31 août 2009
UNE FILLE DE DOUZE ANS MET UNE CLAQUE AUX DIRIGEANTS DU MONDE
Bonjour à toutes et tous,
Une fois n’est pas coutume : il ne s’agit pas ici d’Atelier d’Ecriture mais de quelque chose qui me parait être à cent lieues de tout discours quel qu’ilssoit et qui parle de l’essentiel, de l’urgence, du futur, de la vie...
Et c’est une fille de 12 ans qui met ainsi « une claque aux dirigeants du monde » !
N’est-ce pas merveilleux ?
Des lendemains qui chantent : moi, ça me réconforte !
Pas vous ?
Bien cordialement,
Serge Delacourt
Cliquer ci-dessous:
http://www.dailymotion.com/video/x90jh3_une-fille...
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06 août 2009
A MON PERE...
Michel, de Rennes, nous envoie ce texte émouvant qu'il a choisi de mettre en vers...
Nous le reverrons dans ce Blog de l'Atelier d'Ecriture de Henvic car, m'a-t-il dit, il garde des souvenirs émerveillés de son voyage "Sur les Chemins de Compostelle"
A bientôt donc!
17:05 Publié dans ATELIER D'ECRITURE - EXPRESSION ECRITE, Famille | Lien permanent | Commentaires (1) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
05 août 2009
BONJOUR! iL PLEUT SUR VOS VACANCES...
Bonjour aimable lectrice, aimable lecteur!
Il pleut sur vos vacances... Rassurez-vous: il pleut également sur les miennes!
L'Atelier d'Ecriture est en sommeil: pas un seul texte mis en ligne depuis la fin de juin. Pourtant il y eut 833 visites en juillet ( 27 par jour en moyenne) et ce mois qui débute, déjà 124 visiteurs (le 4 août), soit 31 par jour!
On peut penser qu'il est inutile d'écrire puisque "ça marche tout seul"!
On peut penser, également, puisque vous lisez, qu'il est nécessaire que nous écrivions...
Et c'est cette solution que je retiens.
A défaut de nouveaux textes (mais j'en ai plusieurs dans mes tiroirs, qui ne sont pas finis, parce qu'il y a toujours autre chose à faire: le jardin, voyez-vous ça!)...j'enregistre ici quelques textes édités l'an passé ("RIVES ET RIVAGES" Edition Nomade-Impr. Keltia Graphic). J'espère qu'ils vous plairont...Et feront oublier - un peu - le mauvais temps!
Meilleures salutations cordiales
SergeD.
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14 mai 2009
Lecture : « SILLAGES D’UNE VIE » de François Stéphan
*
François Stéphan, né en 1929, est un « enfant de Henvic » !
Il a éte le Maire du Village de 1995 à 2008.
Il y a un an, le 15 mai 2008, il a été nommé Maire Honoraire de la Commune de Henvic par le Préfet du Finistère, monsieur Gonthier Friédérici : « Je suis heureux de vous adresser mes plus vives félicitations et mes remerciements pour tout le temps, l’énergie et le savoir-faire que vous avez consacrés au bien public »
*
« Sillages d’une vie » évoque, bien sûr, les étapes de 65 années de « vie active » dans l’Agriculture, la Marine Nationale, l’Entreprise et l’Administration Municipale.
Nous y trouvons des morceaux de l’« Histoire » du 20 ème siècle, nous y croisons d’autres « enfants de Henvic » qui écrivirent, eux aussi, des pages de cette Histoire, en France ou à l’Etranger, ici, ailleurs… A Henvic même !
Pages 16-17 :
«… Les actes de résistance étaient portés à notre connaissance de façon cruelle par l’affichage des noms des « terroristes », selon la terminologie utilisée par les Allemands, et parfois également d’otages, sacrifiés pour tenter de terroriser la population.
