03 septembre 2009

CREATURES…

Bonjour,

 

De la pluie, de la pluie et encore de la pluie…

C’est bon pour les jardins et ça donne le teint frais (il n’y a qu’à me regarder !)

Et, de surcroît, ça fait pousser mes cheveux : l’espoir faire vivre…

 

Je viens de terminer cette nouvelle, un tant soit peu fantastique, sur une idée… qui date de mon adolescence !

Amusez-vous.

Bien cordialement,

SergeD.


             

1

Huxxle

 

            Il était couvert de pustules, l’animal ! Son corps entier…

            Mais était-ce bien un animal ? Certaines personnes qui l’ont aperçu, de loin, ont évoqué  la silhouette d’un homme…

             Oui, bien sûr, il avait la taille d’un homme moyen. Il se mouvait debout, en parfait équilibre, planté sur deux jambes grêles mais puissantes : de loin et « par temps de brouillard », il pouvait passer pour un être humain !

Mais de près, en pleine lumière… Ah !

Les braves gens qui ont pu l’approcher sans en être victimes, garderont sûrement son souvenir dans leurs pires cauchemars ! Une couleur indéfinissable, vaguement verdâtre, qui fusionne avec l’environnement, des yeux globuleux, protubérants, avec des sortes de paupières en forme de double diaphragme, l’absence de pilosité, la face couverte d’écaille, une crête rouge-brun surmontant la tête… Non, vraiment, rien de tout cela ne permet d’évoquer un être humain mais plutôt une sorte de reptile ! Oui, c’est ça : quelque chose comme un lézard… Un caméléon, oui, un caméléon géant, mais là s’arrête la ressemblance, parce que, les pustules…

Les pustules : la peau d’un monstrueux crapaud ! Elles étaient partout, son corps entier en était recouvert et celles-ci, curieusement, migraient pour enfin atteindre l’abdomen où elles se répartissaient symétriquement. Pas très joli à voir dans ces teintes verdâtres qui n’avaient rien à voir avec la végétation du printemps !

Il n’avait pas d’appendice nasal, pas un vrai nez mais une sorte de courte trompe, comme… comme celle d’un tapir, ou, plutôt celle d’un insecte buveur de sang ! Bien sûr, à distance, cette trompe pouvait ressembler à un gros « pif », mais dessous, pas de bouche, pas le moindre orifice. Sa « trompe » lui servait pour s’alimenter !

A bien y réfléchir, cette trompe était plus du genre sangsue que tapir ou moustique !

C’était, n’en déplaise aux défenseurs de la nature et tous les protecteurs d’animaux, un parfait objet de répulsion !

Mais le pire, ça n’était pas tant cet aspect physique, aussi repoussant soit-il, que l’ « exercice » de ses fonctions physiologiques : son mode alimentaire n’était rien moins que répugnant. L’animal, enfin…la « créature » déchiquetait systématiquement tout ce qu’elle rencontrait ou le dévorait d’une horrible manière : la victime était tout bonnement vidée de sa substance, exactement comme une araignée qui se nourrit de  chenilles : il reste une sorte de sac vide !

Elle injectait à ses victimes, par sa trompe, un suc digestif, fortement composé d’acides qui dissolvaient rapidement toute matière organique. Il ne lui suffisait plus que d’aspirer ce liquide nutritif !

Sympathique, non ?

Et alors, ce qui donne encore la nausée rien que d’y penser, ce qui vous fait courir un frisson glacial tout au long du dos, c’est son mode de  reproduction, sa fonction sexuelle.

Une punaise ! Il fonctionnait comme une punaise… Peu importe le receveur : lorsque celui-ci était choisi - s’il ne le dévorait pas auparavant ! – il introduisait ce qui pouvait être l’équivalent d’un pénis dans le corps de l’ « élu », à n’importe quel endroit, et y déposait ses œufs sous la peau, se retirait et réitérait son exploit, à plusieurs reprises, en différents endroits. Telle était le mode de reproduction de ce… « chose », cette créature ! Chaque pustule correspondait à un futur rejeton et cette charmante aventure pouvait survenir quel que soit le « receveur » !

Aussi, si vous voyez pousser certaine pustule en quelque endroit de votre corps, ne soyez pas surpris : c’est que « sa grâce » vous aura touché !

De surcroît, il… elle était d’une vélocité remarquable, et c’est pourquoi les services de police furent impuissants et complètement déroutés.

 

Mais d’où venait donc cette « créature » ?

