02 octobre 2009
LES AVENTURES DE BOUBOULE (suite et fin)
par Dominique J.
C’était bien lui, un quelconque papillon jaune voletant dans une quelconque forêt ,lui ,Ptit’ jaune !!!
« Bouboule ? «
« be oui ,mais qu’est – ce que tu fais là ? «
C’était possible ça ? qu’on rencontre un super copain juste au moment où on se croyait abandonné de tous ,de Dieu et des hommes ?
« Imagine ,Ptit’jaune , on m’a planté ici :Mme Herbert et Max ont pensé que j’allais être à l’étroit dans mon pot blanc «
« et be pour une fois ils ont eu raison ces deux crétins ! »
« Mais ,non ,pas Iris et Paul ,ça c’est une autre histoire …mais toi aussi tu penses que j’ai grandi ? «
« be regarde toi mon pote ! t’ as poussé c’est incroyable ! mais bon résume, s’il te plait , parce qu’il y a une seule très longue histoire que j’ adore écouter ,c’est celle de Jan Donner qui a été sauvé par un papillon super courageux . »
« jamais entendu parler « dit Bouboule étonné …
Ainsi ,donc ,bien que sous des versions différentes ,cette histoire était assez répandue …incroyable ..
« Bon alors ,qui sont Mr et Mme Herbert ? «
« Mme Herbert et Max « corrigea Bouboule « ;Mme Herbert m’ a soigné quand Iris et Paul m’ont abandonné sur le balcon ,et Max est le gars qui m’a amené ici hier dans la forêt »
« c’est bizarre « dit Ptit’jaune , »parce que moi aussi je suis arrivé hier «
« Mais pourquoi bizarre ? « tu n’habites pas ici avec tes frères et sœurs ? «
« Ben ,pas vraiment tu vois …en fait je suis resté longtemps en ville ..Bouboule ,faut que je te parle ,tu vas pas te mettre en colère ? «
« Pourquoi ? tu ne m’as rien fait ,si ? »
« Ben je t’ai quand même menti mon pote :j’ai personne en fait ,à part toi..je t’explique :hier j’ai voulu te rendre visite et tu n’étais plus sur le balcon ;et j’ai vu un super bouquet de fleurs dans le coffre d’une voiture ;alors bien sûr je me suis jeté dessus et clap ,le coffre s’est refermé et la voiture a démarré .Quand il s’est rouvert, j’étais ici ,dans la forêt et il y avait un type qui sortait une pelle du coffre.
« Hahaa »dit Bouboule « c’est dingue ,je le connais ton type ! »
« c’est Max ,qui m’a amené ici !En fait on a voyagé dans la même voiture sans le savoir ,moi sur le siège ,toi dans le coffre ;les fleurs étaient pour son amie ! »
Bouboule n’en revenait pas …Un tel hasard !!!
Mais en y réfléchissant bien , ce que nous appelons hasard ou coïncidence par facilité ,est – ce que ce n’est pas autre chose ? Cette amitié si fragile tout à coup renforcée ,c’était le hasard ? Peut on appeler « hasard « ce qui n’a aucune raison d’être ? Bien sûr ,c’est difficile de renoncer à ce mot si pratique ,si rassurant .
Toutefois ,Bouboule et Ptit’jaune étaient trop émus pour se plonger dans de telles considérations ,ils savouraient le moment présent ,heureux de se retrouver ,de bavarder ,en tout cas tant qu’il y aurait des fleurs d’automne pour Ptit’jaune … Celui –ci arrivait à midi en voletant ,se nourrissait du nectar des fleurs ,puis ,repu ,se reposait sur sa branche préférée et racontait à Bouboule tout ce qu’il avait vu aux alentours .
Cet échange dura tout l’automne ,puis les jours raccourcirent ,le froid arriva en emportant les dernières fleurs ,Ptit’jaune se fit de plus en plus rare, puis il disparut ,au grand désespoir de Bouboule .