De nombreux Henvicois participèrent à la résistance contre l’occupant allemand ou rejoignirent en Angleterre les Forces Françaises Libres du Général de Gaulle, grâce notamment à des « passeurs » comme Jacques Guéguen de Henvic ou Ernest Sibiril de Carantec, qui risquèrent souvent leur vie dans des opérations de traversées de la Manche en quittant de nuit les côtes bretonnes au nez et à la barbe des Allemands. Ces hommes et femmes d’exception sauvèrent l’honneur du pays, alors que le plus grand nombre courbait l’échine en attendant que « ça se passe ». (« Sillages d’une vie » de François Stéphan – Editions Glyphe – Paris).
Présentation : SergeD. (Atelier d’Ecriture de Henvic)
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23 mars 2009
L’ACCIDENT DU CIRQUE DIVARIUS (catégorie Enfant)
***
Un samedi matin, par une journée ensoleillée, le cirque DIVARIUS fait sa tournée. Il va à Marseille. Une centaine de personnes viennent voir le spectacle, dont la famille PIERRE-BEL, des gens très bien élevés qui, pour une fois se rassemblent.
Le patron présente le spectacle dont le premier numéro est Marc KLER, l’habile jongleur. Le deuxième numéro est « Léon et les lions » et encore de quelconques numéros. Marc KLER entre en scène, entouré d’applaudissements. Il fait son numéro : tout se passe bien. Ensuite, LEON, en compagnie de ses lions, entre sur scène. Mais cette fois-ci il n’y a que la famille PIERRE-BEL qui applaudit, car les autres spectateurs restent muets de peur puisque les lions grognent de tous côtés. Le numéro commence et LEON se fait mordre par le plus sage des lions. La foule se sauve, terrifiée. Il ne reste plus que la famille PIERRE-BEL et quelques personnes qui appellent le médecin. LEON est emmené à l’hôpital.
Le soir, la famille PIERRE-BEL mange, mais plusieurs personnes sont reparties chez elles. Une demi-heure après avoir mangé, ils parlent du terrible accident qui s’est passé.
Monsieur Jean PIERRE-BEL, celui qui a invité toutes les autres personnes, s’exclame :
- « J’ai remarqué que LEON avait battu le lion avant que ça ne se passe ! »
- « Mais non, tu as mal vu ! Le lion était trop excité » rectifie sa femme.
- « Il faut que vous portiez des lunettes, le lion n’a rien fait de cela. C’était le monsieur LEON, parait-il, qui l’avait drogué avant » chuchote madame BLAIMERE qui ne veut pas réveiller son fils et sa fille qui dorment .
- « Vous ne comprenez rien…Un autre lion lui a mordu l’oreille gauche, cré d’un nom , alors lui, il s’est vengé sur LEON ! » riposte Jules qui s’intéresse beaucoup plus à son champ.
- « Qu’est-ce que vous racontez encore ? » demande la grand’mère Julie.
- « Ils bavardent sur l’accident de ce matin » répond madame DINABELLA ;
- « Je ne suis pas d’accord avec vous, je crois plutôt que c’est le patron qui est responsable » continue monsieur BLAIMERE qui commence à s’intéresser au fait !
Quelques instants après la dispute – car ils se sont disputés à cause de l’incident ! – tout le monde pensant à sa façon, ils boivent à la santé de LEON et tout est bien qui finit bien : LEON sort de l’hôpital, va faire un autre numéro dans une autre ville et le lion redevient le plus sage des lions.
(Olivia – 11 ans, classe de 6ième)
Atelier d'Ecriture de Henvic
09:15 Publié dans Associations, ATELIER D'ECRITURE - EXPRESSION ECRITE, CONTES ET NOUVELLES, Enseignement, Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
12 mars 2009
PAPA, MAMAN, JE VOUS AIME ! (Débat)
*
La petite fille, seule dans le noir, n’a même plus la force de hurler sa détresse : elle geint, recroquevillée dans sa peur sans fond. C’est une plainte longue, étouffée, rythmée par sa respiration, et qui ne s’arrête qu’à quelques sanglots difficilement contenus.