Le mystère planait quant à ses origines et, c’est bien connu, moins on sait de choses et plus on en parle ! Plusieurs hypothèses entouraient les origines du monstre et se disputaient les commentaires des médias, confortées par les prises de positions de certains scientifiques ou prétendus tels. L’opinion penchait en faveur d’une hypothèse extra-terrestre, une sorte d’ « Alien » ramené par quelque mission spatiale…

Non ! La réponse était beaucoup plus terre à terre comme nous l’apprit plus tard le professeur Jorge Meschin.

 

 

2

Secret défense

 

L’émotion soulevée à New-York par cette série de « crimes » perpétrés par la « créature » a été relativement bien contenue. Bien sûr, il y eut les habituelles questions médiatiques au Gouvernement, ce qui est normal, mais les réponses apportées, compte-tenu que tout s’est déroulé dans un laps de temps assez court, paraissaient satisfaisantes et toute l’« affaire » s’est passée dans la plus grande discrétion.

C’est le F.B.I qui fut naturellement chargé de résoudre le problème en prenant la direction d’une « Cellule de Crise » et c’est dans ce cadre que Jorge Meschin avait été sollicité.

Ce biologiste réputé était probablement le plus qualifié de tous les Etats-Unis pour aider à résoudre le problème et c’est ainsi que l’on put enfin nommer la créature qui fut baptisée : « Huxxle ». 

L’enquête s’orienta rapidement vers les recherches secrètes que l’Armée faisait, en permanence,. Une extravagante initiative avait été prise sans que le Ministère de la Défense n’en soit le moins du monde informé !

« Secret Défense ! »

Il fallu l’intervention personnelle du Président pour que la Cellule de Crise du F.B.I ait accès à tous les éléments du dossier et que l’origine de « Huxxle » soit découverte !

Cette « chose », Huxxle, n’était pas un extra-terrestre comme le colportait la rumeur publique, mais un « produit » de recherches secrètes des Laboratoires de l’Armée, une réalisation du « Centre de Recherche Génétique ».

L’idée saugrenue avait germé, un jour, dans l’esprit tordu d’un quelconque chercheur-officier : créer une armée de fantassins pratiquement invincibles, qui accompliraient tout acte de guerre sans aucun état d’âme, s’alimentant sur place et, de surcroît, capables de se multiplier à l’infini !

Le problème génétique était résolu mais encore fallait-il pouvoir « programmer » la « créature » pourla contrôler à tout instant !

« Huxxle » était le résultat de la paranoïa galopante d’un individu… Et de l’ahurissante absence de responsabilité de toute une hiérarchie !

 

H.U.XX.L.E : “Human Unity – (XX) Female – Lapsed Embryon”

(Unité humaine- XX (femelle) – Embryon caduc (déchu, périmé)

 

Un accident, simplement. Une lamentable erreur quoi, rien de plus ! Pas de quoi fouetter un chat…

Sauf que Huxxle, dans quelques heures, allait mettre bas une foultitude d’autres Huxxle, qui, à leur tour…

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

Je sais, ça fait ringard : et gnin-gnin-gnin, et gnin-gnin-gnin !

D’accord !

Mais si, justement, on en parlait, des fois ?

 

Et c’est alors que survint le Chasseur !

 

3

La chasse

 

Poste de Police de la Cinquième Rue : Affaire « Huxxle ». Rapport d’enquête de l’Officier de Police Ryan O’Connor (Extraits).

            « 0 heures 40 : J’accompagnais, exceptionnellement, la patrouille numéro 5, dans le quartier situé entre la troisième Rue, la huitième avenue et la sixième Rue.

« Nous nous déplacions lentement, explorant chaque ruelle… En effet, trois victimes dans le quartier, la nuit précédente, nous faisait craindre le pire…

            « Tout à coup, en passant près d’une ruelle, nous avons aperçu de la fumée et des flammes qui sortaient de poubelles et un individu que nous avons réussi à appréhender… »

 

Déposition du sieur David Evans, Chasseur de son état :

« Evans, David Evans, c’est mon nom… Je ne vais pas m’étendre sur mon curriculum vitae, hein ! Chasseur, c’est mon boulot : un « nettoyeur » en quelque sorte, mais toujours dans la légalité ! Nettoyer les erreurs des autres, si vous voyez ce que je veux dire…

« Un contrat, c’est un contrat : je n’ai pas à connaître le pourquoi du comment. Ca ne me regarde pas ! Et là, le contrat était clair et net, du béton : retrouver la « Chose », ce « Huxxle » comme on l’appelle maintenant, et le détruire rapidement, définitivement, avant qu’il ne dépose ses œufs multiples.