Il se fit toutefois de nouveaux amis ,des arbres qui comme lui étaient allés à l’école des arbres mais n’avaient jamais eu peur de se retrouver en pleine nature ..
« On pousse bien mieux ici ,la terre est humide près de l’étang ,je me demande comment on peut survivre dans ces immondes pots de plastique blanc « disait l’un ,et Bouboule se sentait rougir jusqu’au bout des aiguilles …
« oui ,bon d’accord ,mais ça n’est pas dangereux quand il y a un orage ? «
« ah ça ,les orages oui ,les éclairs et la foudre surtout ,mais c’est surtout pour les arbres isolés ,les peupliers ,les hêtres « dit le saule ; »nous,nous n’avons rien à craindre «
« et la tempête ? « demanda Bouboule
« fais comme moi ,laisse toi bercer par le vent ,même quand ça secoue un peu fort ,tu verras ,ça se passe très bien «
« et la grêle ? «
« oui ,bon ça picote un peu d’accord ,mais c’est assez revigorant finalement «
« et les pluies acides ? » Iris en parlait tant que cette expression était imprimée à jamais dans sa mémoire de petit arbre …
« oui c’est vrai ,on en parlait ça et là ,il y avait eu des malades mais pas la peine non plus de céder à la panique ;les plus âgés affirmaient que de toute façon il y avait toujours eu des maladies ,autrefois aussi et alors ? «
« Bon « se dit Bouboule ,s’ils le disent …
L’automne touchait à sa fin ,Bouboule s’adonnait à son activité favorite depuis le départ de Ptit’jaune :il rêvassait en regardant passer les nuages .
Une voix le fit sursauter : « cinq cent quatre vingt dix –sept,non cinq cent quatre vingt dix-huit zut ! »
Il chercha d’où venait ce drôle de son rocailleux et vit que la carpe qui d’habitude s’amusait à faire des ronds dans l’eau était à moitié allongée sur une pierre plate ,tête dehors .
« C’est toi ? mais les poissons ne parlent pas ! »
« ah bon ? et bien à ton avis je fais quoi là ? j’ai 58 ans et je m’appelle Jupp,ah !cinq cent quatre vint dix-neuf ,non six cents ,ah zut tu me fais perdre le compte ! »
« mais qu’est- ce que tu comptes ? »
« les nuages des jours mon ptit’gars , ceux que toi aussi tu comptes je le sais «
« mais c’est quoi les nuages des jours ? «
« ceux qui passent mon ptit’gars ….ah six cent un !que veux –tu que je fasse d’autre à mon âge ? Les autres poissons de l’étang sont jeunes et sportifs ,je ne vais pas faire un concours de moustiques avec eux !De toute façon ,quand ils prétendent en avoir attrapé dix ,tu peux parier qu’ils en ont avalé cinq ! »
« ah,et quand il n’y pas de nuages qu’est ce que tu fais ? «
« je compte les nuages de ma vie et je réfléchis mon jeune ami .. »
« c’est très intéressant « dit Bouboule qui n’était toutefois nullement enthousiasmé.
« je pense à tout ce qui a existé avant moi ,je pense à la musique des étoiles ,à la vie mystérieuse et à la mort si traître, je pense aux chiffres et à leur signification ;jusqu’ici j’ai compté neuf millions neuf cent quatre vingt dix-huit mille sept cent cinquante trois nuages ;tu vois, on n’est pas loin des dix millions . »
Cette fois Bouboule était réellement impressionné ;il n’aurait jamais imaginé qu’un nombre aussi élevé puisse exister ;Iris et Paul n’en avaient jamais parlé en tout cas ! Il trouvait que ce poisson était non seulement vieux mais aussi très sage :sa façon de s’exprimer,sa voix rauque et profonde ,tout cela lui plaisait de plus en plus et il se dit que peut-être de ce côté-là ,il aurait enfin la réponse à son éternelle question ..après tout ,un poisson qui avait tant vécu ,si sage ..