C’est Papa, cet homme si grand, si fort, qui a crié, l’a disputée devant toute la classe prise à témoin. Il l’a jeté par terre, lui a craché au visage et attrapée par les cheveux pour la traîner jusqu’à la cave.
Maman, alertée par les éclats de voix, est accourue… Elle a laissé faire et a dit, furieuse :
- Mauvaise fille, tu finiras par tuer ton père ! J’en ai le sang tout retourné…
Et pour bien marquer le parti qu’elle prend, son désaveu, son courroux, elle a assené à sa vilaine fille, une gifle bien appuyée qui la fait un peu « dinguer » contre le chambranle en chêne de la porte.
Enfermée dans l’obscurité humide de la cave d’où émergent des remugles écoeurants, l’enfant, immobile, réfugiée dans un coin, se fond avec le mur suintant comme si celui-ci pouvait devenir son allié et l’accueillir en son sein pour la protéger de ce lieu infâme.
Elle imagine d’immondes créatures, des araignées, qui grimpent et tentent de l’atteindre. A l’affût des moindres bruits qu’elle finit par entendre, elle perçoit les présences inconnues, les mouvements furtifs, les frôlements inquiétants, les menaces silencieuses.
Des rats !
Le cri de terreur qui s’échappe enfin de sa poitrine emplit la nuit, déchire l’opacité du silence :
- PAPA ! MAMAN !
La maison toute entière est sourde à ses cris : personne ne répond.
Là-bas, dans l’autre monde, celui où vivent les enfants sages et obéissants, où ils aiment et sont aimés, aucun bruit, aucun mot ne parvient jusqu’ici. La petite fille, « méchante », a dit Maman, se sent disparaître, se dissoudre dans l’humidité de la cave.
Oubliée, elle apprend peu à peu à ne plus exister.
(à suivre)
SergeD.
Atelier d’Ecriture de Henvic
22:54 Publié dans ATELIER D'ECRITURE - EXPRESSION ECRITE, CONTES ET NOUVELLES, Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
11 mars 2009
LE PIEGE A SOLEIL (Conte)
*
Il était une fois une toute jeune femme très douce, très belle qui, avec son bébé, habitait une toute petite maison.
Cette maison était si petite que, même en plein été, le soleil ne parvenait pas à y pénétrer. Cependant, il y avait une toute petite fenêtre dont le soleil, parfois, parvenait à s’approcher.
Par surprise, sans doute car, vous le savez bien, le soleil est par nature malicieux et, en général, apparaît là où on ne l’attend pas et pas du tout où on avait promis sa présence : regardez au moment des vacances et vous serez convaincu que ce que je dis est la vérité !
Donc, le soleil s’approchait de la petite fenêtre, jusqu’au bord, comme s’il avait envie de voir ce qui se passait dans la petite maison et, peut-être, d’y entrer !
La jeune femme chantait de jolies chansons et je crois que c’est ça qui attirait le soleil : il est malicieux, c’est entendu, mais c’est un tendre aussi !
Peut-être que finalement il se serait décidé à entrer si la maison n’avait pas été si petite car les chansons qu’il entendait lui plaisaient bien : d’ailleurs, quand on les entendait, on avait l’impression que l’ombre s’estompait, que la lumière était plus intense, plus chaude.
La jeune femme aurait bien voulu que le soleil entre un peu et caresse son bébé pour lui donner les belles couleurs de l’été ! Alors elle le posait sur le rebord de la petite fenêtre et le soleil, rassuré, posait quelques uns de ses rayons sur le bébé, venait caresser sa peau douce.
Un jour, la jeune femme eut l’idée d’attraper le soleil, enfin… une toute petite partie du soleil car de toute façon la maison était si petite que le soleil n’aurait jamais pu tenir dedans tout entier, alors, il l’aurait brûlée, sans le faire exprès, mais brûlée tout de même !
Elle imagina, savez-vous quoi ? Un « piège à soleil »…! Et oui : elle avait l’intention de piéger le soleil, n’est-ce pas fantastique ?