«  Sans me vanter, je peux dire que, dans ce boulot, je suis le meilleur de New-York. Je travaille seul, en solitaire : pour certains, c’est un inconvénient, pour moi, non, c’est un avantage car tous mes sens sont en éveil. Un chasseur, je vous dis ! Quand je suis sur un contrat, il n’y a que ça qui compte, rien d’autre. Il n’y a pas de différence avec une chasse ordinaire, dans la brousse : c’est elle, la brousse, qui change, voilà tout !

«  J’ai pris l’armement qui convenait, moderne, efficace : voyez ça. Mais, en plus, je me suis muni d’un mini-lance-flamme, pour le finir. Efficaces ces petits outils-là, vous pouvez m’en croire : si on est assez près, ça te vous désintègre pratiquement la cible !

« J’ai commencé la traque à la tombée de la nuit : neuf heures et demie peut-être ou quarante tout au plus… J’avais douze heures devant moi, pas une de plus !

« Je possédais tous les renseignements dont j’avais besoin sur l’animal. « On » savait dans quel quartier il était : pas difficile, il marquait sa piste avec ses victimes, comme un vrai petit poucet ! La difficulté, c’était son extrême rapidité. Il fallait le surprendre et hop ! Le surprendre… et ne pas se faire bouffer par lui !

« J’étais à l’affût, sûr de le coincer : y’avait plus qu’à attendre… Et tout à coup, j’entendis de furieux aboiements tout près, suivis immédiatement d’un cri déchirant ou, plutôt, d’un glapissement sinistre. J’étais sûr que ma bestiole venait de faire une nouvelle victime ! Je me suis déplacé avec une extrême prudence, avec mes lunettes à infra-rouge. Et, je l’ai vu, là-bas, près d’un coin poubelles : une forme vaguement humaine, penchée sur un corps. C’était lui ! Et je peux vous dire, sans fausse honte, que tout à coup, j’ai eu les « jetons »…

« Je l’ai abattu ! J’ai tiré coup sur coup plusieurs balles explosives.

« Bon coup : il ne m’avait fallu que trois heures pour remplir ma mission : un record !

« Ce qui restait du corps était une sorte de magma écoeurant, verdâtre, mélangé au sang de l’ « animal ». Ce qui restait du chien avait été vidé de sa substance.

«  J’ai « nettoyé » la place au napalm mais ça a enflammé les cartons, sur les poubelles ! »

 

4

Le Chasseur…

 

           

Un appel téléphonique à la hiérarchie. La consigne laconique du F.B.I :

« Vous pouvez relâcher monsieur Evans ! »

            David rentra chez lui. Il prit sa douche, se servit un scotch bien tassé et s’installa dans son confortable rocking-chair… Il n’alluma ni la télévision, ni la chaîne Haute Fidélité.

            Quelque chose le tracassait !

Impossible de se souvenir de ses parents, de sa femme ! Il se savait marié, du moins, il s’en doutait, ne serait-ce qu’à cause de l’alliance qu’il portait au doigt !

Mais impossible d’évoquer le visage de son épouse, impossible de se rappeler celui de ses géniteurs !

La fatigue !

A moins que Huxxle ait eu des pouvoirs amnésiants, on ne pouvait pas parler de « fatigue » : David était un homme qui s’astreignait à prendre soin de son corps, et ce n’était pas trois heures de traque, même s’il avait eu « les jetons », comme il l’avait déclaré, qui pouvaient réellement le fatiguer ! La salle de sport où il s’entrainait régulièrement… Impossible également de se souvenir où elle était et comment elle était, impossible de se représenter les personnages qui, comme lui, la fréquentaient !

Il se leva de son fauteuil, tourna en rond, désemparé… Mais qu’était-il donc en train de faire ? Qu’est-ce qui l’habitait en ce moment ? Le doute – voyez-vous ça ! – le doute qui s’insinue quoiqu’on fasse, se répand, s’épanche…

Mais à propos de quoi ?

De lui, parbleu ! De lui qui, tout à coup, ne sait plus qui il est, ce qu’il est, d’où il vient.

« Si on ne sait pas où l’on va - dit un proverbe arabe –encore faut-il savoir d’où l’on vient ! »

Et David ne savait plus d’où il venait et là était le problème qui le tourmentait !

