qui s ‘éveillent, s’arrêter pour observer un insecte, une chenille, une araignée : la toile de l’araignée, fraîchement bâtie durant les heures de la nuit et où perlent encore quelques gouttelettes de rosée. Aucun joaillier ne sera jamais en mesure d’égaler un jour pareille merveille !

Alors, pour cette promenade matinale, il ne prenait pas la route mais, au fond du jardin, le chemin qui passait en limite du village, le long des champs, et rejoignait, en bas, la route de Chevresis…

Après la messe, il allait lui aussi prendre un verre chez Vasseur et retrouver les amis. Ensuite, avec l’un d’eux, il remontait tranquillement, par la route cette fois, en devisant de choses et d’autres dans la bonne humeur.

Sa gaîté était calme : pas le genre bruyant d’Oscar : non… Plutôt un rire intérieur qui illuminait alors ses yeux pâles.

Alzire descendait en général avec la « Bergère » et remontait à la maison également avec elle ou bien quelque autre commère, s’arrêtant parfois chez l’une d’elles pour parler des choses de la maison, des enfants, des chiffons bien sûr et surtout commenter avec force intérêt les ragots que chacune d’elles avait pu glaner.

 

Louise avait déjà cinq enfants.

Marie-Louise et Yvonne étaient les dernières.

Ces deux là allaient toujours ensemble : si l’on apercevait l’une, c’est que l’autre n’était pas bien loin ! Les petites filles étaient d’un naturel enjoué. Espiègle aussi, surtout Yvonne qui ne manquait jamais de faire un tour qui faisait éclater de rire sa sœur. C’était des enfants charmantes que personne ne pouvait manquer d’aimer et ressentir leur présence comme une bénédiction et une joie très pure.

Bien qu’il s’en défende, les deux petites filles  étaient les préférées de Louis : les voir, manger leurs rires d’un  regard qui s’éternisait, était pour lui la récompense de sa peine.

Alzire, décidément, n’était pas commode ! Elle ne supportait pas que les enfants s’en viennent ainsi, naturellement, voir leur grand-père.

Sans doute, elles dérangeaient alors son ordonnancement !

A moins que ce fut, après tout, parce qu’elle en était un peu jalouse !

Mais chacun sait que pour recevoir de la part des enfants, il faut aussi beaucoup leur donner. Et Alzire était incapable d’exprimer ses sentiments, c’était une chose qu’elle n’avait jamais apprise, qu’elle n’avait jamais reçue : on ne peut donner de l’amour que si on en a reçu ! Et pourtant, elle en avait, de l’amour : mais tout au fond d’elle, bien caché. Et elle ne savait pas comment le donner… Alors, elle se fermait, maugréait, râlait, criait même !

Toujours est-il que les petites filles évitaient leur grand’mère et rejoignaient clandestinement leur grand-père : elles savaient où le trouver, dans son jardin ou dans une grange. Alors, elles se glissaient doucement le long du mur de la maison, sans faire de bruit, retenant leur souffle, passaient les fenêtres en se mettant à quatre pattes et, après s’être relevées, couraient vers le grand-père sans se retourner, toutes fières d’elles-mêmes d’avoir pu braver et rouler la grand’mère Alzire !

Souvent grand-père - Louis, je veux dire, mais c’est pareil ! - les guettait près de la petite crèche, la bergerie si vous préférez, qui est attenante à la grande grange, juste dans le passage qui mène au jardin, où il rentrait chaque soir ses deux chèvres et où il entreposait son pressoir. C’est là qu’il pressait ses pommes pour en faire un cidre doux qui était un délice pour les deux gamines. Il avait toujours, pour elles, quelques friandises : un fruit mûr, tout brillant d’avoir été longuement frotté contre sa veste, des mûres ou des groseilles, des fraises ou des noix.

A l’époque du cidre, c’était une bonne bolée de ce jus sucré que les filles dégustaient avec gravité, en faisant claquer leur langue, comme les grandes personnes !

 

SergeD. Extrait inédit : « Famille, je vous aime ! »                             

                                                                                   

 

 

 

 

 

                     

                                                                                   

 

 

 

 

 

                                                                           

 

 

 

 

12 juin 2009

UNE HISTOIRE MULTIPATTE !

*

         Le texte ci-dessous a été proposé par SergeC. (Corsaire pour les initiés !). Il est parti d’une phrase, tirée d’un roman et cette phrase est :

 « Cette pensée figea Sandrine sur une autre peur… »

Dans quelle catégorie faut-il ranger ce texte ?

Mais, c’est bien sûr : dans les « Textes à plusieurs mains » !

         Alors, c’est ce que nous faisons !