Non, pas vraiment, car en fait son piège ne pouvait que retenir le soleil, un peu, quand il se penchait à la fenêtre et ce piège était tellement simple que le soleil n’y pris pas garde, lui qui était pourtant si méfiant !
Voilà exactement ce qu’elle fit : dès le lendemain matin, en même temps qu’elle allait acheter son pain, son lait, sa viande et ses légumes, elle s’arrêta au bazar qui n’était pas bien loin, juste en face, et acheta… un miroir : ni trop grand, ni trop petit !
Elle ne pouvait dire au vendeur qu’elle voulait un « piège à soleil » : ou bien il se serait moqué d’elle, ou bien il lui aurait vendu beaucoup plus cher !
Une fois rentrée à la maison, elle disposa le beau miroir tout neuf sur le rebord de la petite fenêtre, un « miroir à soleil » en quelque sorte, et hop ! Quand les premiers rayons s’arrêtèrent sur le miroir, ils furent immédiatement dirigés vers l’intérieur de la petite maison.
Son bébé battit des mains et essaya d’attraper les rayons qui le caressaient. La jeune femme riait ! Pour l’occasion, elle inventa une nouvelle chanson pour son bébé mais aussi pour remercier le soleil !
Et il faut croire qu’il s’est plu dans la maison, le soleil, car cette année-là il n’a cessé de briller, non seulement pour la jeune femme et son bébé, mais pour toutes les mamans et tous les bébés du pays.
Ce fut un bel été avec encore plus de chansons.
Ce fut un bel hiver ensuite, avec beaucoup moins de vilaines maladies !
Et savez-vous quoi ?
Ce qui est le plus extraordinaire, d’après moi, c’est que les hommes, les « humains », après cette histoire, ont commencé à construire des maisons avec de grandes ouvertures, à inventer d’autres « pièges à soleil » qu’ils mettent sur les toits, sur les murs, avec la complicité du soleil bien sûr, pour chauffer les maisons et ne plus produire de mauvaises fumées.
SergeD. (11.03.09)
Atelier d’Ecriture de Henvic.
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08 mars 2009
LA MER, LE SOLEIL ET LE VENT (Conte)
L’histoire que je vais ici conter n’est pas une histoire que j’ai inventée : elle m’a été rapportée comme vérité par un vieux crabe dont j’ai fait la connaissance un jour que j’étais parti par dessous et tout au fond de la mer des bretons.
Ce crabe était tout couvert d’algues, de lichens, de crustacés, ce qui montre bien qu’il était très très vieux.
Sans doute il m’avait pris en amitié car, mis en confiance, il m’a raconté cette histoire tout d’un trait. Et lui la tenait pour vraie.
*
Ainsi donc, en ces temps - là... Mais il s’agit de temps très anciens - bien des milliers et des milliers d’années avant les pyramides d’Egypte ! - c’est même avant le temps où les hommes connaissaient le langage universel. Alors ils pouvaient parler avec les animaux et les comprenaient. Ils étaient aussi capables de communiquer avec les plantes et, plus surprenant encore pour nous, avec les éléments que nous appelons les « choses ».
C’est dire que cette histoire est véritablement très ancienne car, si le vieux crabe a pu m’en parler, c’est que nous étions sûrement lui et moi déjà bien âgés , et que, avant nous, elle avait été transmise du règne minéral au règne végétal puis, enfin, au règne animal. Mais de cette transmission je ne vous dirai rien, en ignorant tout du cheminement.
Voilà : cette histoire concerne la Mer, le Soleil et le Vent et remonte à l’origine de notre monde.
La Terre était toute neuve et encore toute recouverte par la Mer qui était comme qui dirait à l’âge d’enfance, une petite fille rieuse et espiègle, riche de la VIE qu’elle portait déjà en elle mais qu’elle ignorait encore. Elle était spontanée et sensible, réagissant immédiatement à tout ce qu’elle ressentait.