« est –ce que tu peux me dire ce que je dois faire pour que les humains m’entendent quand je leur parle ? »
« Il y a une solution « dit Jupp » comme pour tous les mystères « .
« Tiens ,c’est nouveau ça « se dit Bouboule mais il écouta poliment la suite quoique légèrement inquiet.
« oui ,il ya une solution ,seulement si tu as vraiment quelque chose à dire :Autrefois ,il y a très très longtemps ,tous les êtres vivants ,hommes ,animaux ,plantes ,même les pierres ,avaient un langage commun .Mais les humains furent bientôt supérieurs aux autres ,comme aujourd’hui hélas ,et ne parlant plus qu’entre eux ,devinrent sourds aux autres voix . »
« Mais je sais déjà tout ça « dit Bouboule qui commençait à regretter la confiance qu’il avait placée dans la sagesse du vieux poisson.
« Et il y avait un seul arbre sur terre qui pouvait parler aux hommes .. »
« ah oui ça je le sais aussi « cria Bouboule tout excité ; »oui il s’appelait Jan Donner « !
« Un géant ,cet arbre ,au milieu d’une immense forêt ,mais tu sais aussi où elle se trouve je suppose «
« ah be non « avoua Bouboule « ça je ne sais pas «
« Partout où tu es , partout où tu vas ,près et loin sont deux mots vides et petit et grand aussi .. »
« c’est quoi ce charabia , ? » cria Bouboule qui s’impatientait .
« calme toi gamin ,c’est là ,derrière ,sur la butte ,que Jan Donner vivait ,oui ,lui ,le dernier à pouvoir parler avec les hommes . »
Bouboule en resta sans voix :ici ???? là où on l’avait planté lui ,le freluquet,par hasard ? Il se sentait terriblement fier de partager ce minuscule coin du globe avec le grand Jan Donner . Inouïe cette coïncidence ,c’était tout simplement fabuleux !
« et bien sûr « continua le poisson « les hommes ,comme d’habitude ne pensèrent pas aux conséquences de leurs actes :quand on ne se parle plus ,on tombe malade ;les hommes pensent que c’est la pollution qui tue les arbres ,mais non mon petit ,c’est la solitude ! »
« Mais alors qu’est ce qu’il faut faire ? » s’emporta Bouboule qui cette fois était totalement fasciné .
« Je ne sais pas , »avoua Jupp « ,et puis il faut que je retourne dans l’eau «
« Non ! attends ! s’il –te plait ,une dernière question « cria Bouboule désespéré ; »est – ce que tu sais où est mon ami le papillon jaune ? ça fait des semaines que je ne l’ai pas vu ! »
« Ne sois pas triste mon ptit’gars ! en automne ,quand toute la nature se prépare à dormir ,les papillons s’en vont ;ils s’en vont à deux ,dans un endroit paisible ,pondent des œufs et puis ils meurent . »
« Quoi ??? ils meurent ?? Ptit’jaune est mort ? Non ,c’est faux ,je ne te crois pas ! Il a sûrement trouvé des fleurs d’automne ailleurs !! »
« Je comprends ta tristesse mon garçon ,mais sur cette terre ,tout a un début et une fin .Les papillons vivent un été ,pas plus .Ton ami ne te l’a pas dit pour t’épargner la douleur du départ . »
Et sur ces mots terribles ,Jupp plongea et reprit sa ronde dans l’étang .
Ainsi donc ,Ptit’jaune était mort ..Bouboule ne pouvait et ne voulait pas y croire ;il recommença à l’attendre ,comme si sa négligence momentanée avait été la cause de sa disparition. Rien ne vint .Il aurait aussi aimé reparler au poisson ,pour l’entendre avouer qu’il s’était trompé ;il lui dirait qu’en fait les papillons vivent plus d’un été ,qu’ils partent vers le Sud comme les oiseaux et qu’ils reviennent au printemps ,oui voila c’est ça …
Mais la carpe resta elle aussi invisible jusqu’au printemps ;la glace l’avait emprisonnée en l’espace d’une nuit .Au début ,Bouboule voyait une ombre qu’il croyait être celle de Jupp puis la couche s’épaissit et il ne vit plus rien. Et il passait tant de nuages qu’elle ne pourrait jamais compter ,quel dommage !quel gâchis ! Bouboule décida de les compter à sa place,ainsi il penserait moins à Ptit’jaune .