         Deux équipes (pour l’instant !)

Première équipe: SergeC., FrançoiseLH, AnnickC., GinetteG., SergeD.

Deuxième équipe: SergeC., LénaïcB., KarineL. Geneviève B.

 

         Dans la première équipe, Françoise continue le texte dans l’esprit qui lui est donné, mais avec sa propre vision des choses (1/2 page ou 1 page environ). Elle communique son texte à Annick qui écrit sa part et le passe à Ginette qui continue pour refiler le « bébé » à SergeD. qui… conclut ou le repasse à quelqu’un d’autre !

         Le travail est sérieusement commencé dans la seconde équipe : trois textes déjà !

         Ainsi réalisons-nous un « Cadavre Exquis » de l’écriture !

         Maintenant, si quelqu’un a dans l’idée d’en rajouter - n’est-ce pas ami lecteur ? - … Bienvenue au club !

 

***

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08 juin 2009

(Suite 2 des aventures de Bouboule)

POURQUOI CETTE HATE ?

 

*

 

Pourquoi cette hâte, cette ignorance flagrante des règles de la chasse ? D’ailleurs bien sûr, les sangliers, brutalement réveillés, s’étaient enfuis, perdus pour la chasse. Jan Donner était furieux ! Il se rendit compte  que les chasseurs qu’il connaissait étaient accompagnés  d’un  groupe  d’excités menés par un étranger, massif, nerveux, arrogant et plus âgé qu’ils appelaient Markus. Celui –ci parlait haut et fort, agitait les bras en tous sens ; il portait une hache glissée dans sa ceinture …

« Alors, c’est ça votre arbre qui parle ? » ricana Markus

« C’est lui, répondirent  les amis de Jan Donner » 

« Eh bien j’entends rien moi, et pourtant c’est à moi qu’il devrait parler, je suis le plus vieux.. »

« Jan Donner ne parle pas comme toi pour ne rien dire ; tu voulais le voir, tu le vois ; maintenant un peu de patience, tu vas l’entendre si tu sais écouter « 

« Balivernes, les arbres ne parlent pas, seul l’homme possède ce don sur terre, ou alors vous pensez peut –être que Dieu lui-même est assis là –haut dans les branches ??? »

Tout en parlant, il faisait négligemment tourner sa hache, la soupesait, la flattait...

«  Et si je le réveillais un peu avec ma hache, hein ? Il dirait peut –être quelque chose ? Qu’est ce que vous en pensez les gars ? » 

Jan Donner, furieux d’avoir vu s’échapper les sangliers, voulut donner une leçon à cet homme qui méconnaissait tant la nature et la forêt : il parla, il tonna, c’était terrible cette voix puissante sortant de cet énorme tronc, se répercutant sur les arbres alentour; les chasseurs, médusés et terrifiés tombèrent à genoux : l’au –delà … Ou pire !

« Alors ça y est Markus, tu l’entends ? »

Markus était blême, tremblant, certains de ses amis avaient même perdu connaissance.

« Allez les chasseurs, on y va, on laisse ces crétins : on va les  retrouver ces sangliers » dirent les fidèles amis de Jan Donner. Erreur, tragique erreur, car une fois remis de leur frayeur, Markus et ses amis, seuls face à Jan, prouvèrent l’étendue de leur lâcheté et attaquèrent  le pauvre chêne à la hache. Ils étaient nombreux et l’arbre, bien que puissant, fut bien vite déchiqueté par les coups portés avec tant de haine, il fit entendre un sinistre craquement, tournoya sur lui-même dans une dernière danse et s’abattit sur le sol de la forêt, ses branches volant comme des allumettes dont une cependant atteignit Markus en pleine tête… Bien sûr, la mort de celui –ci fut transformée en combat héroïque contre  les amis de Jan Donner, le bouche à oreille fit le reste parmi les hommes, mais nous ,les arbres, nous savions tous  que ce magnifique chêne avait perdu la vie parce qu’il parlait avec les hommes .

« Alors Bouboule, tu vois, laisse moi maintenant, ça m’a fait du mal de remuer tous ces souvenirs « 

Bouboule se sentait tout petit devant ces étranges histoires, et il commençait aussi à réfléchir sur sa vie. Il avait Mme Herbert, d’accord, il était à l’abri du tonnerre et de la grêle, d’accord, mais bon : il fallait bien avouer que tout ça était un peu monotone. Il eut une seule distraction lorsque Mme Herbert invita les enfants de l’immeuble à partager son gâteau d’anniversaire ; elle leur présenta Bouboule mais ils préféraient tous jouer autour du vieil arbre dans la rue, là encore il fut terriblement déçu.