Le Soleil n’était pas très vieux : disons un adolescent plein de prestance et de promesses. Il était beau, très beau, la BEAUTE même, éblouissant et fort : la jeunesse du monde !
Quant au vent, taquin, lui venait du fonds des âges, d’autres galaxies et l’on dit même qu’il a existé de tout temps, intersidéral, et qu’il est le MOUVEMENT...
Tout d’abord, ces trois là, la Mer, le Soleil et le Vent, faisaient plutôt bon ménage. Ils étaient amis et s’entendaient fort bien, surtout pour faire des farces (ce qui, entre nous, provoquait à notre échelle des bouleversements incroyables : l’éclat de rire de la Mer...Bonjour les raz de marée ! Un éternuement du Vent : un cyclone qui efface tout sur son passage. Quant au Soleil, je ne vous dis pas quand il s’énervait, s’échauffait ! Heureusement que nous, les humains, n’étions pas encore en ce monde : ç’aurait été insupportable !
Donc, comme je vous le disais, la Mer, le Soleil et le Vent s’entendaient comme « larrons en foire » et tout allait pour le mieux dans le meilleur des mondes.
C’est plus tard que les choses se sont gâtées : quand le soleil fût devenu un grand Soleil, nécessaire à toute vie sur terre, adoré des êtres vivants qu’il avait contribué à créer, devenu un Dieu pour l’homme, enfin né à ce monde : « Ô soleil, donne - moi de ta force ; réveille notre terre, fais germer le grain... ». Et les plus vieux : « Réchauffe mes os... ». Qu’est - ce que vous voulez : c’est vrai que de son aura il réchauffait tout en ce monde. Il a pris la grosse tête, le Soleil ! Présomptueux il était devenu, se pavanant au firmament du matin au soir. Il prît quelque distance...
La Mer, toute tranquille, toute gentillette qu’elle était, toute ingénue peut - être parce que jeunette, eh bien ... elle admirait énormément le Soleil si grand, si fort, si beau et sans s’en rendre vraiment compte, elle est tombée amoureuse de lui. Peut - être parce que c’est elle qui a donné toute vie sur terre, y compris aux êtres humains, peut - être aussi parce qu’elle était un peu coquette, elle implorait elle aussi le soleil : « Soleil, toi qui est le plus beau, le plus fort, réchauffe mes eaux profondes, donne moi les couleurs les plus belles... ». Mais, je vous l’ai dit, le Soleil avait pris quelque distance et était devenu inaccessible. Aussi la Mer pouvait bien le supplier : certes, il donnait - et donne encore - sa chaleur, mais les eaux profondes, été comme hiver, restent froides, et parfois, sa chaleur, hein... Parcimonieusement !
Mais ça n’est pas tout : le Vent, bien qu’il soit plus âgé, aimait la Mer, il en était tombé amoureux et tentait sans cesse de le lui dire. Seulement, si on peut voir que le Soleil est beau, il ne peut en être de même pour le Vent: en effet qui a déjà vu le Vent ? Est - il beau ? Est - il laid ? Non, il est invisible, il n’a ni forme ni couleur, inconsistant. Ce qu’on sait, c’est qu’il est fort, ça oui ! Mais ses humeurs variables en font quelqu’un d’assez peu fréquentable qui, de ce fait, a toujours été assez solitaire. Il se fait brise ou tempête, il apporte fraîcheur et tourmente. Sur la mer, il aurait voulu laisser son empreinte mais sans cesse elle se dérobait. Elle l’aimait bien, ça oui, en souvenir de l’enfance peut - être, quand il la taquinait par une légère brise - ce qu’il fait encore du reste ! - mais elle n’a jamais été amoureuse de lui : « Que nenni, disait - elle ! Jamais en ce monde ne serai maîtrisée ni domptée par si fol que le Vent . Il est par trop instable et inconsistant, variable à l’infini dans ses humeurs ! » Le Vent prit ombrage de l’amitié de la Mer pour le Soleil, il est devenu jaloux, croyez - vous ça ! Il aurait dû, compte - tenu de son âge, être un peu plus sage et garder son calme : mais non, et ça continue ! Parfois il se met très en colère ...et nous récoltons une belle tempête. Quand il en est ainsi, ça la bouleverse la Mer ! Elle se creuse de profonds abîmes, d’où surgissent de formidables montagnes d’eau : oui, on peut dire que les vagues sont les filles de la Mer. De la Mer et du Vent, de leurs rencontres tumultueuses : elles sont multiples, vivantes, sans cesse renouvelées. A la fois très belles et inquiétantes, voire terrifiantes... Le Vent et le Soleil ne se fréquente plus guère, en tout cas, pas comme par le passé : avez - vous remarqué, quand Soleil et Vent sont présents ensemble, et bien c’est parce que, une fois de plus le Vent est en colère, et repousse les nuages...