 

            Il fouilla l’appartement de fond en comble, son appartement qu’il lui semblait ne plus connaître !

            Un secrétaire fermé à clé attira son attention…

Il en força la serrure.

Un courrier, qui lui était adressé, le fit pâlir :

« Monsieur Evans,

« L’accord signé entre nos laboratoires, représenté par monsieur Peter Ramble et vous-même, a conduit à la réalisation du spécimen « D.E2 ».

« Celui-ci est à même de satisfaire entièrement vos souhaits quant à la mission spécifique que vous avez l’intention de lui confier et garantit votre sécurité.

« Toutefois, nous devons vous prévenir que nous n’avons mis en mémoire que le strict minimum nécessaire à l’accomplissement de cette mission (autrement il nous aurait fallu plus de temps et une investigation complète de vos traces mnésiques, ce que vous ne souhaitiez pas ! »

« Le spécimen mis à votre disposition devra être ramené à nos laboratoire pour élimination ou détruit par vos soins.

« Veuillez agréer… »

 

Ainsi, David Evans n’était qu’un clone !

Une créature du Centre de Recherche Génétique.

Comme Huxxle, son frère !

Mais Evans ? Le vrai, le modèle qui a servi pour le créer, lui, David Evans 2… D.E2 ? Où se cachait-il ? Qu’allait-il faire ? Essayer de le tuer : le courrier était précis : « élimination ou destruction par vos soins »

David, ou du moins son double, était effondré… Que pouvait-il faire pour échapper à un destin aussi funeste ?

Et peu à peu l’idée fit son chemin, le meurtre, dans son esprit, germa, s’épanouit, grandit et occupa toute la place !

Il allait attendre, tout simplement…

Attendre le retour du véritable Evans, du modèle, et le tuer. N’était-il pas un véritable chasseur, un « nettoyeur » ? Ca, au moins, avait été mis en mémoire ! Et bien, il allait s’en servir…

David Evans, le vrai, le premier, le modèle, rentra chez lui.

David, le second, le clone, le tua sans aucune émotion – comme cela convient à un véritable « chasseur » ! – et désintégra le corps, sur le carrelage de la cuisine, avec le mini lance-flamme si efficace !

Quelques cendres, dans les toilettes ! Un bon coup d’éponge… Terminé, disparu à jamais ! Plus aucun problème : David, le seul David était tranquille. Tout s’était passé comme prévu ! Enfin : tout s’était passé comme lui l’avait prévu et pas du tout dans le sens prévu par l’autre David. Mais qu’importe maintenant : à lui, David, la vie était offerte. Ses parents ? On verrait bien. Sa femme ? Et bien… Il l’ « honorerait », si tel était son bon plaisir ! Sinon… Pas grave : si elle ne l’attendait pas dans l’appartement, c’est que leur vie de couple était un peu bancale. Tant mieux, ça n’en serait que plus facile !

L’esprit tranquille, David Evans se mit au lit très tôt et s’endormit tout de suite, du sommeil du juste.

 

Et puis le téléphone sonna…

Le jour commençait à poindre : il était sept heures.

Contrarié, David décrocha…

- Allo ? Ici le Centre de Recherche Génétique. Ah, monsieur Evans… Bonjour ! Excusez-moi de vous appeler si tôt : tout s’est-il bien passé ? 

- Mais oui, bien sûr !

- Et pour le spécimen D.E2 ?

- D.E2 ? Ah oui ! Pas de problème… Tout est en ordre.

-Très bien. Ainsi tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes !

- Oui !

- Ah, j’allais oublier ! Je voulais vous dire aussi, parce qu’il y a déjà eu quelques problèmes : à présent, dans les réalisations de cette sorte, nous implantons systématiquement une structure autodestructive, un gêne létal, dans le code génétique : comme cela, pas de mauvaise surprise ! Bonne journée monsieur Evans ! 

 

***

Henvic, août 2009

 

 

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Commentaires

super ! il faudrait en faire un film ! je suis sur que ça marcherait !

Ecrit par : serge c. | 04 septembre 2009

Merci Serge!
Mais "un" film? Pourquoi "un" seul? Moi, je verrais bien une bonne "série" télé!
Une série qui donne des cauchemars aux enfants et à leurs parents: tout le monde adore!
Et moi, je gagnerais plein de sous!
Cordialement
SergeD.

Ecrit par : SergeD. | 06 septembre 2009

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