Mais il y avait quelqu’un qui ne l’avait pas oublié, un petit être jaune un peu fanfaron, un peu menteur aussi, et qui avait un peu honte de ne pas avoir dit la vérité sur ses frères et sœurs là –bas dans la campagne …

Bouboule, pris dans la tourmente des événements, l’avait oublié. Or un jour, il vit un truc jaune passer devant la fenêtre, entrer dans le coffre d’une voiture garée devant chez Mme Herbert et Bouboule reconnut  l’homme qui fermait le coffre : c’était Max, qui vint sonner à la porte.

En fait Ptit’jaune n’était  jamais parti, il n’avait ni frères ni sœurs là – bas à la campagne, et malgré ses fanfaronnades, il n’avait aucun ami excepté Bouboule … C’aurait été si simple d’avouer tout ça en bloc quand il  avait vu Bouboule sur ce balcon, triste et abandonné de tous, mais bon, c’était quand même s’abaisser et drôlement bas, et là sa fierté en aurait pris un sacré coup. Il restait là, dans le quartier, discret, et  avait même entendu l’histoire de Jan Donner, qu’il avait d’ailleurs l’intention d’enjoliver. En fait un papillon aurait  même sauvé Jan Donner en se posant sur la hache, etc, etc : un héros  ce papillon jaune ….

Ptit’jaune commença à choisir pour son menu les fleurs d’automne, second choix d’accord, mais bon, il ne fallait pas trop faire le difficile en ces temps de crise, et puis, pour être franc, il pensait de plus en plus à Bouboule, son ex-ami qui habitait ce quartier, cet immeuble même  où devant lequel ohhhhhhhhh dieu du ciel, une voiture, coffre ouvert, était garée, dans laquelle un jeune homme déposait un bouquet de toute beauté, sucré, envoûtant, accessible en tout cas avec un peu d’adresse et de courage qui ne lui manquaient pas, à lui Ptit’jaune …Gloups …Quand même, quelle chute !!!! Mais bon allez, un petit vol plané, un ou deux virages, et à moi le  nectar… Sa dernière pensée fut pour Bouboule qu’il crut apercevoir dans sa folle chute, au rez – de – chaussée, juste  avant que « plop » il ne perde connaissance ….

Quand il revint à lui, il faisait nuit, ça tanguait de partout, il avait la nausée … Ca y est, il savait où il était, dans le coffre d’une voiture ! Mais où allait –il ?  (à suivre)

Dominique J.

Atelier d'Ecriture de Henvic

 

 

 

JEUX D’ECRITURE

Acrostiche : « Mot,  ou groupe de mots, écrits verticalement. Chaque lettre débute une ligne. Le texte doit -être en rapport avec le mot. »

Ce samedi 6 juin, quelques  acrostiches avec :

« Planète bleue »

 

1

Parents, soyons soucieux d’apprendre

La vraie nature à nos enfants

A force de subir, à force d’attendre

Nous risquons tous avant longtemps

Ensemble de plonger

Très rapidement, sans retour

Et sans pouvoir y remédier

Baissant les bras, sourds aux discours

Luttons cependant contre le pessimisme

Et tout de suite recréons

Une fois pour toutes, autour de nous

Ensemble une belle terre de civisme

Annick C.

Atelier d’Ecriture de Henvic

 

2

Plénitude

Léthargique,

Abandon

Néfaste,

Et

Tout

Expire !

 

Bien-être

Laxiste,

Extermination

Universelle…

Elle est morte !

SergeD. Atelier d’Ecriture de Henvic

 

 

3

Paroles, paroles! Oui mais doucement

L’écologie fait son chemin

Au milieu de l'indifférence de nos gouvernants

Nous nous battons pour demain.

Étoile solaire, qui format notre nid

Terre mère, qui nous donna la vie

Écoute le cri de tes enfants terrifiés

Baisse sur nous ton regard déifié

Libère nous du piège de la consommation

Et surtout brise le cercle infernal,

Universel, qui nous conduit sans rémission

Et surement vers l'ultime abomination.

 

Corsaire 06/06/09

Atelier d’Ecriture de Henvic

 

4

Pour que tous

Les êtres de la planète

Aient un espoir de vie non pas contrefaite mais

Naturelle

Et belle, comme on l’aime tant.

Tous

Ensemble, pendant qu’il est encore temps

Bannissons

La pollution

Et

Utilisons avec modération

Energie et consommation

 

Françoise LH.

Atelier d’Ecriture de Henvic

 

5

Point de départ :

La lumière solaire

Ainsi animée d’une chaleur

Naissante

Eloignons-la de la peur

Tournons nous vers le respect de l’air

Et de l’eau si rare s’il n’est pas trop tard.