Le Soleil... C’est le Soleil qui donne ses couleurs les plus belles à la Mer, pour être juste, il faut le reconnaître ! Mais vous savez, il n’est pas très fidèle le Soleil . Nous le savons déjà quand nous attendons indéfiniment sa venue ! : parfois il a rendez - vous avec la Lune - mais je ne vous dirais rien de celle - ci ! - et la Mer en est toute retournée : c’est alors que son mouvement de marée est le plus ample car, bien sûr, ça la contrarie la pauvre !
Et voilà : c’est ici que se termine mon histoire qui aurait pu être une belle histoire d’amour mais n’est qu’une pauvre histoire d’amour déçu : c’est la vie ! La Mer et le Vent ? Jamais n’aurons accord ni ne se marieront et cependant, jusqu’à la fin des temps ils garderont contact l’un avec l’autre.
Mais observez bien la nature : alors vous verrez vous - même qu’il s’agit d’une histoire vraie et pas inventée du tout...
*
* *
SergeD.
"RIVES ET RIVAGES"
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06 mars 2009
KA-WA-TA LE PETIT LAPIN (Conte)
KA-WA-TA, LE PETIT LAPIN
(D’après un conte amérindien)
***
Autrefois, il y très, très, très longtemps, Ka-Wa-Ta, le petit lapin était le plus grand de tous les animaux. Et c’était aussi le plus fort !
C’était un chasseur, mais alors, croyez-moi, le plus grand chasseur que l’on eut jamais connu ! Il posait ses pièges le soir et le matin il venait les relever : malheur aux animaux imprudents qui en étaient prisonniers car personne ne les revoyaient plus jamais !
On raconte même que c’est à cause de Ka-Wa-Ta que les dinosaures ont disparu mais, franchement, ça je n’y crois pas : tout simplement parce que Ka-Wa-Ta a toujours eu peur des reptiles et que, c’est bien connu, toutes ces grosses bêtes, tous ces dinosaures, étaient des reptiles ! Et puis, en plus, ils vivaient à une époque tellement ancienne que même Ka-Wa-Ta n’était pas encore né : alors, hein !
Toujours est-il que Ka-Wa-Ta pouvait manger toutes sortes de bonnes choses que, même chez « Mac Do », vous ne trouveriez pas, et que l’on peut se demander si, justement, ça n’était pas grâce à cela qu’il était si grand et si fort !
Un matin, quelle ne fut pas la surprise de Ka-Wa-Ta ! Dans un de ses pièges, il avait attrapé… Devinez quoi ?
Il avait attrapé le Soleil !
Ah, certainement qu’il avait mal dormi, le Soleil ! Et que son réveil était difficile et encore plein de brumes…
Parce que, n’allez pas croire : le Soleil, il est très, très intelligent et si tout avait été comme d’habitude, jamais il ne se serait fait prendre, même par Ka-Wa-Ta, le plus grand de tous les chasseurs !
Et bien, ce matin-là, c’est comme ça, il se retrouva pris au piège !
Ka-Wa-Ta, si grand, si fort qu’il était, n’en restait pas moins figé de surprise : jamais de la vie il n’avait eu l’intention de prendre le soleil ! Alors, il restait là, immobile, les bras ballants, sans rien faire.