Le matin suivant ,Bouboule et ses voisins se réveillèrent blancs de givre ,ils attendirent que le soleil de midi les réchauffe un peu ,mais finalement se disait Bouboule ,ce froid n’était pas si désagréable,une sorte de nouvelle expérience en fait ;et quand le soir ,les premiers flocons de neige passèrent devant la lune Bouboule se dit que c’était merveilleux de respirer ce coton ,de sentir les cristaux se poser délicatement sur ses branches au lieu de les regarder fondre sur un balcon en ville ..Il se sentait bien ,vraiment bien .
Perdu dans ses pensées ,il n’entendit pas les branches craquer plus loin dans la prairie et sursauta en entendant quelqu’un renifler et pleurer doucement. Une petite fille !c’était une petite fille aux cheveux noirs parsemés de flocons de neige qui brillaient sous la lune .Elle était épuisée et murmurait « maman ,maman .. « Bon ,au moins elle était chaudement habillée se dit Bouboule mais qu’est ce qu’elle faisait là toute seule ?
La petite fille rampa sous les branches basses de Bouboule ,là où la neige n’avait pas atteint le sol,s’allongea à l’abri et pleura en murmurant « maman ,papa,pourquoi je ne suis pas restée avec papa et maman ?je suis perdue ,personne ne va jamais me retrouver … »
Bouboule était très inquiet ,il voulait connaître son nom mais se dit qu’elle ne l’entendrait pas hélas ! Mais ce fut la petite fille qui lui parla : » Gentil petit arbre ,tu veux bien que je reste là ? Ah si tu pouvais m’aider … »
« mais oui ,mais oui bien sûr !Bouboule pouvait l’aider ,il se rappelait très bien le chemin qui menait à la ville ,il avait tout observé quand Max l’avait amené ici .Bien sûr il aurait pu lui dire comment sortir de la forêt !
« mais je ne sais même pas comment tu t’appelles » dit –il en lui-même..Et il advint ce dont tous les arbres parlent encore ,ce que le monde avait attendu si longtemps : la petite fille lui répondit …………
« je m’appelle Louisa petit arbre !mais toi ,tu sais parler ????
A ce moment précis ,tous les oiseaux de la forêt auraient dû s’émerveiller en chantant ,en roucoulant ,en lançant des trilles ;tous les arbres auraient dû agiter leurs branches ,oui ,même le soleil aurait dû apparaître puis qu’enfin ,après de longs longs siècles ,un être humain et un arbre se comprenaient à nouveau .
Mais tout était tranquille dans la forêt : pas le moindre frôlement d’ailes ,ni murmure ni bruissement ;le temps était suspendu,seuls Bouboule et Louisa existaient ,un petit arbre et une petite fille ,un arbre et un être humain ..
Cependant , dès le lendemain, le vent porta la nouvelle et tout le monde parlait , les arbres aux oiseaux ,les oiseaux aux fleurs ,les fleurs aux buissons ,les buissons aux mulots ,les mulots aux prairies ,de pays en pays ,de continent en continent ,par delà les océans ,jusqu’à ce qu’enfin chacun sache qu’il existait un petit arbre nommé Bouboule ,et que c’était ce Bouboule là qui , le premier depuis la disparition tragique de Jan Donner ,lui ,lui, qui pouvait de nouveau parler avec les hommes !