 

Belle comme le jour

Livrée aux hommes indélicats

Essayons pourtant de la préserver

Unissons nos efforts pour cela,

Et, Enfin, ne pas en faire un four.

 

Lénaïc B.

Atelier d’Ecriture de Henvic

 

6

Pour un rien, un chiffon, une faribole,

Le pillage effréné, sans retenue, des sols

Altère pour toujours notre Terre

Née pour vie et non point désert !

Et pourtant notre appétit féroce engloutit

Tant et plus l’héritage qui s’en va

Encore et encore jusqu’à notre mort

 

Belle et fière, lumineuse,

La Terre, notre Terre,

Etait l’aura du firmament

Unique et resplendissante,

Eteinte à jamais, morte !

SergeD. Atelier d’Ecriture de Henvic

 

7

Pourquoi ne pas essayer ?

Là, maintenant

Aujourd’hui, d’aller de l’avant, de

Ne pas sombrer dans le pessimisme

Ecouter notre intuition.

Terre ! Terre ! Souffle-nous,

Et tout de suite,

Brièvement !

Le moyen de recréer

En une simple machine arrière

Un jardin plein de lumière

Dans lequel nous  serions justes : BIEN

Annick C. Atelier d’Ecriture de Henvic

 

***

PLANETE BLEUE

JEUX D’ECRITURE

 

*

Tout le monde a pu voir le film « HOME »

            Et entendre la phrase de son auteur : « Il est trop tard pour être pessimiste »

Son message est terriblement alarmant pour le devenir de nos enfants et petits enfants, mais aussi porteur d’une grande puissance mobilisatrice : faire ensemble, enfin, ce qu’il convient pour sauver notre planète « bleue » !

L’Atelier d’Ecriture est un lieu où s’élabore divers modes d’expression écrite. Les « Jeux d’Ecriture » en sont un et, indépendamment de ce que chacun peut faire,, en conscience, ce samedi 6 juin nous avons souhaité privilégier ce sujet éminemment d’actualité !

Plus ou moins inspirés, voici quelques-uns des textes qui ont tous au moins le mérite de rappeler qu’ « il est trop tard pour être pessimiste » !

***

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Lénaïc:"Il est trop tard pour être pessimiste"

JEU D’ECRITURE

Composer un court texte incluant la phrase : « Il est trop tard pour être pessimiste »

 

*

 

Les douleurs auraient dû en alerter un.

Les examens auraient dû mettre la puce à l’oreille d’un autre.

Les signaux incessants auraient dû en fatiguer un troisième.

L’occlusion, l’infection, l’arrêt ont eu raison de sa joie de vivre.

Maintenant, il est trop tard pour être pessimiste !

Malgré tout cela, il faut tenter d’aller de l’avant. Profiter de l’occasion pour rebondir, simplement, garder ses appuis et avancer…

 Pourquoi pas ?

 

Lénaïc B.

Atelier d’Ecriture de Henvic

ANNICK C.« Je ne poserai la question qu’une seule fois ! »

JEU D’ECRITURE

Il s’agit de choisir une phrase, dans un texte quelconque qui, isolée, n’a aucun sens.

Rédiger un texte court comprenant cette phrase :

"Je ne poserai la question qu'une seule fois!"

 

                                                 *

20 Juin à l’école des Hortensias.

Dehors il fait très beau, l’ambiance n’est pas très studieuse et un vent d’indiscipline souffle sur le cours moyen.

Geneviève, réputée pour sa fermeté, gère cependant mal cette fin d’année scolaire. Elle se sent bien fatiguée et, de temps en temps, elle se surprend à imaginer une belle plage de sable fin loin de tous ses petits garnements, et, bien sûr, en belle compagnie.

Encore quelques jours d’école et puis ce sera la promenade scolaire : autre souci pour elle et beaucoup de responsabilités puisqu’il s’agit d’aller visiter le Château du Taureau.

L’Office  de Tourisme de Morlaix refuse d’inscrire les enfants qui ne savent pas nager et il reste bien peu de temps pour gérer la question d’éventuels cours de natation. Aussi, c’est avec beaucoup d’appréhension qu’elle se décide à poser la question fatidique, dans le brouhaha général, sachant qu’en définitive les élèves qui répondront par la négative seront privés de promenade scolaire. Impossible de faire autrement.

SILENCE !

- « Je ne poserai la question qu’une seule fois ! Lesquels d’entre vous savent nager ? » 

Annick C. samedi 6 juin - Atelier d’Ecriture de Henvic

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