Le Soleil l’aperçut et le reconnu :
- « Ka-Wa-Ta, c’est toi qui m’as piégé ainsi ! Mais tu dois me libérer au plus vite : il faut que je monte tout en haut du Ciel, sinon toute la Terre va brûler ! »
Ka-Wa-Ta s’approcha du Soleil pour le libérer. C’était encore le matin et, heureusement, le Soleil ne dégageait pas encore toute sa chaleur mais, malgré cela, tout autour du Soleil, les herbes sèches devenaient cendres, les buissons se racornissaient, devenaient tout noir, les fleurs se fanaient, se desséchaient et disparaissaient.
Ka-Wa-Ta voulu couper la corde qui retenait le Soleil prisonnier mais la chaleur était si forte qu’il ne put s’en approcher à moins de dix mètres : il dût faire demi-tour…
Mais, à cause de la chaleur, il avait fondu de moitié !
- « Ka-Wa-Ta ! Dépêches-toi de me libérer. L’heure avance et je sens ma chaleur qui augmente ! » s’écria le Soleil.
Ka-Wa-Ta fit un nouvel essai : il s’approcha jusqu’à deux mètres du Soleil mais la chaleur était si intense qu’il dût, à nouveau reculer !
Il fondit encore de moitié, de sorte que sa taille n’était plus qu’au quart de ce qu’elle était à l’origine !
- « Ka-Wa-Ta, Ka-Wa-Ta… La terre brûle : délivre-moi, vite ! »
Dix fois, vingt fois… Que dis-je ? Mille fois peut-être, Ka-Wa-Ta essaya de délivrer le Soleil.
Chaque fois sa taille fondait de moitié.
Et le Soleil restait prisonnier !
Rappelez-vous que Ka-Wa-Ta était un grand chasseur, très fort et aussi très courageux. Il n’eût jamais l’intention d’abandonner ! Alors, il s’aspergea d’eau et se couvrit d’un linge humide puis replongea dans la fournaise.
C’était épouvantable : il fondait à vue d’œil !
Et le Soleil restait prisonnier…
Ka-Wa-Ta se désespérait : il ne savait plus que faire… Fort et courageux, c’est entendu, mais maintenant de petite taille ! Et c’est alors qu’il eût l’idée de se protéger d’une pierre, d’un caillou…
La Montagne d’Arrée, toute proche, produisait déjà de magnifiques ardoises, larges, lourdes et épaisses, insensibles aux températures. Ka-Wa-Ta se choisit une ardoise très solide, très grande : si grande, si lourde qu’il fallait qu’il fût encore vraiment très fort pour la porter !
Ainsi protégé, il bondit une dernière fois vers le Soleil et, avec son couteau, parvint enfin à trancher la corde qui le retenait prisonnier…
Ka-Wa-Ta avait encore fondu de moitié mais le Soleil, enfin libre, s’élança dans le Ciel :
- « Merci Ka-Wa-Ta, s’écria le Soleil, tu es vraiment un très grand chasseur, le plus courageux que je connaisse !
Ka-Wa-Ta, épuisé, essoufflé, pût enfin se reposer : il dormi huit jours et huit nuits…
C’est de ce jour qu’il acquit la taille que nous lui connaissons aujourd’hui : lui qui était le plus grand, le plus fort de tous les animaux de la Terre, est devenu un animal ordinaire, chassé par le loup, par les chiens, par l’homme. Il est devenu craintif et il a bien raison car, sans cela, il y a longtemps qu’il aurait été mangé !
SergeD.
Atelier d’Ecriture de Henvic
09:40 Publié dans ATELIER D'ECRITURE - EXPRESSION ECRITE, CONTES ET NOUVELLES, Famille | Lien permanent | Commentaires (3) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
04 mars 2009
LE CAHIER DE COLERE
***
Il était une fois un petit garçon, un peu grand tout de même mais encore un peu petit !