Et comment se sentait Bouboule dans tout ça ? Rêvait –il ? Mais non , puisqu’il connaissait le nom de la petite fille ,Louisa ,ça il ne pouvait pas l’avoir inventé ! Et puis Louisa lui avait demandé pourquoi il pouvait parler ;et que pouvait –il répondre ? Il était si heureux qu’il ne réfléchit pas : » eh bien ,parce que les arbres aussi peuvent parler ,pourquoi pas ? «
« mais je pensais que ça n’était pas possible , » dit Louisa « et pourtant je te comprends très bien ,tu as un nom toi aussi ? «
« Bien sûr « répliqua t-il fièrement « je m’appelle Bouboule »
« Bouboule ? c’est rigolo mais c’est très joli « rit la petite fille
Et Bouboule apprit que Louisa se promenait cet après –midi là dans la forêt avec ses parents ,qu’elle s’était éloignée pour chercher des pommes de pin et qu’ elle s’était perdue ,qu’elle avait marché ,marché ,et qu’elle avait finalement atteint l’étang ,fatiguée et affamée ..
Bouboule dut écourter son histoire ,il faisait vraiment très froid et il fallait qu’elle rentre ;ses parents devaient être affolés ;Bouboule lui décrivit le chemin qui suivait le ruisseau et qui la conduirait jusqu’à une route où elle devait faire attention aux voitures mais où quelqu’un l’aiderait sûrement .
« Merci petit Bouboule ,j’aurais bien aimé rester avec toi mais il fait vraiment très froid dans ta forêt «
«eh bien on pourrait peut-être se revoir en été « cria Bouboule lorsqu’elle s’éloigna sous la lune .
Louisa trouva l’idée formidable et partit ;il entendit ses pas quelques instants puis se retrouva tout seul ,petit arbre rondouillard et poltron peut –être ,mais si fier ,si fier …Car c’était lui et lui seul qui avait sauvé une petite fille parce qu’il pouvait parler avec les hommes .
Ce lien ne serait désormais plus jamais rompu,et tout irait mieux sur cette terre parce qu’une petite fille et un arbuste avaient réussi à communiquer .Bien sûr ,ils n’étaient que deux pour le moment ,mais d’autres viendraient ..
Bientôt la forêt fut tout à fait blanche ;il neigeait tous les jours ,les branches de Bouboule pendaient jusqu’au sol ; pas un lièvre ,pas un chevreuil , pas un sanglier ne s’aventuraient jusqu’à l’étang ;tout était calme ,particulièrement en ce jour ,car c’était Noël .
Bouboule savait –il ce que c’était ,Noël ? eh bien non ; mais il sentait une profonde douceur l’envahir ,un bien –être dont il ne connaissait pas l’origine .
Lorsque la nuit fut là ,Bouboule entendit des pas de l’autre côté du ruisseau ,puis il vit une lumière qui dansait sur le chemin ;il vit trois silhouettes ,deux grandes et une petite ,qui se dirigeaient droit vers lui .Bouboule reconnut Louisa dans la petite silhouette et les deux grandes étaient certainement ses parents .
« Voilà ,c’est lui Bouboule ,mon petit arbre chéri « dit Louisa
Elle fit tomber doucement la neige des branches de Bouboule et sortit de sa poche des bougies qu’elle y posa .
« Joyeux Noël petit Bouboule «
L’étang et la prairie furent baignés d’une douce lumière ,Bouboule était stupéfait ,le monde brillait grâce à lui ,misérable arbuste autrefois moqué par ses frères ,puis enfermé dans un pot ,puis abandonné sur un balcon ,c’était lui ,vraiment ?
Et cette année comme tous les ans à Noël , Louisa ira rendre visite à son ami Bouboule qui grandit en sagesse ,qui n’a plus peur de rien ni de personne et se sent le plus fier de tous parce qu’il peut parler avec les hommes .
***
18:50 Publié dans ATELIER D'ECRITURE - EXPRESSION ECRITE, CONTES ET NOUVELLES | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note









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Commentaires
Absolument magnifique ce texte, et très émouvant.
Ecrit par : helaine | 19 octobre 2009
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