Et alors, ce petit garçon déjà un peu grand, était très, très en colère après son papa qu’il n’avait pas revu depuis longtemps et qu’il ne voulait plus revoir.
Parce que Papa et Maman s’étaient disputés, beaucoup, très fort, et Maman avait pleuré… Alors Papa a pris ses affaires et il est parti de la maison, loin, très loin, longtemps, beaucoup trop longtemps, de sorte que, lorsqu’il est revenu, c’est le petit garçon qui n’a pas voulu le revoir.
Il dit :
- Je ne veux plus le voir. C’est un méchant homme, ce n’est pas mon père ! Je le déteste, je le déteste, je le déteste…
En disant cela, son visage se crispait, ses poings se fermaient et se serraient très fort. Et il frappait sur tout ce qui l’entourait : la table, l’armoire, les murs, la fenêtre.
C’est ainsi qu’il brisa une vitre et se blessa au poignet, de sorte qu’il dut être emmené à l’hôpital. Là, une jeune infirmière qui s’appelait Estelle lui parla avec calme et douceur et le petit garçon lui raconta son histoire.
- Tu sais, lui dit-elle, moi aussi j’étais très en colère après mes parents parce que, comme les tiens, ils se disputaient sans cesse. Et moi je pensais que c’était de ma faute… Mon frère, qui était plus grand que moi, me dit : « Penses-tu ! C’est parce qu’ils ne nous aiment pas, c’est tout ! ». Ils ont fait comme tes parents : ils se sont séparés… Finies les disputes, les cris ! Et puis, peu à peu, j’ai découvert que tous les deux, chacun à sa façon, m’aimaient, nous aimaient. Seulement, voilà, ils nous aimaient mal : ils ne savaient pas le dire, on bien ne le disaient pas, ou bien, même, disaient le contraire ! Je découvris aussi que ce n’était pas parce qu’ils ne s’aimaient pas qu’ils se disputaient, mais parce qu’ils croyaient qu’ils ne s’aimaient plus. Eux aussi s’aimaient mal !
Le petit garçon avait écouté Estelle avec beaucoup d’attention, sans un mot. Il dit alors:
- Moi, ma maman est souvent triste mais je sais qu’elle m’aime. Est-ce que tu crois que c’est parce qu’elle aime encore papa ?
- Peut-être bien : je ne sais pas !
- Mais c’est pour ça aussi que je le déteste, mon père, parce qu’il fait pleurer ma maman !
- Tu es très en colère…
- Oui : je ne veux plus le voir, il est trop méchant !
Et le petit garçon, à nouveau, serra les poings et son visage se crispa. Il resta immobile, ne cassant aucun objet à portée de la main, mais ses yeux se noyaient de larmes qui coulèrent lentement le long de ses joues.
- Ecoute, dit Estelle, voilà ce que je te propose : tu vas sortir de l’hôpital, bien sûr, parce que ta blessure n’est pas trop grave. A la maison, tu vas prendre un carnet ou un cahier, que tu appelleras « Mon Cahier de Colère », et dedans, chaque jour, tu écriras toute la colère que tu as ! Tu sens une grosse colère qui monte en toi : hop ! Tu prends ton cahier et tu la vides dedans ! Je suis ici presque tous les jours, tu sais où me trouver : si tu veux, tu me montreras ton cahier mais seulement si tu en as envie ! Et peut-être qu’un jour tu le montreras aussi à ton père !
Ils se quittèrent après qu’elle l’eut embrassé…
Estelle ne revit jamais le petit garçon.
Il n’écrivit jamais rien dans son « Cahier de Colère » dont les pages restèrent toutes blanches.
Mais aux dernières nouvelles, le papa et son petit garçon se sont revus.
Et il parait que demain ils vont aller à la grève, à marée basse, pour pêcher ensemble.
SergeD.
Atelier d’Ecriture de Henvic
11:50 Publié dans ATELIER D'ECRITURE - EXPRESSION ECRITE, CONTES ET NOUVELLES, Enseignement, Famille | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note








